Merci pour rien

Déception et consternation : c’est suite à un budget provincial médiocre pour la plupart, catastrophique pour d’autres, que l’inévitable a été confirmé. Les universités de la province devront à nouveau se contenter d’un gel sur les contributions financières de la part du gouvernement provincial, ce qui est, pour la FÉÉCUM, déjà raison de s’alarmer. Et si ce n’était pas assez ouvertement impliqué, les étudiants devraient aussi s’attendre à une hausse des frais de scolarité, particulièrement chez les étudiants de l’extérieur, à qui on n’impose pas de plafond sur la hausse.

On s’entend qu’il s’agit d’une position particulièrement inconfortable pour les universités de la province – mais à l’Université de Moncton, c’est une situation qui en inquiète profondément plus d’un.

Ce qui est par ailleurs étonnant à observer, c’est à quel point l’Université de Moncton compte sur ces subventions pour fonctionner, et même pour exister. À en entendre ses représentants, on pourrait croire que le sort de l’université repose uniquement sur la contribution du gouvernement, et que si le gel imposé sur celle-ci persiste, les conséquences seraient des plus graves. L’université s’agrippe de façon démesurée au soutien du gouvernement pour rester à flot, ce qui reste en soi un triste constat.

Le budget 2016 du gouvernement Gallant prouve de façon définitive que la province n’a pas les moyens de s’occuper de ses institutions postsecondaires de façon efficace. Si le gouvernement provincial ne peut subventionner raisonnablement ses universités, il est peut-être temps d’envisager plus sérieusement d’autres solutions.

En ces temps économiques plus difficiles, l’université se doit d’agir de façon plus indépendante du gouvernement si elle veut prospérer et survivre. Bien qu’elles nécessitent un peu plus d’effort dans leur exécution, ce ne sont pas les idées qui manquent. On pourrait considérer, par exemple, à courtiser davantage l’alUMni, développer les programmes de recherche ainsi que mettre l’accent sur des échanges et liens avec des entreprises locales. Ce ne sont pas des solutions miracles, bien entendu, mais cela permettrait au moins à l’université de prendre quelques pas vers l’indépendance et, bien que ce soit un idéal, l’autosuffisance.

Et bien que le gouvernement ait suggéré une nouvelle formule nébuleuse de financement « fondée sur le rendement et qui permet aux universités de se concentrer sur la croissance », il ne faudrait quand même pas s’emballer de sitôt. Si on veut aborder cette situation de façon réaliste, il est à présent nécessaire d’explorer d’autres avenues non pas seulement pour le bienêtre de nos institutions postsecondaires, mais aussi pour notre propre futur.

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