Le Laundromat: un café-bar pas typique

GV_Laundromat03_16sept

Photo: Gabrielle Viger, Le Front

Cet article est le premier d’une série qui dévoilera les meilleurs cafés et bars du Grand Moncton.

La terrasse du Laundromat, avec plusieurs membres de l'équipe de CKUM et du Front, dont Marc-André Chambers avec le casque de baseball. Photo contribution

La terrasse du Laundromat, avec plusieurs membres de l’équipe de CKUM et du Front, dont Marc-André Chambers qui porte le casque. Photo contribution

Au coin des rues Cameron et St-George à Moncton se situe le bar et café que plusieurs Monctoniens considèrent comme un deuxième chez eux. Un exemple en or serait l’animateur du midi à la radio étudiante de CKUM qui publie sur Facebook une invitation hebdomadaire donnant rendez-vous à toutes et à tous au Laundromat, qu’il nomme avec affection, le « Dro ».

Pourquoi ?

« Parce que c’est notre hang-out spot, c’est là qu’on va pour se vider le cœur de notre semaine, si ya quelque chose qu’a pas bien été, tout ça autour d’une drink et on parle des activités pour la weekend. Même si on le mettait pas sur Facebook, on pourrait juste shower up, pis c’est sûr qu’il va se passer quelque chose. »

C’est depuis le début de l’été que Marc-André Chambers a débuté ce qui est maintenant devenu une tradition.

Il explique le sentiment d’appartenance qu’il ressent face au Laundromat par : « la belle ambiance, c’est un petit bar et en partie à cause de ça, ils ont réussi à garder le même genre de crowd ça fait vraiment longtemps. J’ai l’impression qu’ils veulent pas agrandir et amener d’autres sortes de gens. C’est runné par des francophones, c’est une ambiance friendly et beaucoup d’étudiants de l’Université de Moncton se ramassent là. »

Chambers décrit cette « crowd » comme étant composée : « de beaucoup d’étudiants de l’Université de Moncton et de beaucoup de monde du milieu artistique, tsé, tu peux aller là pis voir des membres du groupe Syntax Error, ou des poètes. Tu peux juste t’asseoir avec le monde pis jaser, tout le monde est relax, tout le monde a un good time. Puis quelque chose qu’est important, surtout chez les étudiants : c’est pas cher! Moi c’est ça que j’aime, même quand ya des soirées avec des DJ, ya pas de cover charges, les drinks sont pas cher, pis les bartenders sont vraiment friendly pis généreux, y t’en mettent pas mal dans ta drink. »

Laundromat01

Marc Léger, propiétaire du Laundromat. Photo: Gabrielle Viger, Le Front

Mais qui est le magicien derrière cet endroit culte ? Nul autre que Marc Léger, que les habitués du Laundromat connaissent sous le nom de « Marky ».

Le moment « Ah ha! » du propriétaire du Laundromat est survenu il y a environ 8 ans, alors qu’il travaillait au Centre culturel Aberdeen et qu’il y gérait une boutique d’encadrement et de vente d’œuvres d’art. Il est passé devant le local vide sur le coin des rues St-George et Cameron et : « J’ai vu que l’espace s’était libéré et là ça a pas pris 24 heures que ma shop était à vendre. J’ai pris le gros risque. C’était du jour au lendemain que j’ai changé de carrière. »

Léger avoue que : « ça faisait longtemps que je voulais m’ouvrir un p’tit bar de quartier… café, genre peut-être européen avec une mentalité où c’est une place de rencontre plutôt qu’une taverne typique nord-américaine. J’habitais dans le voisinage en plus et je voulais faire quelque chose sur la St-George. Ça fait que ça c’est un peu développé comme ça. »

Lorsqu’on lui demande quelle clientèle il cherchait à attirer lorsqu’il a d’abord imaginé son café-bar, Léger dit que « c’est un peu où moi j’me tiendrais, parce que j’étais un peu tanné de la scène des bars sur la rue Main à Moncton et ces bars typiques-là. Je cherchais aussi à développer une sélection de bières intéressantes et à offrir des produits locaux, mais le côté bar de quartier fait en sorte qu’un voisin peut quand même entrer et commander une Moose verte, alors que d’autres boivent seulement des bières belges. »

On pourrait tirer la conclusion que c’est un endroit pour tout le monde, mais Marc Léger corrige cette idée assez rapidement. « C’est plus ou moins pour tout le monde, il y a des gens qui se sentent pas confortables ici, parce que c’est pas un bar typique. Tu peux pas t’asseoir à la journée longue pour regarder du baseball et écouter du gros boom boom au soir et on sert pas du café filtre, j’ai quand même juste une machine espresso. »

Les gens qui entrent et cherchent de la Budweiser, par exemple, auront droit à être référés à une alternative locale et celles et ceux qui cherchent un café double-double pourront goûter à un américano et c’est pourquoi ce n’est pas pour tout le monde, le Laundromat. Mais une chose est évidente, les gens qui s’y sentent bien l’aiment pour tout ce qui le rend unique.

Partagez!