Le gouvernement du N.-B. prend des mesures face à la crise des opioïdes

Anthony Azard a parlé au ministre de la Santé, Benoît Bourque, à l’émission Le Point de lundi matin. Photo : CKUM / Gracieuseté

Des ressources sont maintenant disponibles à travers la province face à la crise des opioïdes. Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Benoît Bourque, était en entrevue à CKUM lundi pour parler des ressources disponibles à travers la province.  

Texte d’Olivia Adié, avec des informations de l’émission Le Point, CKUM FM

Un symposium sur la situation des opioïdes a été tenu à Fredericton le 1er décembre.

« On sait que par ici, ça s’en vient. On a remarqué par exemple qu’en 2017, nous avons eu un plus grand nombre de personnes atteintes. Disons les plus jeunes, dans la population de 16 à 25 ans, il y a eu environ 3 ou 4 décès reliés à des opioïdes cette année seulement »

Benoit Bourque, ministre de la santé du N.-B.

Selon ce dernier, il n’y avait que les personnes de la quarantaine ou de la cinquantaine touchées par cela dans le passé. Pour lui, ça démontre un mouvement touchant aujourd’hui les populations plus jeunes, une raison valable pour adresser les questions d’opioïdes via un symposium.

La crise d’opioïdes, qu’est-ce que c’est ?

Depuis ces derniers temps, il y a un constat d’une crise des opioïdes au Canada principalement centré dans les provinces de l’Ouest et un peu dans la région de l’Ontario. De manière générale, la crise est plus prononcée dans l’Ouest du pays selon le ministre de la Santé.

« Ici dans l’Est, on n’en est pas rendu à des chiffres qu’on pourrait qualifier d’une crise » avance-t-il.

Les opioïdes sont des dérivées de l’opium. Cela inclut la morphine, l’héroïne et souvent des drogues sous prescription d’après Benoit Bourque.

« Généralement les opioïdes étaient prescrits à des gens à la base qui souffrait du cancer pour apaiser leur douleur. Il y a de cela une vingtaine d’années, on a commencé à voir une recrue de prescription d’opioïdes pour des gens ayant eu recours à des chirurgies »

– Le ministre Benoît Bourque

En effet, le but de l’utilisation même de l’opioïde était pour gérer la douleur. « Ce qui s’est produit avec ça, c’est qu’il y a des gens qui en ont développé une dépendance. Et ça fait partie du problème de la crise disons » affirme Benoit Bourque.

Le ministre mentionne que la prescription de ces médicaments a créé beaucoup de dépendance d’une part. De l’autre ces opioïdes ont commencé à voir leur apparition sur le marché noir.

« Rendu sur le marché noir, les gens ont commencé à le mélanger avec différents produits, dont le fentanyl, qui augmente de beaucoup la puissance de la drogue et en même temps son niveau de danger » explique-t-il.

Des mesures prises par le gouvernement

Une des mesures annoncées est l’accès à des trousses de naloxone. Le ministre de la santé explique que le naloxone est un médicament qui permet de contrer les effets des opioïdes, un peu comme la méthadone peut le faire pour un certain type de drogue.

« On a mis à disposition 2500 trousses de naloxone qui seront dispensées via les organisations fidèles au NB où on peut toucher la population vulnérable. Ces trousses-là sont déjà disponibles chez les gens de premiers soins, les ambulances, les pompiers, ainsi de suite » souligne-t-il.

Ainsi, lors du symposium, il y a eu l’ajout de deux nouvelles ressources. « Au niveau de notre ministère, au bureau du médecin en chef, on aura notamment un épidémiologiste c’est-à-dire un médecin spécialisé dans ces questions-là ainsi qu’une ressource par rapport à l’analyse des statistiques ».

Pour le ministre, l’analyse des données est importante car bien cerner les données permet de mieux être en mesure de répondre à la situation.

« On est en train de développer une stratégie à plus long terme parce qu’on sait que les chiffres vont empirer. On souhaite pouvoir mitiger la crise au maximum »

– Le ministre Benoît Bourque

S’approche-t-on d’une crise au Nouveau-Brunswick ?

Selon le ministre de la santé, il est difficile de faire une estimation de la date à laquelle on pourrait s’attendre à voir une éclosion de la crise dans la province.

« Ça pourrait être dans un an, deux ans, je suppose surement dans cette échelle-là, mais c’est très difficile pour moi de donner davantage de statistique parce qu’avec le fait d’avoir annoncé ces ressources, c’est qu’on puisse vraiment faire une analyse de toutes ces données-là. Et ça nous permettrait éventuellement de bien répondre à cette question. »

Author Details
Journaliste multimédia

Franco-Albertaine, Olivia Adié est venue à Moncton pour étudier le Common Law en français. Son parcours dans plusieurs régions du Canada, dont l’Université Saint-Boniface à Winnipeg, a éveillé sa curiosité, son intérêt pour l’actualité et son appréciation de la culture francophone. Elle entame sa deuxième année en Droit.

Partagez!
Advertisment ad adsense adlogger