La distance qui nous sépare

Avec la soirée internationale qui arrive à grands pas, il est plus que temps d’adresser le problème d’intégration qui existe toujours à l’Université de Moncton. Certain diront qu’on le constate et qu’on en parle suffisamment, mais en réalité, on est toujours bien loin d’être en mesure de cerner le problème, ou de vouloir y trouver des solutions à long terme.

Étant canadiens, on ne peut qu’imaginer le dépaysement que vivent ceux qui arrivent d’ailleurs. Il fait froid, non seulement à l’extérieur, mais aussi dans les relations qu’entretiennent certains étudiants. Qu’on le veuille ou non, une certaine division pratiquement automatique existe dans certaines salles de classe. Les Canadiens d’un côté, les internationaux de l’autre. Qui se ressemble s’assemble, même si on n’est pas si différents que ça. Après plusieurs mois, même plusieurs années à l’Université de Moncton, c’est à peine si on ressent le mélange des cultures.

Chez les Canadiens, on ne veut certainement pas perdre notre identité, qui reste tout de même assez précaire. On veut être accommodants, mais sans laisser de côté notre culture durement acquise. S’ouvrir à d’autres cultures n’est pas facile dans certains moments, par contre, on veut tout de même faire l’effort d’être accueillants. Et si parfois on se renferme sur soi-même, c’est peut-être par ignorance, mais peut-être aussi ultimement pour se protéger.

Si une telle division existe entre les deux groupes, c’est en partie puisqu’ils ne sont pas sur un pied d’égalité, notamment en ce qui concerne les frais de scolarité. Est-ce qu’on peut se dire accommodant et impartial si on demande nettement plus d’un groupe que de l’autre? Il est bien vrai que l’écart entre les frais de scolarité payés par les étudiants canadiens et les étudiants de l’extérieur ne pourra probablement jamais être nul, mais la différence entre les deux ne devrait pas être aussi marquée. Et ce n’est pas parce qu’on peut augmenter les frais de scolarité des étudiants internationaux de façon démesurée qu’on devrait nécessairement le faire.

Le slogan de la soirée internationale cette année nous propose de nous « imaginer dans une autre culture ». Il est parfois dur de s’imaginer dans une autre culture, en partie parce qu’il est difficile de s’imaginer sans les privilèges qui nous sont donnés. Le privilège d’étudier près de chez nous, ou celui de ne pas être considéré par certains comme étant un étranger, par exemple.

Il est donc important de reconnaitre le problème d’intégration qui nous divise, d’en parler, mais aussi d’agir. Il faut bien entendu, avec la période électorale de la FÉÉCUM qui commence sous peu, en faire part à nos futurs élus.

On ne peut qu’espérer qu’un jour la distance qui nous sépare ne sera plus si grande que ça.

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