La vérité

C’est vrai ou pas? En tout cas, c’est écrit dans le journal.

Le 1er avril a toujours été le seul jour de l’année où on peut mentir sans conséquence, et maintenant, le 2 avril devient la journée internationale de la vérification des faits.

Dans une société où les médias décident de plus en plus de piéger leur audience, le plus souvent à des fins lucratives, il devient difficile de reconnaitre la vérité du mensonge. Dans la presse, ou tout autre support de diffusion de l’information, l’ambigüité des faits est utilisée de façon à faire ressentir au public une conclusion, tout en conservant l’impartialité (ou presque). Cela pourrait presque être considéré comme de la manipulation.

Une chose est certaine: c’est présentement plus important que jamais qu’on passe plus de temps à vérifier ce qu’on lit ou entend dans les divers médias.

De nos jours, il est souvent impossible de distinguer les faits. Il faut mentionner ici la distinction entre « nouvelles satiriques » et « fausses nouvelles ».

Quand un site fait un effort marqué pour que ses informations semblent vraies quand elles sont complètement infondées, on parle là de fausses nouvelles. Cela va bien au-delà des erreurs journalistiques. Quand l’article représente des informations connues du public dans un langage comique, sarcastique, dramatisé ou exagéré, c’est des nouvelles satiriques.

Un exemple récent serait l’affaire du « Journal de Mourréal ». Ce site satirique avait déjà fait les manchettes l’été dernier, avec son coup de tête juridique lancé par son « alter égo » le Journal de Montréal. Radio-Canada venait de nous apprendre que son fondateur, Olivier Legault, est à l’origine du World News Daily Report, l’un des pires sites de fausses nouvelles.

L’enquête soulevait que leurs articles figuraient souvent parmi les nouvelles fausses les plus populaires, avec des titres comme « L’État islamique appelle les musulmans à voter pour Hillary Clinton ». Où est l’humour là dedans?

Et si ce genre d’histoire avait été publié le 1er avril, les gens auraient-ils été plus sceptiques?

Depuis quelques temps, il s’est produit une immense vague de conscientisation concernant les fausses nouvelles. Selon certains articles, ce serait l’élection présidentielle américaine de 2016 qui aurait mis la lumière sur cet important problème sociétal, ou du moins aidé à faire réaliser le poids que peuvent prendre les fausses nouvelles sur la conscience collective.

En réalité, les fausses nouvelles ont toujours existé, comme avec les rumeurs ou les mensonges dans les discours politiques. L’épanouissement de l’Internet a été l’instigateur de cette nouvelle vigueur. Maintenant, les commérages prennent des formes plus réalistes, professionnalisées même. Les sites web de fausses nouvelles sont de plus en plus difficiles à détecter. Plusieurs d’entre nous sont maintenant des habitués d’expressions telles que « Clickbait » (piège à clics), « scandal-mongering » (médisance) et l’effet du sensationnalisme. Les fausses nouvelles sont une vraie menace pour la démocratie, puisqu’elles peuvent implanter des croyances aux personnes ignorantes.

Personne n’échappe au fléau des faits alternatifs sur Internet. À même notre campus par exemple, certains utilisent « Spotted at Umoncton », une plateforme d’humour anonyme, pour véhiculer des messages d’information, souvent même dans la politique étudiante. Comment s’y prend-on pour vérifier ce genre d’information?

On peut aller rechercher plus loin, trouver les sources ou les origines de l’information, poser des questions, trouver les deux côtés de la médaille, vérifier les variantes, analyser avec un esprit critique et avec de l’objectivité avant de conclure. Ensuite, il est essentiel d’en informer les autres qui pourraient se faire prendre, et les inciter à faire leur propre recherche plutôt que d’essayer de les convaincre. C’est comme le jeu du téléphone, où chacun de nous est la dernière personne à recevoir la nouvelle, et la vérification des faits est de remonter jusqu’au début du fil.

Ainsi, vu son importance prononcée dans cette ère de l’électronique, plusieurs organisations de vérification des faits ont décidé de créer cette journée internationale le 2 avril pour promouvoir cette idéologie. C’est un cri de ralliement lancé au niveau de la planète pour revendiquer des preuves de faits réels, que ce soit dans la politique, le journalisme ou la vie de tous les jours.

C’est aussi l’occasion de faire réaliser à la population à quel point la vérité peut être ambigüe lorsque bien présentée. Prenons l’exemple et appliquons notre scepticisme collectif.

Il est important de connaitre la vérité.

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  • Sebastien Sey Mills

    wow !! belle article 🙂

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