L’esprit entrepreneurial s’invite dans nos classes

Jean Freddy Bobo lors de la remise du certificat d'excellence pour avoir obtenu la meilleure moyenne dans son domaine. Photo contribution

Jean Freddy Bobo lors de la remise du certificat d’excellence pour avoir obtenu la meilleure moyenne dans son domaine. Photo contribution

C’est dans l’optique de rendre l’entrepreneuriat plus accessible aux étudiants que Jean Freddy Bobo, diplômé de l’Université de Moncton en 2015 avec un baccalauréat en Système d’Information, a décidé d’apporter l’entrepreneuriat dans les cours. Pour lui, les cours d’entrepreneuriat pourraient et devraient s’intégrer au parcours académique des étudiants.

C’est pourquoi il a soumis une demande à la faculté d’Administration afin d’intégrer des cours obligatoires en entrepreneuriat à l’Université de Moncton, avec une possibilité d’option pour les autres disciplines.

Un constat amer

De par le constat de Jean Freddy, l’université « ne donne pas assez de chance aux jeunes d’exprimer leurs idées, de développer leurs habiletés et surtout, de concrétiser leurs rêves », dans un contexte où « on va plus vers les entrepreneurs que les gestionnaires ou les administrateurs ». L’entrepreneuriat se définit comme une expression de liberté caractérisée par l’autonomie financière et la volonté de contribuer à l’effort de la société. Ainsi, n’est pas entrepreneur seulement celui qui créé, mais aussi celui qui améliore l’existant. Freddy Bobo se définit lui aussi comme « un entrepreneur social » de par sa volonté de changer les choses.

Il remarque aussi que la société anglophone est plus en avance que la société francophone sur la question de l’entrepreneuriat. En effet, la plupart des universités de langue anglaise donnent accès à ce genre de formation et même certaines universités francophones, comme celle de Laval, offre un cours sur comment entreprendre en Afrique.

« J’aimerais donner la chance aux étudiants d’aller vers leurs idéaux, certains sont sortis de l’université non pas pour travailler pour quelqu’un, mais pour créer leur propre job et créer des emplois. » ajoute-t-il.

Une intégration multi-échelle

Le projet s’inscrit sur une logique en deux temps. Dans un premier temps, il consiste à intégrer un nouveau cours d’entrepreneuriat obligatoire pour les étudiants de deuxième ou de troisième année de la Faculté d’administration. En lieu et place d’un nouveau cours, ce dernier peut résulter d’une réforme du cours d’entrepreneuriat ADMN2020. Dans un second temps, il serait injuste de ne pas inclure les autres facultés. L’offre de ce nouveau cours en option, au travers de la faculté d’administration, aux étudiants des autres facultés. Le souhait serait qu’à long terme, tous les étudiants qui passent par l’université aient eu au moins un cours d’entrepreneuriat.

Franck Ivan Séka, étudiant en quatrième année en management estime que « le cours d’entrepreneuriat offre les notions de base qui permettent de mener à bien ses projets d’entreprise. Ils sont donc très utiles pour ceux qui veulent se lancer en affaire ». Même si la création d’une entreprise ne nécessite pas forcément d’avoir des bases théoriques, celles-ci prennent toute leur importance pour donner plus de crédibilité au projet, notamment pour bénéficier d’un financement externe. Encore plus important, ces bases théoriques en entrepreneuriat permettent de mieux cadrer l’idée ou les objectifs à atteindre. Il ajoute qu’il « est vraiment important de pouvoir converger les pratiques et théories entrepreneuriales qu’offrent ces cours afin d’avancer vers le succès.»

Une ligne directrice

Chose nouvelle cette année, on assiste à la création d’un bon nombre de programmes pour susciter l’esprit entrepreneurial : 3+ Corporation à l’échelle de la ville, Eveil PME à l’échelle provinciale. À l’échelle universitaire, on retrouve le programme de mentorat du CARDE qui est dans ses prémisses. Le projet a d’ores et a déjà été soumis au doyen de la faculté d’administration, et a aussi été soumis comme correspondance au sénat académique à l’intention du recteur pour juger de sa faisabilité.

Author Details
Un passionné d’informatique pris d’un amour fou pour l’écriture. A travers les mots, on peut éduquer.
Partagez!