Le prix à payer pour être éduqué

L’image est pratiquement clichée: aux études, l’étudiant vit sur un budget avec un compte en banque à sec et une diète qui se constitue de pâtes drôlement assaisonnées. Le stéréotype de l’étudiant est souvent comparé à un état de presque-pauvreté, mais cela n’alarme personne.

En moyenne, l’étudiant canadien paye près de 6 000$ en frais de scolarité par année, un chiffre qui ne fait que monter depuis les années 2000. Avec près de 1.7 million d’étudiants canadiens fréquentant ses institutions et générant une entreprise de près de 30 billions de dollars annuellement, il est étonnant que le prix pour notre éducation ne cesse d’augmenter d’année en année.

Ce qui nous mène à conclure que dans notre société nord-américaine, l’éducation postsecondaire est un privilège et non un droit citoyen.

Certaines questions ont intérêt à être posées : quel est le véritable prix de notre éducation? En tant que société, est-ce notre droit de monétiser le savoir?

Plus encore : est-il possible de même considérer la gratuité scolaire? Est-ce un idéal, ou un objectif réaliste?

En Europe, la gratuité scolaire est un phénomène assez courant – la plupart des pays scandinaves sont de la partie, donnant l’exemple à suivre au reste des pays environnants. La gratuité scolaire au niveau postsecondaire est chose commune, non seulement chez les étudiants natifs du pays, mais aussi chez les étudiants étrangers.

Si on se rapproche un peu plus de chez nous, en aout dernier, la province de Terre-Neuve-et-Labrador a abandonné son système de prêts étudiants pour se tourner vers des bourses non remboursables. Ce pas dans une nouvelle direction, une première au pays, confirme la suspicion que l’éducation postsecondaire tient finalement à cœur à notre société canadienne.

Au Nouveau-Brunswick, par contre, c’est le gel des frais de scolarité qui perdure. Le gel, applicable à la fois aux étudiants canadiens et internationaux, assure une certaine stabilité, mais requiert à l’Université de trouver des façons plus créatives afin de réduire leur déficit. Cependant, le gel des frais de scolarité n’est qu’une solution temporaire, et, bientôt, il nous faudra probablement faire face à d’autres augmentations de frais de scolarité, tandis que les frais additionnels (stationnement et nourriture) restent tout aussi élevés. Déjà, l’Association des étudiants et étudiants internationaux du centre universitaire de Moncton (AÉÉICUM) se prépare à l’éventualité d’une autre hausse pour les étudiants internationaux, qui, on se le rappelle, avait la dernière fois dépassé 11%.

La FÉÉCUM ainsi que plusieurs associations étudiantes au niveau de la province expriment encore leur mécontentement face à la hausse de frais de scolarité, et encourage les universités et le gouvernement à s’inspirer du modèle introduit à Terre-Neuve-et-Labrador.

Chez l’étudiant moyen, le sujet s’essouffle rapidement. Les frais de scolarité et les couts reliés à l’éducation postsecondaire augmentent et vont toujours augmenter. Pourquoi s’y opposer? Qu’est-ce que nous pouvons faire de plus pour empêcher d’avoir à payer davantage, quand nous ne sommes aucunement impliqués dans le processus de décision?

Cela revient finalement au principe de la chose – si on veut que les choses changent, il faut les dénoncer d’une façon ou d’une autre.

Considérez ceci comme votre point de départ.

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