Le recrutement: un effort progressif chez la FASS

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Parmi les éléments essentiels qui composent tout ce qui est une université, le recrutement d’étudiants porte une importance distinctive. Peu importe ses départements et sa taille, chaque faculté connaît ce défi et doit régulièrement investir des efforts pour le relever. Une part de la responsabilité tombe sur chaque membre du personnel et même certains étudiants.

Le défi de recrutement se dit plus lourd pour certains départements de la Faculté des arts et sciences sociales: notamment la géographie, la philosophie, l’art dramatique et l’art visuel, pour en nommer quelques-uns. Ces défis proviennent de différentes sources pour les différents départements qui nécessitent plus qu’une journée portes ouvertes pour administrer. Par contre, chacun de ces départements emploie de nombreuses initiatives afin d’inciter les étudiants à venir voir comment les programmes de l’Université de Moncton peuvent piquer leurs intérêts.

Méconnaissances et fausses conceptions des disciplines

Géographie

Dans le cas de la géographie, on retrouve parmi les étudiants une fausse conception de la discipline, ceux-ci l’associant à un ou deux cours qu’ils ont dû prendre au secondaire.

Guillaume Fortin, professeur du secteur de géographie, exprime ses déductions et son opinion sur le sujet:

« Je pense qu’il y a une méconnaissance de la discipline et aussi des possibilités d’emplois », dit-il.

Fortin explique que, malgré la dépendance variante des situations économiques et gouvernementales d’une province, l’aménagement du territoire est une sphère de travail où on recherche régulièrement des géographes en ce qui concerne des domaines de risques naturels d’inondation, pour ensuite faire la mise à jour des cartes de zones inondables en fonction des résultats. Fortin explique qu’une fausse conception qui ressort souvent au sujet de la géographie est l’idée qu’il s’agit tout simplement d’identifier une carte du monde et d’apprendre des capitales, des villes et des pays par cœur, alors que ceci n’est pas du tout le cas.

Il indique ensuite des phénomènes d’élévation des niveaux de marais et des glissements de terrain pour appuyer son point:

« C’est ça, la géographie. (…) Faire la délimitation des zones à risque, c’est un exemple concret de ce qu’on fait. On utilise aussi des outils de cartographie technologique. Ce n’est plus fait avec une plume », explique-t-il.

Certaines personnes ayant seulement suivi quelques cours de géographie au secondaire ne seraient pas nécessairement familières avec ces aspects de la discipline.

Philosophie

Pour des disciplines comme la philosophie, un problème qui surgit souvent lorsque les étudiants arrivent à l’université est qu’ils ne connaissent pas la discipline. Ceci a une forte influence sur le nombre d’inscriptions en spécialisation:

« On en a beaucoup en mineure et en majeure, mais on en a très peu en spécialisation. Il y a plusieurs raisons pour ça, mais une des raisons principales est que la discipline n’est pas connue. Elle n’est pas enseignée au secondaire, donc plusieurs étudiants peuvent même faire tout un bacc à l’université sans avoir fait de la philo. », exprime Marie-Noëlle Ryan, professeure du département de philosophie.

D’autre part, Paul Bernier, directeur du département de philosophie, explique la situation de masse critique de la province, disant que le rapport d’inscription en philosophie avec la population du Nouveau-Brunswick peut bien paraître petite, mais qu’elle équivaut environ à la même proportion que le nombre d’inscriptions en rapport à la population québécoise à l’Université de Montréal.

« C’est normal que la philosophie n’attire pas une majorité d’inscriptions. Les gens ne vont pas en philosophie comme ils vont en dentisterie, en optométrie, en médecine… Sauf que la philosophie existe comme discipline où les gens font carrière. Ils deviennent des grands philosophes et publient dans des livres à Oxford, mais ils ne sont pas beaucoup. C’est la même chose pour des disciplines comme la physique ou toute discipline très théorique », dit Bernier.

Professionnel, fondamental ou artistique?

En effet, on se rend compte que les disciplines fondamentales et artistiques n’attirent pas toujours le plus d’étudiants, puisque la promesse d’emploi n’est pas aussi claire ou directe que celle du domaine professionnel, où on travaille plutôt vers un type d’emploi précis.

Malgré ce fait, Lisa Roy, doyenne de la Faculté des arts et sciences sociales, précise que les disciplines fondamentales et artistiques servent aussi à former l’étudiant en un travailleur apte à se mettre à l’œuvre dans de multiples contextes, ayant de l’expérience sur de multiples frontières et capable de s’adapter en fonction de son lieu de travail.

« Le problème, c’est que faire des études en musique, par exemple, on pense que c’est automatiquement pour devenir interprète. (…) Un baccalauréat en art dramatique ne veut pas nécessairement dire que tu gagneras ta vie comme un comédien ou un acteur professionnel, mais tu vas probablement gagner ta vie comme un professionnel du théâtre, qui veut dire que beaucoup d’emplois connexes au théâtre sont disponibles sur le marché », explique-t-elle.

Roy note aussi que l’aspect d’une grande ouverture de carrière en bout de ligne des disciplines fondamentales et artistiques est parfois ignoré par les étudiants. Ceci ne dénigre aucunement le domaine professionnel, mais le choix entre les trois disciplines doit revenir au type de parcours ou aux types de carrières dont l’étudiant souhaite ouvrir ses portes.

Initiatives

Du côté plus actif de l’affaire, chaque département a sa propre méthode de promotion pour faire mieux connaître leurs disciplines. Le département de philosophie parle de développer une mineure en éthique appliquée, domaine de philosophie croissant pour lequel on ressent beaucoup d’intérêt.

Le secteur de géographie, lui, vient tout juste de produire un nouveau dépliant informatif intitulé « Les défis d’un monde qui change vite » afin de susciter l’intérêt pour l’essentiel de la discipline plutôt que pour son nom.

Jacques Arseneault, directeur du département d’arts visuels, indique que des efforts sont en voie de développement pour créer une mineure en arts visuels, en plus d’un programme multidisciplinaire comprenant les disciplines artistiques, telles que l’art visuel, l’art dramatique et la musique.

Certes, plusieurs départements de la faculté des arts et sciences sociales manquent d’inscriptions, mais on peut doublement s’assurer que le travail investi dans l’amélioration, le développement et l’épanouissement des multiples qualités croissantes des disciplines fonctionne à pleine vapeur.

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