Hausse de 2 % des droits de scolarité à l’Université de Moncton

Les étudiants de l’Université de Moncton devront débourser encore plus pour continuer leurs études. Des augmentations de 2% sont à prévoir pour les Canadiens et les internationaux. La communauté universitaire doit s’attendre à un réinvestissement dans le secteur académique et dans certains services offerts sur le campus de Moncton.

À la réunion du Conseil des Gouverneurs samedi, une hausse de 2% a été adoptée pour 2018-2019, comme Le Front l’a appris en décembre dernier. Les étudiants canadiens paieront 5 947$ par an, soit une augmentation de 117$ comparativement à l’année financière 2017-2018. Quant aux étudiants internationaux, ils paieront 10 899$, soit 214$ de plus que l’an dernier. Un déficit budgétaire est toujours présent, établi à 306 000$, beaucoup moins important que ce qui avait été annoncé ces dernières années.

Des revenus supplémentaires de l’ordre d’environ 4M$ sont projetés. Les subventions gouvernementales ainsi que l’augmentation des droits de scolarité contribuent à un réinvestissement dans plusieurs secteurs d’activité de la plus grande institution acadienne de langue française.

Les différentes facultés du campus de Moncton voient une augmentation globale de 1 M$. Des variations positives qui mettent en lumière ce que le recteur par intérim de l’Université de Moncton veut instaurer comme culture : une éducation de qualité.

« Il est très important qu’on ait ici, et sur nos trois campus, l’ensemble de la gamme de services auxquels s’attendent nos étudiantes et nos étudiants. C’est important aussi qu’on continue de faire la promotion de ce qui nous distinguent bien à l’Université, c’est à dire la dimension humaine et un encadrement individualisé. »

– Jacques-Paul Couturier, recteur et vice-chancelier par intérim de l’Université de Moncton

Pas de sourires avant la gratuité scolaire

Pour Alexandre Cédric Doucet, président de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM), pas question d’être heureux d’une augmentation des frais pour la prochaine année, même si elle n’est pas massive. L’Université du Nouveau-Brunswick verra ses frais de scolarité augmenter de près de 20% dans certains programmes d’études, ce qui a fait craindre le même scénario à l’Université de Moncton. Il doute que les investissements académiques seront bénéfiques pour la masse étudiante.

« De ce que j’ai pu lire dans le budget jusqu’à présent, ce sont des professeurs qui sont partis en sabbatique puis des chargés de cours qui vont les remplacer, ce qui va affecter la qualité de l’enseignement directement. »

– Alexandre Cédric Doucet, président de la FÉÉCUM

Il n’est toujours pas question pour l’Université de Moncton de dévoiler ses plans futurs. L’administration pourrait décider d’augmenter drastiquement les droits de scolarité à compter de 2019-2020 à la suite d’un examen de la situation financière de la plus grande institution acadienne de langue française.

Doucet a tenté de diminuer la hausse des frais pour les étudiants internationaux pour la présente année financière. Ils paieront encore un peu moins du double que les étudiants canadiens.

« J’ai suivi mon vote d’assemblée générale annuelle et j’ai demandé un amendement pour que la hausse soit aussi à 117$. J’ai reçu des commentaires inquiétants comme “pourquoi la hausse serait la même, les étudiants internationaux payent pas de taxes ici” », relate Alexandre Cédric Doucet.

Alexandre Cédric Doucet, président de la FÉÉCUM. Photo : Anthony Azard, CKUM

La santé mentale devient prioritaire

Le Service de santé et de psychologie héritera d’un portefeuille de 519 710$, une augmentation d’un peu plus de 262 000$. De leur côté, le Service de bourses et de l’aide financière verra son budget augmenter d’environ 184 000$ pour s’établir à 2 142 040$.

« Y’a deux éléments qu’on regarde actuellement, l’ajout de personnel au niveau de psychologie, notamment de psychologues. On regarde aussi à la possibilité de mettre en place un service 24/7 accessible pour la communauté étudiante, on n’avait absolument rien pour les étudiants. »

– Edgar Robichaud, vice-recteur à l’administration et aux ressources humaines

Un service psychologique en continu similaire est déjà disponible pour les membres du personnel. La composante étudiante d’une éventuelle mise en place de ce produit s’avère un ajout de taille au service de psychologie qui se retrouve toujours avec un délai de consultation de plusieurs semaines.

« Ça se passe pas toujours de 8h30 à 4h30. Ça se passe souvent les soirs et les fins de semaines, où on a besoin d’avoir accès à un service. » réitère M. Robichaud.

La présidente de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB), Sue Duguay, indique qu’un investissement en santé mentale est bénéfique pour ses membres qui fréquenteront l’Université de Moncton dans quelques années, voire l’an prochain. Un enjeu qui les préoccupait depuis un certain temps.

« Une augmentation de la protection de la santé mentale, c’est extrêmement important pour nos membres. De savoir qu’ils y militent au niveau du secondaire, et de voir une valorisation à ce niveau au sein de l’Université, c’est bien. »

– Sue Duguay, présidente de la FJFNB

Sue Duguay est la présidente de la FJFNB. Photo : Anthony Azard, CKUM

La FÉÉCUM ne se réjouit pas aussi rapidement. Alexandre Cédric Doucet attend de voir comment ces nouveaux fonds seront investis à même le Service de santé et de psychologie.

Des actions militantes à l’horizon

Loin d’être satisfait, M. Doucet n’écarte pas la possibilité d’effectuer des actions militantes sur le terrain. Il n’a pas précisé en quoi porterait les mouvements.

« Toutes les cartes sont sur la table » affirme brièvement Alexandre Cédric Doucet.

De son côté, la FJFNB discutera avec ses membres avant de s’associer à tout mouvement public de la FÉÉCUM. Rappelons que cette semaine, les deux organisations effectuaient une sortie conjointe pour dénoncer une hausse possible majeure des frais de scolarité.

À propos
Journaliste CKUM
Anthony Azard est journaliste pour la radio communautaire CKUM. Récipiendaire du prix Méridia pour sa couverture des sports universitaires en 2018, il est en deuxième année du programme d’Information-communication. Il anime Le Point, couvre l’actualité du sud-est et de la province pour l’ARCANB. Il a aussi été collaborateur occasionnel à l’émission « La Route des 20 » sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première.
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