Malgré les coupes budgétaires, la bibliothèque Champlain s’adapte au numérique

La bibliothèque Champlain réussit quand même à rendre disponibles les ressources digitales, malgré une réduction de l’effectif. Photo : Maxime Dubé, Le Front

Avec des effectifs de plus en plus réduits, la bibliothèque Champlain doit tout de même s’adapter aux attentes de la nouvelle génération, née dans l’ère numérique. Cette année, octobre est le mois des « bibliothèques branchées » au Canada. Est-ce que notre bibliothèque réussit à surmonter les défis des nouvelles technologies?

Octobre est le mois choisi par l’Association canadienne des bibliothèques pour souligner l’importance de ces institutions. Cette année, le thème porte sur les « bibliothèques branchées ».

Toutes les bibliothèques ont dû répondre aux changements technologiques, dont celle de l’Université de Moncton.

Au centre du plan stratégique de 2015-2020 de l’Université, la bibliothèque s’est engagée à revoir ses services pour répondre aux besoins des usagers en matière de technologie.

Pourtant, il ne reste que 32 employés des 37 présents en 2012. Réussit-elle tenir le coup malgré les coupes budgétaires?

Adaptation des infrastructures

En raison du besoin de rénovation plus urgente dans d’autres infrastructures de l’Université, la bibliothèque n’a pas reçu les fonds nécessaires pour adapter les siennes au numérique.

Elle a tout de même réussi à faire l’achat de deux imprimantes-scanneurs, un service en forte demande.

La Fédération étudiante (FÉÉCUM), quant à elle, a contribué à y aménager de nouvelles prises électriques au premier étage, dans le cadre du budget participatif de 2016.

L’un des cinq grands plans de la campagne de financement « Évolution », à base de dons, prévoit un fonds pour la modernisation des installations. La campagne philanthropique a atteint le seuil du 50 % ce mois-ci.

Des ressources digitales à profusion

Les habitudes des étudiants changent rapidement.

L’an dernier, l’utilisation des ressources électroniques a augmenté de 7%, l’utilisation des documents imprimés a diminué de 19% et le nombre de visites sur le site web a augmenté de 5%.

Cette tendance se maintient, si on observe les données des années précédentes

En réponse à ce changement d’habitudes, la bibliothèque achète maintenant dix fois plus en abonnements électroniques à des publications qu’à des abonnements imprimés.

Plus de questions, mais moins de personnel

Avec cinq employés de moins qu’en 2012, le personnel restant fait face à plus de demandes au service à la clientèle.

Depuis 2012, les questions sur les références ont augmenté de 36 %, quant à 31 % pour l’assistance informatique.

Selon Hector Alvarez, Chef des Services publics de la Bibliothèque Champlain, la charge des employés restants n’a pas forcément augmenté. C’est plutôt la nature de leurs services qui a changé.

« En fait, nous vivons avec les conséquences de l’application des nouvelles technologies, il y a pas mal de choses qui ont été automatisées et qui sont plus faciles maintenant. »

– Hector Alvarez, Chef des Services publics de la bibliothèque Champlain

Hector Alvarez, Chef des Services publics de la bibliothèque Champlain. Photo : Maxime Dubé, Le Front

C’est plutôt l’adaptation du service au numérique qui amène une augmentation de ces types de demandes. La bibliothèque a d’ailleurs cessé de faire des formations d’introduction à l’informatique.

« Avec la nouvelle génération qui est née dans ces technologies, il n’est plus nécessaire de faire [des formations en informatique] puisque les étudiants sont déjà très habiles avec celles-ci. L’augmentation de ces services serait plutôt due par des problèmes informatiques et par un désir plus grand d’approfondissement de certains sujets qui parfois peut être un peu difficile dans les bases de données. »

– Hector Alvarez, Chef des Services publics de la Bibliothèque Champlain

Il ajoute que l’augmentation de l’assistance informatique est en partie causée par les étudiants internationaux.

« La formation des étudiants internationaux est différente de celle des Acadiens et peut être moins adaptée aux nouvelles technologies. Donc, en raison de l’arrêt des sessions d’information, les étudiants internationaux vont plutôt se renseigner sur l’utilisation des nouvelles technologies par l’entremise de l’assistance informatique. »

– Hector Alvarez, Chef des Services publics de la bibliothèque Champlain

Il assure donc que la charge de travail n’a pas augmenté, le service est tout simplement différent.

Au milieu des contraintes budgétaires, Hector Alvarez est donc persuadé que la bibliothèque pourra s’adapter aux nouvelles technologies.

Author Details
Pigiste

Maxime est diplômé en Science politique à l’Université de Moncton et entreprend présentement un deuxième baccalauréat en information-communication. Il est fortement impliqué dans les causes de justice sociale telles que la pauvreté et la communauté LGBTQ+.

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