L’éducation post-secondaire : droit ou privilège, ça coûte cher

par Rémi Frenette

Si l’éducation est bel et bien un droit, c’est un droit qui commence à coûter pas mal cher aux Acadiens.

On parle d’une augmentation annuelle de $200 par étudiant à temps plein maintenue sur une période de cinq ans. Aussi, la contribution parentale est officiellement réinstaurée dans le calcul du prêt étudiant. Elle y restera indéfiniment ou jusqu’à ce que le gouvernement décide de l’éliminer. C’est précisément ce qu’avait fait le parti précédent, les libéraux de Shawn Graham, le même parti responsable pour le gel des frais de scolarité des trois dernières années.

Le 22 mars dernier, le ministre des Finances du gouvernement Alward, Blaine Higgs, annonçait le budget provincial pour l’année 2011-2012. Cette même journée, Canadian Broadcasting Centre (CBC) nous rapportait les propos du ministre : « Les frais d’admission n’ont pas augmenté dans les derniers trois ans pour les universités et dans les derniers cinq ans pour les collèges. Notre gouvernement instaurera donc une modeste augmentation de $200 par étudiant universitaires et collégiaux à temps plein. »

Higgs confirmait du même coup le retour de la contribution parentale. Les conservateurs estiment que cet ajustement leur permettra d’épargner $1.6 millions annuellement. Le problème qu’ont dénoncé plusieurs médias le mois dernier, c’est que plus les parents de l’étudiant ont un revenu élevé, plus il devient difficile pour l’étudiant de toucher à un prêt suffisant – ou, dans certains cas, à un prêt tout court. Ainsi pour plusieurs, le retour de la contribution parentale constitue une sérieuse entrave à l’accès aux études postsecondaires.

Selon Ghislain LeBlanc, président du comité exécutif de la Fédération des étudiantes et étudiants du centre universitaire de Moncton (FÉÉCUM), les gens doivent réaliser que le pire reste à venir : « Le gouvernement ne va pas payer pour ce 4%. C’est donc l’argent des étudiants qui devra couvrir le reste. Avec le retour de la contribution parentale, ce sont les familles surtout qui devront payer. » Il rajoute qu’« en éducation, le primaire et le secondaire, ce sont des vaches sacrées : on ne coupe pas dans ces secteurs-là. Si le gouvernement a essayé de couper dans le budget des écoles cet été, imagine le traitement qu’il accordera aux universités. »

Selon la FÉÉCUM, la hausse de 4% s’avère toutefois nécessaire : « Dans le gros plan, pendant les prochain quatre ans, soit la qualité descend, soit les frais de scolarité montent », de dire Ghislain LeBlanc. Le problème réside selon lui dans le fait que ce soient les étudiants et leurs familles qui devront couvrir la hausse.

Ce dernier encourage par ailleurs la population acadienne à s’inspirer des événements récents au Québec : « Au Québec, les étudiants « pètent une coche » parce que leur gouvernement veut augmenter leurs frais d’admission et ils ne sont endettés en moyenne qu’à $14 000 après un baccalauréat de trois ans. Ici, à l’Université de Moncton, la moyenne se trouve à près de $34 000 pour un baccalauréat de quatre ans. Pourtant, on n’en entend pas parler plus que ça. » Ghislain LeBlanc estime que l’organisation et l’énergie militante des étudiants québécois devraient servir de modèle à ceux du centre universitaire de Moncton.

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