Les documents manquants de la FÉÉCUM

Par Anthony Doiron

Les associations étudiantes de l’Université de Moncton semblent avoir un sérieux problème quant à l’archivage de leurs documents légaux. C’est ce qui peut être constaté après une enquête menée par Le Front.

Le dimanche 8 septembre dernier, Le Front a effectué des demandes auprès des 13 associations étudiantes membres de la FÉÉCUM (Fédération des étudiantes et étudiants du Centre universitaire de Moncton), afin d’obtenir certains documents.

Par courriel, par médias sociaux, et par téléphone, trois documents leur ont été demandés : une copie de leur constitution, une copie de leur budget adopté pour l’année 2012-2013 ainsi qu’une copie du procès-verbal de leur dernière assemblée générale annuelle.

Un délai de deux semaines leur a été accordé afin de fournir ces documents.

Bien que presque toutes les associations aient acquiescé à notre demande, beaucoup d’entre elles n’ont pas été en mesure de trouver et de fournir toute la documentation demandée. Les résultats de cette enquête ont ensuite été comptabilisés.

Les trois documents

Des 13 membres ayant droit de vote au conseil d’administration de la FÉÉCUM, seule l’AÉACUM (Association étudiante des arts du Centre universitaire de Moncton) a été en mesure de nous fournir le procès-verbal de leur dernière assemblée générale annuelle.

Deux associations ont fourni leur budget adopté de l’année précédente, soient l’AEFSUM (l’Association étudiante de la faculté des Sciences de l’Université de Moncton) et l’AÉACUM.

Quant à leurs constitutions, sept associations nous en ont fourni une copie.

Les bourses

Dans la majorité des cas, Le Front n’a reçu que les paroles des élus afin d’établir le montant des bourses attribuées. Faute d’avoir en mains les budgets de l’année précédente, il nous est donc impossible de corroborer les informations reçues.

Seulement trois associations auraient attribué des bourses à leurs élus pour l’année 2012-2013. Dans le cas de l’AÉÉSÉUM (l’Association des étudiantes et étudiants de la faculté des Sciences de l’éducation de l’Université de Moncton), le montant des bourses accordées aux élus aurait totalisé 57, 5% de la péréquation attribuée par la FÉÉCUM pour l’année 2012-2013.

Un refus inexpliqué

L’AÉFAUM (Association étudiante de la faculté d’Administration de l’Université de Moncton), qui a reçu 17 369, 50$ en péréquation, soit le plus gros montant accordé par la FÉÉCUM pour l’année 2012- 2013, a catégoriquement refusé de nous transmettre la documentation demandée. La présidente, Frida Misago, a aussi refusé d’expliquer les raisons derrière ce refus.

Aucune réponse

Quant à l’AÉÉGUM (Association des étudiantes et étudiants en Génie de l’Université de Moncton), les membres de l’association n’ont jamais répondu à nos courriels. Le nombre d’élus a pu être déterminé selon l’information disponible sur le site Web de la FÉÉCUM.

Des résultats qui inquiètent

Pour la plupart, les associations nous ont avoué n’avoir jamais reçu la documentation manquante de leurs prédécesseurs. C’est le cas de l’AÉÉSUM (Association des étudiants et étudiantes des Sciences sociales de l’Université de Moncton), aux dires du vice-président finances, Pierre-Luc Haché.

« D’après moi c’est juste un manque de responsabilité des autres conseils. On a regardé dans les cabinets pour les budgets, les changements notés à la constitution, les rapports financiers… mais on n’a rien trouvé. Faut croire qu’ils n’ont pas rangé ça où ça devait aller. On n’a aucune idée où sont ces documents là », dit-il.

Le président de la FÉÉCUM, Kevin Arseneau, s’avoue inquiet des résultats de cette enquête.

« Ce que je peux constater en regardant cette information-là, c’est [qu’il n’y a] presqu’aucune association étudiante qui soit protégée contre une fraude comme c’est arrivé aux Arts ».

Rappelons que l’AÉACUM s’est retrouvée aux prises avec une affaire gênante en 2012, alors que leur président au moment des faits, Louis-Philippe Roussel, a avoué avoir contrefait des signatures sur plus d’une trentaine de chèques totalisant près de 15 000 $.

Kevin Arseneau souligne que l’exécutif de la FÉÉCUM n’a aucun droit de s’ingérer dans la gestion des associations qui composent la fédération étudiante, mais espère que ces derniers prendront les mesures nécessaires pour se protéger avant qu’une telle histoire ne se reproduise.

Documents manquants

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