Les jeunes craignent les hausses des frais de scolarité à l’Université de Moncton

Des militants scandent « Non à la hausse! » lors d’une manifestation à l’Assemblée législative en avril 2016. Photo: Samuel LeGresley/LeFront

Qu’adviendra-t-il des frais de scolarité à l’Université de Moncton en 2019-2020 ? C’est la question que posent deux organismes qui représentent les intérêts des étudiants et des élèves du Nouveau-Brunswick. Après une proposition de hausse des coûts d’inscriptions controversés à l’Université du Nouveau-Brunswick, le scénario pourrait se reproduire à Moncton et ses autres campus.

Par voie de communiqué en début d’après-midi, la Fédération des étudiantes et des étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) et la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB) se sont associées afin de demander à l’Université de Moncton ses plans en vue d’une augmentation possible des frais de scolarité pour l’année universitaire 2019-2020.

 

« Tous nos signaux d’alarme sont au rouge »

Alexandre Cédric Doucet, président de la FÉÉCUM Photo archives/Le Front

Le président de la FÉÉCUM, Alexandre Cédric Doucet, déplore le manque d’informations de l’Université de Moncton à ce sujet. Par communiqué, il indique être aux aguets depuis la réception des documents confidentiels en vue de la rencontre du Conseil des gouverneurs de samedi.

« Tous nos signaux d’alarme sont au rouge, ayant reçu les documents confidentiels du prochain budget, qui seront adoptés samedi, il y a plusieurs points qui sont très alarmants et qui semblent pousser l’Université́ de Moncton dans la même direction que UNB. »

–          Alexandre Cédric Doucet, président de la FÉÉCUM.

Pour la FJFNB, la situation est « alarmante ». Les membres de l’organisme, au nombre de 8700 entre la 9e et la 12e année, sont les étudiants qui seront touchés par cette possible hausse massive à partir de 2019.

« C’est certain que c’est inquiétant pour nos membres, car une telle augmentation engendrerait des défis quant à l’accessibilité aux études universitaires en français au Nouveau-Brunswick. »

– Sue Duguay, présidente de la FJFNB.

Ce n’est pas seulement une préoccupation de la présidente de l’organisme. Lors de la dernière assemblée générale annuelle, les élèves ont voté une proposition qui abonde dans le même sens que la FÉÉCUM.

 

Le doute plane depuis décembre

En janvier, l’Université de Moncton a officialisé son protocole d’entente avec le gouvernement provincial. La signature permet à l’établissement postsecondaire de recevoir 15 millions de dollars sur quatre ans de Fredericton.

Selon le document, la hausse est plafonnée à 2 % pour la prochaine année universitaire et pour la durée des études des étudiants actuellement inscrits. L’Université de Moncton se réserve le droit d’ajuster les frais pour les années suivantes aux nouvelles inscriptions.

En décembre, le vice-recteur à l’administration et aux ressources humaines de l’Université de Moncton, Edgar Robichaud, a mentionné des détails concernant la nouvelle entente pluriannuelle entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et l’établissement post-secondaire à la rencontre du 9 décembre du Conseil des gouverneurs.

Ces détails comprenaient l’imposition maximale des augmentations pour les quatre prochaines années pour les frais de scolarité à l’Université de Moncton.

 

Augmentation possible pour les prochaines années

2018-2019 : +2 %

2019-2020 : +2 %

2020-2021 : +5 %

2021-2022 : +5 %

 

Depuis janvier, impossible de connaître les intentions de l’administration face à ces augmentations, ni même si elles ont changé.

 

Sous-financement : un problème de longue date

Les subventions de fonctionnement des universités n’augmenteront que de 1 % par année pendant les trois premières années, puis de 2 % en 2020-2021, selon l’entente pluriannuelle. L’Université de Moncton dénonce le sous-financement depuis des années.

En 2015, les déboires de l’Université de Moncton débutaient. Le gouvernement provincial imposait un gel aux hausses des droits de scolarité, coupant une source de revenus essentielle, entrainant l’Université de Moncton en déficit de plus d’un million de dollars.

La FÉÉCUM co-signait à l’époque une lettre avec l’administration et l’association des professeurs pour demander un meilleur financement aux universités.

 

Des actions réclamées d’ici samedi

La FÉÉCUM et la FJFNB veulent des réponses de l’Université de Moncton d’ici samedi. Elle affirme que si l’Université de Moncton demeure « muette », ils devront en venir à la conclusion que les frais gonfleront pour les nouveaux étudiants.

Suite à nos demandes d’informations, Le Front a reçu une réponse de l’Université de Moncton en fin d’après-midi. Selon le courriel, le Conseil des gouverneurs « ne traitera pas de la question des droits de scolarité pour 2019-2020 lors de sa réunion du 14 avril 2018. »

À propos
Journaliste CKUM
Anthony Azard est journaliste pour la radio communautaire CKUM. Récipiendaire du prix Méridia pour sa couverture des sports universitaires en 2018, il est en deuxième année du programme d’Information-communication. Il anime Le Point, couvre l’actualité du sud-est et de la province pour l’ARCANB. Il a aussi été collaborateur occasionnel à l’émission « La Route des 20 » sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première.
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