La mobilité, une expérience à vivre!

La responsable du SMI, Lucille Landry. Photo: Damien Gaudissart, Le Front

La responsable du SMI, Lucille Landry. Photo: Damien Gaudissart, Le Front

« Partir, c’est mourir un peu », selon l’adage populaire. Et c’est bien cela qui semble effrayer un grand nombre d’étudiants de l’Université de Moncton à l’heure où la possibilité de partir en échange interuniversitaire leur est offerte.

« Le nombre de candidats à un programme de mobilité internationale est stable depuis plusieurs années », explique Lucille Landry, responsable du service de mobilité internationale (SMI) à l’Université de Moncton. Plus concrètement, il tourne autour de 60 étudiants par année, ce qui est minuscule à l’égard des milliers d’étudiants inscrits aux campus d’Edmundston, de Moncton et de Shippagan.

Mais partir, n’est-ce pas aussi mûrir un peu? C’est en tout cas l’avis de Guillaume Deschênes-Thériault, étudiant en sciences politiques, qui est parti de janvier à avril 2015 à Lille (France) : « C’est une expérience de vie, qui permet de tisser de nouveaux liens et de changer d’air ».

S’ouvrir à d’autres cultures

À première vue, l’échange interuniversitaire consiste simplement à s’adonner aux mêmes activités qu’à Moncton, à savoir suivre des cours et passer des examens pour valider des crédits. La seule variable qui changerait, dans cette logique, est le lieu et éventuellement les façons de donner les cours.

Toutefois, comme le souligne Guillaume, la mobilité internationale intègre plusieurs autres dimensions bien plus divertissantes : « L’aspect social est très présent. En arrivant, tu ne connais personne, tu es donc obligé d’aller vers les gens. Et avec eux, j’ai profité au maximum de la vie universitaire. Mon séjour à Lille m’a aussi permis de voyager et de découvrir d’autres cultures, ce qui m’a apporté beaucoup (Guillaume a découvert plus de 20 pays européens en trois mois!) ». La responsable du SMI ajoute que les employeurs sont souvent plus inclinés à embaucher quand les candidats ont réalisé ce genre de voyages.

Pour ceux qui ne seraient pas tentés par l’Europe, le SMI propose des destinations alternatives, comme la Turquie ou encore les États-Unis. « Nous sommes toujours à l’écoute et à la recherche de nouvelles ententes interuniversitaires », affirme Mme Landry. 

Obstacles insurmontables?

Bien entendu, au moment de soupeser l’éventualité de partir pour une session ou même un an, se posent deux questions majeures. La première est d’ordre financier : comment subvenir à toutes les dépenses, quand les parents ont parfois peu de moyens?

« Les bourses permettent de payer le billet d’avion, et il reste parfois 500 dollars supplémentaires », selon Mme Landry. Un constat s’impose donc : la mobilité internationale est difficilement accessible aux familles moins favorisées. Le mythe selon lequel cette expérience est accessible à tous les étudiants est donc surfait. Il faut donc reconnaître que le processus de sélection n’est pas basé uniquement sur les aptitudes, mais aussi sur un critère strictement financier.

La seconde question est d’ordre linguistique. La question ne se pose certes pas pour toutes les destinations, mais elle est néanmoins importante : comment se débrouiller dans un pays dont on ne parle pas la langue? Mme Landry soutient que cet obstacle est moins difficile à surmonter, étant donné que les universités sont de toute façon des lieux assez internationaux. De plus, « le but de la mobilité est de développer un esprit de débrouillardise ». D’une certaine manière, on peut donc penser que la vie dans une population qui parle une autre langue que le français ou l’anglais est une opportunité, et rend l’expérience encore plus intéressante.

Alors, je pars?

Un échange interuniversitaire est donc bien plus qu’un simple changement de domicile à des fins d’études. C’est réellement une (re)découverte de soi, qui permet de développer plusieurs qualités qui seront utiles même en dehors du cadre académique. Mais c’est également un appel à la découverte d’autres cultures et une formidable opportunité de voyager, bien que l’expérience ait un prix élevé. Si vous recevez la possibilité de partir, le Service de mobilité internationale vous encourage de la saisir à pleines mains. D’ailleurs, ne dit-on pas que « les voyages forment la jeunesse »?

DG_Mobilité02_23sept2015

De nombreuses universités étaient représentées à la Journée de la Mobilité, le 16 septembre. Photo: Damien Gaudissart, Le Front

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