Lettre de la part de l’AÉÉSSUM

Par le conseil exécutif de l’AÉÉSSUM

Cette lettre a pour but de faire un retour sur un article paru dans le Front le 20 octobre dernier intitulé « Conseils étudiants: des documents introuvables ». Nous jugeons pertinent de revenir sur certains passages de cet article qui nous semble inexact ainsi que sur certaines omissions. Le ton très autoritaire employé dans la demande originale n’a certainement pas aidé non plus à créer un esprit de collaboration entre le Front et les associations étudiantes. Si le journaliste avait opté pour une approche plus diplomatique, la collaboration avec les Conseils aurait certainement été meilleure.

Nous nous expliquons mal la pertinence de cet article qui semble avoir pour but de semer la discorde et par conséquent, de miner l’intérêt envers l’engagement étudiant. Des affirmations inexactes ont porté atteinte à la réputation de certaines associations étudiantes. Dans un contexte où il est difficile de recruter des gens pour s’engager dans la vie étudiante, des initiatives comme celle-ci n’aident pas.

L’affirmation qu’« aucun des 13 conseils membres de la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) n’a été en mesure de fournir tous les documents demandés » est inexacte. Il est à noter que le Conseil des Sciences sociales avait fixé une rencontre avec le journaliste responsable de l’enquête pour lui remettre tous les documents demandés en main propre et celui-ci n’est jamais venu au rendez-vous. Il omet cependant ce détail dans l’article. Le budget de l’année dernière, que le Front dit ne pas avoir pu obtenir, était et est toujours disponible. De plus, si le journaliste avait une copie du budget de cette année en main, il aurait très bien pu constater qu’aucune ligne budgétaire n’est consacrée à des bourses.

Avant de publier un article qui peut avoir d’importantes répercussions sur la réputation d’associations étudiantes gérées par des bénévoles, un travail d’enquête mieux soutenu aurait été nécessaire. Cependant, il va de soi que cette réponse ne vise pas à minimiser l’importance de la transparence au niveau des Conseils étudiants. Il est certain que les documents légaux devraient toujours être disponibles pour consultation aux étudiants qui en font la demande à leurs représentants et nous encourageons tous les élus à tenir leurs affaires en ordre. Nous soutenons simplement que l’article paru dans le Front n’était pas la bonne façon d’aborder cet enjeu et que l’honnêteté devrait toujours être primordiale dans les articles d’un journal étudiant.

Conseil exécutif de L’AÉÉSSUM (association des étudiants et étudiantes en Sciences sociales de l’Université de Moncton)
Alex Lord-Giroux, président
Guillaume Deschênes-Thériault, vp externe
Alexandre Cédric Doucet, vp social
Nicolette Belliveau, vp administrative Marie-Hélène Chapdelaine Gauvin, vp finances Nicolas Richard, vp académique

 

NDLR – Réponse de la part du Front

Dans l’édition papier du 21 octobre 2015, en page 2, Le Front a publié une enquête sur l’archivage des documents légaux et financiers des conseils membres de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM).

Le journaliste a contacté chaque conseil étudiant ayant un droit de vote au sein du conseil d’administration de la FÉÉCUM pour leur demander trois documents, soit une copie de leur constitution, du procès-verbal de leur dernière assemblée générale annuelle, et du budget provisoire pour l’année à venir.

L’objectif de cette enquête était de voir s’il y avait eu amélioration au sein des conseils quant aux résultats d’une enquête similaire conduite et réalisée par Le Front en 2013.

Il est important de comprendre que chacun de ces conseils reçoit un paiement de péréquation de la FÉÉCUM, c’est-à-dire, un montant d’argent provenant de la cotisation de tous les étudiants membres. Les élus ont non seulement la responsabilité de justifier leur gestion du portefeuille des étudiants, mais aussi les décisions qu’ils prennent. Les documents demandés par le journaliste permettent non seulement aux conseils étudiants de se dire redevables et transparents envers la communauté étudiante, mais permet également au public de faire constat de la façon dont leurs fonds étudiants sont gérés.

Voilà maintenant que, un peu plus d’un mois après la publication de l’article en question, les élus du conseil exécutif de l’AÉÉSSUM (l’Association des étudiants et étudiantes en Sciences sociales de l’Université de Moncton) ont signé une lettre ouverte en réponse à notre enquête. Ceux-ci s’attaquent au travail du journaliste en critiquant sa démarche, son ton, et la publication même de l’enquête, sous prétexte qu’elle mine « l’intérêt envers l’engagement étudiant ».

Ils reprochent au Front d’avoir délibérément cherché à « semer la discorde ».

Nous rejetons ces accusations.

Les faits sont les suivants : dans le délai de deux semaines accordé à chaque conseil étudiant, aucun conseil n’a été en mesure de fournir toute la documentation demandée. Nous parlons ici de documents devant être à portée de main, nécessaires pour tenir compte de l’historique des décisions des élus. Ils sont également utiles pour tenir à l’œil et prévenir des cas de fraude et d’abus.

Ce que nous constatons de la publication de cette lettre ouverte, et qui est particulièrement inquiétant, c’est que ces élus semblent plus soucieux de l’image et la réputation de leurs conseils respectifs que d’agir face à la problématique soulevée par l’enquête du Front.

Rappelons qu’il est de la mission des journalistes de s’assurer que notre démocratie est en santé, notamment en posant des questions gênantes aux élus, en exigeant des réponses, en soulignant des situations problématiques d’intérêt public, tout en rapportant les faits aux électeurs.

Nous déplorons cette tentative de discréditer notre enquête et appuyons le travail de notre journaliste. Il est impératif que les conseils concernés passent à l’action, qu’ils reconnaissent les faits auxquels ils font face, et qu’ils agissent en conséquence. Il en va du bien être de nos conseils étudiants.

Marie-Pier Cyr, rédactrice-en-chef du Front

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