Faible budget, manque de services et compressions: les défis de la Faculté de Droit

Le doyen montrait les réalités de la Faculté de droit aux étudiants, le 11 janvier dernier. La présentation peut être consultée ci-dessous. Photo Samuel LeGresley

Manque de fonds, coupes budgétaires, retard par rapport aux autres écoles au Canada, voilà quelques problèmes auxquels fait face la Faculté de droit aujourd’hui, malgré la situation relativement positive des inscriptions. Pour informer et consulter les étudiants sur des solutions potentielles, un processus de consultation a été lancé cette semaine par la Faculté.

À Fredericton, l’Université du Nouveau-Brunswick lancera son propre service de clinique juridique cette année, faisant de l’Université de Moncton la dernière école de Common Law au Canada à ne pas offrir d’avis juridique*. Ce constat inquiète le doyen de la Faculté de droit, Fernand De Varennes. « Ces services de base existent dans toutes les autres facultés de droit au Canada, sauf à Moncton », note-t-il, mentionnant aussi l’absence de services de placement dans les cabinets d’avocats.

Toutefois, affichant un budget annuel particulièrement faible, la faculté de droit de l’Université de Moncton est loin de pouvoir mettre en place de tels services. Quand le budget annuel du droit à l’UNB (Fredericton) est de 3 289 669 $, Moncton dispose seulement de 1 976 166 $*.

Le doyen de la Faculté de droit, Fernand De Varennes. Photo Samuel LeGresley

Face à des coupures, une hausse des frais afférents ?

« Il y a très peu de secteurs où on peut couper en ce moment. Notre programme de Juris Doctor, c’est un programme de base », explique Fernand De Varennes. Selon lui, la Faculté de droit ne peut plus couper dans le gras. « Je n’envisage pas qu’on puisse continuer dans cette veine, on est vraiment près de la peau et des os », explique-t-il.

En effet, dans sa présentation du 11 janvier, il expliquait la situation particulière de la bibliothèque de Droit, qui est menacée par des compressions malgré son budget faible par rapport aux autres facultés*. Pour pallier ce manque et rattraper les autres écoles, des frais afférents frôlant les 1 000 $ sont envisagés pour les étudiants en Droit, ce qui servirait notamment à mettre en place une clinique juridique.

«Il faut que j’aie une indication des étudiants, une fois qu’ils ont compris la situation. Veulent-ils continuer dans cette voie-là, ou veulent-ils changer quelque chose? Si oui, commençons à voir ce qui est possible, tout en respectant notre mission d’accessibilité. » En rencontrant les étudiants, le doyen espère les informer sur les problèmes auxquels fait face la faculté, tout en la comparant aux autres écoles de Common Law au pays. Parmi celles-ci, Moncton est de loin la moins chère, avec ses frais annuels de 5 718 $. La prochaine serait l’Université Victoria, à 9 393 $*.

Notant toutefois la situation positive des inscriptions, Fernand De Varennes croit que du travail reste à faire pour que la Faculté de droit s’adapte au reste du Canada. « On ne pourra sûrement pas maintenir notre réussite au niveau des inscriptions et des taux de placement, à moins qu’on s’adapte à l’environnement changeant de la profession. » Il note que le programme de Juris Doctor n’a pas changé de façon significative depuis les 40 dernières années, malgré l’évolution rapide de la profession. « La clinique juridique, le service de placement, ce sont des développements au cours des 20 dernières années. Nous, on n’y a pas réagi. »

Vu la mission d’accessibilité de l’Université de Moncton, le doyen espère pouvoir effectuer ces changements tout en demeurant accessible aux populations francophones hors Québec.

Réactions mitigées des étudiants

Pour l’instant, les étudiants n’ont pas adopté de position fixe sur le sujet. Patrick Turcot, président de l’Association des étudiantes et étudiants en Droit (AÉÉDUM), ne s’est pas prononcé officiellement sur ce débat. Une assemblée générale aura lieu dans quelques semaines, où les membres pourront exprimer leur avis, pour ensuite prendre position sur l’implémentation potentielle de frais afférents.

Quant à Roxann Guerrette, présidente de la Fédération étudiante de l’Université (FÉÉCUM), cette hausse est une augmentation directe du coût des études. « Je ne peux pas croire que des étudiants soient en faveur d’une augmentation de 17 % des frais de scolarité en 1 an », dit-elle. Selon elle, ces services sont essentiels et devraient être offerts aux étudiants. « Ce n’est pas aux étudiants à payer. Si les frais augmentent, il y aura une baisse d’inscriptions parce qu’il n’y a pas la qualité d’éducation par rapport aux autres universités », dit-elle.

Pour elle, l’Université va trop vite chercher le manque à gagner dans les poches des étudiants. « La solution serait d’être plus agressifs au niveau du gouvernement. », explique-t-elle. Elle aimerait aussi voir une implémentation tentative de la clinique juridique pour en étudier les effets, avant de procéder à des mesures permanentes.

*Ces informations sont tirées de la présentation faite par le doyen de la Faculté, le 11 janvier dernier. Consultez le diaporama original ci-dessous.

Présentation aux étudiants 2 11 janvier 2017
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