May Day : Les membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses de la poste (STTP) dénoncent le silence qui leur est imposé

par Anthony Doiron

Près d’une cinquantaine de manifestants se sont réuni devant l’Hôtel de Ville de Moncton ce mardi premier mai, jour de la fête des Travailleurs. Jeunes et moins jeunes étaient présents en solidarité avec le STTP, dénonçant les mesures qu’ils qualifient d’austères prises par le gouvernement Harper. Des slogans houleux à l’endroit du gouvernement fédéral pouvaient être lus et entendus. La manifestation s’est ensuite dirigée vers le bureau du député Moncton-Riverview-Dieppe, Robert Goguen.

« On est ici aujourd’hui pour démontrer à monsieur Harper que nous en avons fini avec ses menaces et ses façons de faire les choses. On est ici pour affirmer notre droit de négocier » explique Line Doucet, présidente du STTP de la région de Moncton. « Faire une loi de retour au travail et nous nier notre droit de négociation, c’est s’agenouiller devant les grandes corporations. On est ici pour les travailleurs et travailleuses ».

Rappelons-nous le projet de loi C-6 mis de l’avant par le gouvernement Harper au début de l’été 2011. Les employés de Poste Canada ayant décrété le lock-out le 16 juin, cette loi eut pour effet de forcer leur retour au travail sans qu’un accord mutuel avec le gouvernement ait été atteint. Ce projet de loi spécial fut déposé le 20 juin ensuite être sanctionné le 26 juin, soit 6 jours plus tard.

« On veut transmettre le message à monsieur Goguen afin qu’il puisse le retransmettre à monsieur Harper. Le congé de maternité, les semaines de 5 jours et les journées de huit heures, ce sont tous des droits qui ont été obtenus au travers de négociations; il ne faut pas l’oublier », dit madame Doucet.

Simon Ouellette était lui aussi présent sur les lieux. Tout juste diplômé de l’Université de Moncton, il estime que c’est une situation qui concerne autant les travailleurs que les étudiants.

« Les emplois syndiqués augmentent le salaire général de tous les travailleurs. Ce sont de bons emplois, surtout ceux dans la fonction publique, nécessitant bien souvent une formation universitaire, qui sont menacés par ces mesures », dit-il. « Si le gouvernement peut se permettre d’enlever ce droit fondamental qu’est le droit de grève à un certain groupe, qu’est-ce qui l’empêche de l’enlever à d’autres? Les attaques au mouvement syndical sont des attaques à un bien public », affirme-t-il.

Jocelyn Côté, un manifestant insistant à se décrire comme étant « un honnête travailleur », ne se gêne pas pour donner voix à son mécontentement. « Je suis ici pour protester contre les mesures de Harper parce que ce sont des mesures qui vont affecter notre économie. Le coût de la vie augmente et les salaires restent les mêmes. On doit manifester et bien faire comprendre à ce gouvernement qu’il est grand temps qu’il arrête de favoriser les corporations », affirme-t-il. « En solidarité avec le STTP, c’est seulement au travers de ce genre de manifestation que l’on peut réellement se faire entendre. C’est malheureux, mais le gouvernement ne nous écoutera pas autrement ».

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