CRITIQUE – Le Lac aux deux falaises : comiquement niais

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De gauche à droite, Eric Butler, Jeanne Gionet-Lavigne et Marc-André Robichaud sont les trois interprètes de la pièce Le lac aux deux falaises. Butler et Robichaud sont diplômés de l’Université de Moncton en art dramatique.

Les talents de l’Université de Moncton reprennent la scène au théâtre de l’Escaouette lors de cette impressionnante production du Théâtre de Quartier. Rédigée par Gabriel Robichaud, l’histoire quelque peu naïve intitulée Le Lac aux deux falaises réussit étonnamment à tirer les cordes sensibles du public. La pièce a été présentée ce mercredi 30 mars dernier.

Résumé

Dans le contexte des plus étranges circonstances, Ti-Gars (Marc-André Robichaud), 17 ans, se retrouve malgré lui à vivre avec son Pépère (Eric Butler) veuf dans un village aussi petit qu’il l’est peuplé. Orphelin et déprimé par sa solitude, le jeune homme fait la rencontre de La fille du Lac (Jeanne Gionet-Lavigne), une adolescente pétillante qui l’aidera à trouver son chemin à travers les tumultes que lui cause toujours son passé.

On saura se retrouver chez le garçon perdu

Toute épreuve marquante n’est pas forcément évidente dans le comportement d’un individu. La façon qu’une personne entreprend sa vie suite à un traumatisme varie d’un cas à l’autre, mais on peut facilement observer une tendance à accentuer l’extrême en théâtre. Le romantisme peut parfois être tentant. Par contre, ce qui fut agréable du Lac aux deux falaises était l’interprétation subtile du deuil et ses variables chez les personnages de Ti-Gars et Pépère. Le fait de voir un garçon de 17 ans qui a vécu énormément de tumultes, mais qui se porte plutôt bien pour la majorité de la pièce, est très rafraîchissant. Ceci renforce énormément la sensibilité du public aux détails de la performance, permettant aux spectateurs d’apercevoir ces petits moments souvent négligés, mais qui sont d’une beauté saisissante en réalité.

Texte accessible pour y trouver quoi?

Malgré la qualité des performances, on doit notamment critiquer l’intrigue du texte. Accessible par une langue familière et par l’humour léger, la progression du récit est quelque peu décevante par faute d’un manque de points culminants, ou encore d’ascension vers ces points. Bref, la ligne de l’histoire est relativement droite, tout pour aboutir à une fin plutôt attendue et morose. Comme l’a fait le personnage de Pépère, le texte a beaucoup trop radoté.

Encore une fois, les performances des interprètes sont à noter pour cette représentation. De plus, la mise en scène de Louis-Dominique Lavigne est plus que remarquable, considérant le degré d’organisation qui a surement été nécessaire pour la coordination des mouvements parmi les pièces sur scène qui illustrent parfois des arbres, parfois des falaises.

En gros, l’Université de Moncton peut certainement être fière de ses diplômés, soient Eric Butler (art dramatique), Marc-André Robichaud (art dramatique) et Jean-François Mallet (musique- composition et environnement sonore). Le talent calibré sur scène en devient absolument irréfutable.

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