CRITIQUE : Chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque instant

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La production du département d’art dramatique de l’Université de Moncton a été présenté du 13 au 17 avril au théâtre La Grange. Photo : Dayna Muzey, Le Front

Entre l’ignorance et la misère se situe le cachot de cette pièce, où une interprétation crue et sans garde-fou gifle le public en pleine face avec des vérités choquantes.

Résumé

La scène se situe chez le luxueux domicile de Carole (Sophie Bouchard-Tremblay), une ancienne figure de beauté télévisée. Lucie (Caroline Bélisle), une jeune employée qui s’occupe de nourrir le chat en absence de la vedette, y passe la fin de semaine avec Joe (Joseph McNally), son copain agressif et non-éduqué. L’intrigue est déclenchée lorsque Joe révèle un iPod qu’il a volé d’un homme sur le métro; un homme qu’il considère, par d’évidents préjugés, comme étant indécent et indigne à cause de sa tenue plutôt féminine. Dans un mélange d’abus et de sexualité explicite, l’ignorance est confronté à l’art et, malgré ses sujets, éveille des idées et des sensations étranges dans l’enfer du couple.

Franchement, clairement frappant, cet ignorant

Le thème de la pièce demeure un sujet de discussion depuis toujours: l’ignorance est souvent aveuglante. Ce qu’on tend à oublier sont les effets de cette ignorance. La mise en scène du texte de Fanny Britt par Andréi Zaharia a franchement retiré les rideaux qui gardent habituellement la foule dans un état d’aise et ce, de façon à révéler la richesse d’un contenu cru et vraisemblable. Pour être bref, la lumière éclairée pleinement sur les comportements farouches du couple, même en sexualité, a permis d’exposer la profondeur des effets de l’ignorance et de ses lueurs. L’exploitation de ce thème n’a été rien de moins que choquante; telle que devrait l’être toute représentation de concepts aussi insidieux que l’ignorance en société.

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De gauche à droite, Joseph McNally, Caroline Bélisle et Sophie Bouchard-Tremblay dans les rôles de Joe, Lucie et Carole, respectivement. McNally et Bélisle sont des anciens du département d’art dramatique de l’Université de Moncton, alors que Bouchard-Tremblay termine sa troisième année d’étude. Photo : Dayna Muzey

On peut bien fantasmer

En ce qui concerne la confrontation à l’art, ceci reste à interpréter par individu. Lorsque ses préjugés sont mis en contraste avec cet art, ce que représente la réaction féérique de Joe ouvre une grande porte de discussion. On pourrait argumenter que ce fut plutôt étrange, peut-être même une exagération, mais l’objectivité de cet élément reste à déterminer.

En tout, ce fut une représentation frappante qui n’a pas raté le coup. Le talent des interprètes est évidemment à souligner, particulièrement pour la chimie et la résistance romantique entre les personnages principaux. La tension, le mépris et le désir sexuel manifesté entre Lucie et Joe ont fait coup de foudre et ce, à chaque instant de cette pièce.

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