Le voyage humanitaire à Haïti: un défi pour les étudiants, une aide essentielle pour les Haïtiens

par Mathieu Plourde Turcotte

En mars aura lieu le 5e voyage à Haïti organisé par l’Université de Moncton. Ce voyage, organisé dans la petite ville de Port-Salut, à l’extrême Ouest de l’île, est une initiative exclusive à l’Université de Moncton. De nombreuses levées de fonds, ayant pour but d’acheter de l’équipement sportif pour les jeunes Haïtiens, sont organisées autour d’activités souvent sportives. Ces activités se feront au cours de l’automne et de l’hiver, jusqu’au but ultime : le voyage du 29 avril au 10 mai.

Il y aura approximativement 150 bénévoles qui assisteront à la préparation des différentes activités de financement, à la sensibilisation dans les écoles francophones du Nouveau-Brunswick, et à la mobilisation pour la fondation. La mission se résume en six points. Il s’agit d’apporter deux tonnes d’équipement sportif aux enfants de la place, et de faire la promotion de l’activité physique et de l’importance du jeu chez les jeunes comme outils de développement. Pour cette année en particulier, qui suit les événements qui ont en quelque sorte détruit le pays, la mission vise à organiser une clinique de santé dans la ville. Tant qu’à être rendus en ce lieu, il y aura le parrainage d’un tournoi de soccer pour les jeunes de huit écoles et pour l’équipe de soccer national des amputés. Il y aura aussi la visite d’orphelinats et d’hôpitaux.

Un grand apport aux bénévoles
En dehors de l’aide qu’apportera la mission, « le professeur conseillé, » Roger LeBlanc, qui dit en être à son 76e pays visité avec Haïti, cherche à sortir les Canadiens du Canada et à montrer ce que le véritable 99% vit. Ne cherchant surtout pas la confrontation, Roger Leblanc est parfaitement conscient du problème de sédentarité, qui n’est pas seulement un problème concernant la forme physique occidentale, mais bien une problématique due au fait de rester figés dans le Canada et sur le Canada ; problème qui pourrait se résoudre, à son avis, par ce type de voyage qui ouvrira certes les yeux des jeunes concernées sur la réalité haïtienne en particulier, mais aussi sur le fait que le Canada n’est pas le nombril du monde. Le fait que le voyage a permis d’ouvrir les yeux et de relativiser les problèmes locaux a même été confirmé par Fanie Doucet, une des quelques étudiantes à refaire le voyage cette année qui dit avoir vu plusieurs sourires malgré la misère et que cela avait en quelque sorte changé la façon dont elle voit le monde.

Pour entrer dans l’aventure, les étudiants ont besoins d’organiser deux levées de fonds.

Roger LeBlanc essaie d’avoir de l’implication du plus grand nombre de programmes possible et d’une diversité dans la provenance des bénévoles. Ce qui lui faisait dire avec fierté que cette année l’offre de bénévoles étudiants internationaux s’est diversifié de provenance, car dit-il, le publique et les internationaux eux-mêmes avaient tendance à associer « aide donner à Haïti » à « donner par les étudiants internationaux haïtiens eux-mêmes. » Dans le but de faire participer tout le monde, il n’y a que peu d’étudiants adjugés à faire des levées de fonds pour plus d’une année. La prochaine activité sera un tournoi de soccer avec 8 équipes d’un nombre de joueurs illimité qui aura lieu à l’école Mathieu-Martin de Dieppe. Le don minimum est de 20$. L’activité est organisée par Frédéric Lanteigne.

Pour ceux qui aimeraient donner un coup de main pour les activités, les étudiants qui organisent les activités sont toujours à la recherche de bénévoles. Pour donner votre nom comme bénévole pour une activité de financement, il est conseillé de parler à Valérie Sonier. Son adresse : evs7574@umoncton.

Pourquoi Haïti ? Quel est le lien qui unit Haïti et Acadie ?
Quel est le lien qui unit Haïti et Acadie, en dehors du fait que le français est la langue commune et qu’ils ont besoin d’aide ? Ce sont déjà deux bons liens qui motivent, mais des fois, ça en prend plus. Donc, la devise est la même pour tous les deux : « l’union fait la force ». Certains Acadiens auraient été déportés à Haïti lors du grand dérangement; l’ancienne gouverneure générale du Canada d’origine haïtienne, Michael Jean, aurait même une grand-mère portant le nom de Leblanc. La mer hispano-anglophone qui les entoure n’est pas sans rappeler l’océan anglophone qui entoure l’Acadie. Ce sont tous des éléments qui obligent la solidarité.

Un organisme fiable
Pour la partie internationale de Right To Play, et donc indépendante de la coordination du voyage à Haïti, la politique de la fondation veut que 8 % des dons vont à l’administration. Il s’agit d’un organisme qui a son siège social à Toronto et qui amasse des fonds pour desservir approximativement 688 000 enfants, répartis présentement dans 20 pays situés, entre autres, en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient. Pour tout doute sur la possibilité que certains équipements ne se rendent pas à certaines destinations : évidemment, dans le cas de l’aide de ce voyage à Haïti, aucun doute possible puisque les étudiants se rendent sur place et remettent eux-mêmes l’équipement. Dans le cas de l’organisme international, un rapport annuel indiquant les dépenses est rendu public chaque année. Le rapport est disponible sur le site internet http://www.righttoplay.com/. La mission de Right To Play à l’international utilise un acrostiche (les premières lettres de chaque mot) pour refléter ses valeurs : co-operation, hope, integrity, leadership, dedication, respect, enthusiasm, nurture, pour former le mot « children ». Pour toute question ou commentaire : RTP@umoncton.ca.

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