Jean Freddy Bobo, l’homme aux multiples ambitions

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On l’a tous connu comme étant un étudiant impliqué, énergique, rêveur et surtout plein d’ambitions. On l’a croisé à la faculté des sciences, à l’AEFAUM, à l’AÉÉICUM, mais aussi à la FÉÉCUM qu’il considère comme étant la « consécration » pour un étudiant. À la veille de son départ pour Boston où se tient le forum MassChallenge, Freddy Bobo accepte de répondre à nos questions.

Genèse d’un hyperactif

Par un soir d’automne 2012, Jean Freddy Bobo Mukinay, mieux connu sous le nom de Freddy a traversé l’Atlantique pour atterrir en terre acadienne. Lui qui jadis était parti pour l’Inde, après l’obtention de son diplôme supérieur en réseaux et systèmes d’informations, décide d’opter pour le Canada : « Je suis un homme qui aime les défis, qui aime les challenges. Je voulais me trouver d’autres défis pour aller continuer mon éducation et visiter le monde », affirme-t-il. Originaire de la République Démocratique du Congo, il voulait poursuivre ses études en milieu anglophone tout en continuant à parler « le français, une langue qui [lui] est chère », nous confie-t-il. Le Nouveau-Brunswick était la première province bilingue, il a déposé son dossier à l’Université de Moncton sur base de contact avec des amis. Il s’est d’abord inscrit dans un programme de sciences appliquées avec majeur en Informatique. La session suivante, il transfère à la faculté d’Administration, où il suivit un baccalauréat en Administration des affaires, concentration en Systèmes d’Informations Organisationnels (SIO). Son impression du Nouveau-Brunswick, un lieu chaleureux et accueillant qui fut propice à son épanouissement : « les gens étaient accueillants, et c’est ce qui m’a permis de pousser des ailes ».

« Un international au sein de la Fédération »

Sitôt arrivé sur le campus, Freddy s’est impliqué pour la cause estudiantine. Il fut dans un premier temps, représentant des étudiants de la première année de la Faculté des sciences, avant de devenir vice-président aux relations publiques de l’AEFAUM la session suivante. Il avait « nouer des relations » dit-il, ce qui facilitait son élection. Par la suite, Freddy s’est engagé comme mentor sur 2 sessions consécutives : « je me considère toujours comme un mentor, parce que j’aime aider et encourager les nouveaux », confie-t-il.

Freddy Bobo a eu la chance de siéger à la FÉÉCUM avec le poste de VP Académique, qui constitue la 2e instance de décision à l’université durant le mandant 2014-2015. Il a travaillé en tant que médiateur et sénateur pour les étudiants en ce qui concerne l’aspect académique de l’Université de Moncton.

« Je m’y suis engagé parce que je voulais prouver que les étudiants internationaux pouvaient devenir des leaders, défendre des causes et réaliser des actions sur le campus dans un pays qui permet à tout le monde de s’exprimer […] Mon expérience à la FÉÉCUM a fait de moi ce que je suis devenu aujourd’hui. Je la qualifierais de folle en quelque sorte. J’ai eu à rencontrer beaucoup de gens, à l’intérieur comme à l’extérieur du campus, à braver des barrières. »

Nous lui avons posé la question à savoir s’il a eu à faire face à des problèmes à cause de son origine. Il répondra tout simplement que « les racistes attendent juste que nous fassions le meilleur de nous-mêmes : je considère toute forme de discrimination comme une épreuve ».

Rayonnement dans la province

Nominé au Black Excellence Award pour la province du Nouveau-Brunswick et au « Our Top Talent (OTT) » à Fredericton, Freddy n’a jamais voulu se limiter au seul cadre universitaire. Il s’est fixé un nouveau défi : s’impliquer de plus en plus au niveau communautaire. Il a d’ores et déjà un poste d’étudiant ambassadeur du NB au centre Pond-Deshpande, où il représente l’Université de Moncton en dehors de la province. La FÉÉCUM lui a servi en quelque sorte de « starter-pack » pour de futures ambitions. Il a été approché par l’UNESCO qui l’a invité à participer au sommet des jeunes afin de prôner les valeurs de cet organisme des Nations Unies qui s’occupe de l’Éducation, la Science et la Culture.

À travers son programme COOP (Régime Coopératif), il a eu à travailler avec le gouvernement provincial en tant qu’analyste de données.

« Les opportunités sont là, il ne reste plus qu’à les saisir », dit-il.

Pour lui, le parcours professionnel commence à partir du premier jour où l’on met les pieds sur le campus jusqu’à ce que l’on obtienne son diplôme. Dans cet intervalle de temps, on apprend « à créer son emploi », à travers ses implications et ses activités. Selon lui, « les compagnies cherchent un leader, parce que c’est une valeur sure, un gage de responsabilités ». Son premier choix est de rester dans la province acadienne, où il affirme avoir eu « une place » dans le sens que les gens l’ont accueilli. Il se définit comme étant un citoyen du monde, et donc en cette qualité est porté par le vent des opportunités. Toujours en est-il qu’il espère revenir et investir au Nouveau-Brunswick.

Ses conseils aux étudiants

« Je dirais dans un premier temps de ne pas essayer de m’imiter. Je pourrais être une unité de mesure, mais je demande aux gens de faire plus que moi. Il y a eu des gens qui se sont plus impliqués que moi, comme Olivier Kazad, Taha Maarous… Ils ont fait des choses que moi je n’ai pas pu faire. Je dirais aux étudiants qu’il faut OSER, oser dans le sens qu’il faut aller vers l’impossible. Il y aura toujours cette personne pour faire ce qui est jugé impossible. Si vous vous fixez cela dans l’esprit, vous n’avez plus aucune limite. Vous aurez la capacité de relever des défis énormes. N’oubliez pas surtout qu’en tant qu’étudiants internationaux, le monde nous regarde, le monde regarde ce dont nous sommes capables de réaliser. »

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Un passionné d’informatique pris d’un amour fou pour l’écriture. A travers les mots, on peut éduquer.
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