Jean-Marie Nadeau partage sa passion avec les étudiants

par Martin Savoie

Lors de la journée portes ouvertes des MAUI, l’équipe des Médias Acadiens Universitaires Inc. a eu la chance d’accueillir le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Jean-Marie Nadeau. Ce dernier est venu visiter les locaux du journal Le Front et de la station de radio CKUM le 2 septembre dernier.

Lors d’un entretien avec l’équipe des MAUI, Jean-Marie Nadeau s’est exprimé à cœur ouvert sur la participation des jeunes dans les enjeux de l’Acadie d’aujourd’hui, ainsi que sur l’importance des médias dans notre société.

MAUI : Vous qui avez vécu une époque d’engouement pour l’Acadie, croyez-vous qu’aujourd’hui, en 2011, la fierté est encore la même, ou est-elle exprimée d’une différente façon ?

J-M N. : Il y un peu de tout cela. Avant 1982, nous étions à la recherche d’une reconnaissance égalitaire. Parce que le tout était désormais écrit sur papier, c’est comme si les acadiens voyaient le tout comme la fin des combats pour leur survie alors qu’en fait, il s’agissait du début. Nous avons l’égalité sur papier, mais pas encore l’égalité réelle. Tant que l’on voudra continuer à vivre en français, il ne faut pas oublier le terme « combat ». Et le fait de se battre n’est pas nécessairement douloureux, mais peut aussi être festif et positif.
L’idée du combat n’est pas de se battre contre quelqu’un, mais de se battre pour nous. Je ne suis pas intéressé à me dire meilleur qu’un québécois ou un anglophone, mais je suis intéressé à ce que le peuple acadien s’affirme afin d’offrir aux autres ce que l’on a de plus beau.

MAUI : Depuis un certain temps, l’affichage commercial bilingue était un enjeu de taille pour la SANB, particulièrement au sud de la province où le mouvement a commencé. Que pensez-vous des acquis dans ce dossier?

J-M N. : La ville de Dieppe a passé une loi qui affirme la prépondérance du français dans l’affichage. Plusieurs autres villes ont aussi passé des lois par rapport au statut de bilinguisme dans leur affichage. Mais une chose que je trouve intéressante dans ce dossier est le fait qu’il a été mené par des jeunes. Ce dossier a permis à une jeunesse de s’affirmer. Toutefois, à Moncton, il faut faire comprendre que l’on ne veut pas retirer l’anglais, mais ajouter le français afin que cet affichage soit à l’image de ce qu’est Moncton : une ville bilingue. Et je souhaite que la FÉÉCUM ainsi que les médias du campus continuent à être solidaires dans ce combat.

MAUI : Qu’est-ce que des médias tels que le Front et CKUM, après plusieurs années d’existence, représentent pour la communauté acadienne?

J-M N. : CKUM est plus vieux que la SANB! Comme quoi les jeunes peuvent mener de vieilles affaires et vice versa! (rires) Nous sommes dans une mer anglophone, alors selon moi, nous n’aurons jamais assez de médias. À une certaine époque, il n’y avait que Radio-Canada et seulement 5% des francophones écoutaient la radio dans leur langue alors qu’aujourd’hui, nous sommes près de 70%. Alors sur ce point, lorsque l’on constate l’évolution, on ne peut que s’en réjouir. De plus, sans le savoir, des médias comme CKUM ont probablement aidé à créer une relève que l’on retrouve aujourd’hui dans les médias francophones. Et c’est l’idée derrière les radios communautaires, s’entendre vivre ensemble!

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