Gel du financement des universités : une hausse des frais universitaires à prévoir

par Simon Delattre
esd1062@umoncton.ca
L’information est tombée mardi dernier à l’annonce du budget provincial : le gouvernement n’augmentera pas le financement des universités et des collèges communautaires pour l’année 2013-2014. Kevin Arsenault, Président de la FÉÉCUM depuis lundi 1er avril, déplore cette décision : « Nous sommes extrêmement déçus. Cette non-augmentation correspond en fait à une baisse du financement, puisque les salaires des professeurs augmentent, et que les prix augmentent eux aussi ». En effet, les conventions collectives de l’Université prévoient une hausse annuelle de 3,5 % du salaire des professeurs.

Cette augmentation des coûts risque donc de conduire à une hausse des frais de scolarité. Le montant pour l’année à venir sera fixé le 13 avril, lors du prochain conseil des gouverneurs, l’instance supérieure de l’Université investie des pouvoirs de direction. Le gouvernement a cependant limité à 150 $ l’augmentation des frais de scolarité pour l’année 2013-2014. Toutefois, cela ne prend pas en compte les frais affairant (cotisations aux services étudiants, assurance) qui pourraient être revus à la hausse eux aussi.

Alexandre Levasseur, ancien vice-président externe de la Fédération étudiante précise que « pour savoir si les recommandations de la FÉÉCUM (plafond d’endettement, modification du système de bourses) ont été prises en considération, il faudra attendre que le gouvernement publie les crédits budgétaires. Il s’agit d’une version plus détaillée du budget qui sera rendue publique entre 6 semaines et 3 mois après. »

Joëlle Martin, désormais ex-Présidente de la FÉÉCUM, juge « inacceptable le choix du gouvernement ». Elle pense également que le gouvernement tente d’attacher les mains des universités pour qu’elles acceptent de signer une entente pluriannuelle sur le budget des 3 prochaines années. Du côté de l’administration justement on est beaucoup plus prudent. Le recteur Raymond Théberge a réagi officiellement au dépôt du budget provincial. Il affirme poliment que « le budget annoncé par le Gouvernement démontre que ce dernier reconnaît les bienfaits de maintenir ses investissements dans le domaine de l’éducation postsecondaire ». Cependant, son message comporte aussi une mise en garde : « un tel gel des subventions aux universités publiques n’est pas soutenable à long terme ».

La FÉÉCUM demande une baisse des coûts universitaires
Jeudi 28 mars, la FÉÉCUMa tenu son Conseil d’Administration, qui marquait la transition entre deux équipes et entre deux visions. Les membres du CA ont accepté à l’unanimité une motion pour « un engagement de la FÉÉCUM en faveur d’une baisse des frais universitaires et pour qu’elle milite pour la réalisation de cet objectif ». Ce vote constitue un signe de soutien aux représentants étudiants entrés en poste cette semaine, et à la nouvelle orientation de la FÉÉCUM. Simon Ouellette, nouveau vice-président exécutif, est d’avis que la Fédération étudiante devrait défendre cette position au fil des années, malgré le renouvèlement de l’exécutif : « Face à un gouvernement conservateur qui a décidé de ne pas investir dans l’éducation, il faut donner à la FÉÉCUM un plan à long terme avec des objectifs précis. Par exemple faire en sorte qu’un étudiant puisse se payer une année universitaire avec ce qu’il a gagné pendant l’été. »

Vers de nouvelles méthodes de revendications?
Kevin Arsenault annonce : « nous allons nous mobiliser pour faire pression sur le prochain budget, et nous assurer que les plateformes des candidats aux élections provinciales de 2014 prennent en compte l’éducation comme étant une priorité ». Alexandre Levasseur reconnait que la stratégie menée par la FÉÉCUM n’a pas porté ses fruits : « on a fait des propositions financièrement responsables pour avoir une oreille attentive du gouvernement, mais on n’a pas été écoutés. Alors, il serait peutêtre temps de passer à des choses plus agressives. » Pour Simon Ouellette, il faut renouveler le message porté par la FÉÉCUM, mais aussi ses moyens d’action : « pour que tous les étudiants se fassent entendre, ce ne doit pas être la Fédération qui parle systématiquement pour tous ». Le combat en faveur d’un coût des études moins élevé que souhaitent mener les nouveaux élus étudiants ne pourra donc aboutir qu’avec l’implication de l’ensemble de la population universitaire.

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