Mon vote compte plus que le tien

On est finalement rendu au temps de l’année où on se fait dire : « Les jeunes ne votent pas, il faudrait que les jeunes votent! », avec comme variante « Si les jeunes ne sont pas impliqués, c’est la faute de la technologie/l’internet/les médias sociaux (c’est toujours en partie la faute des médias sociaux). » Avec moins que 40% des jeunes Canadiens qui ont exercé leur droit de vote aux dernières élections fédérales, il n’est pas étonnant que notre groupe soit pointé du doigt par les générations précédentes.

Pourtant, une question se pose. Avons-nous réellement affaire à un désintérêt générationnel, ou plutôt à un désillusionnement de la population face à un système démocratique qui est tout, sauf démocratique?

Croyez-le ou non, exercer son droit de vote est tout un défi, une aventure parsemée de paperasse inutile qui semble subtilement vouloir nous décourager de pratiquer notre devoir citoyen. On fait face à une étrange contradiction : on nous encourage de voter, on nous proscrit si on ne le fait pas, mais il existe tout de même des barrières significatives pour nous en décourager. On veut voter, mais l’enregistrement ainsi que le processus d’attente pour faire parvenir nos papiers semble être en soi une montagne, un déploiement d’effort et une perte de temps inutile chez les jeunes en âge de voter.

On nous encourage à exercer notre droit de vote avec des campagnes dirigées aux jeunes, mais on rend les bureaux de vote peu accessibles. On nous vante l’idée de transport en commun ou de navette pour les étudiants universitaires sous le nez, avant de nous rappeler que notre université ne qualifie pas au programme, citant « un manque d’étudiants et de représentation régional ».

On nous dit de voter, mais quels sont les incitatifs? Il y en a peu : on réalise que seuls deux partis seront entendus à l’Assemblée législative, le parti au pouvoir et l’opposition. Si nos valeurs reposent chez un parti émergeant, ou ne figurent pas dans le Spectrum conservateur/libéral, nos chances d’être entendus sont pratiquement nulles. Malheureusement, notre génération possède de nouvelles valeurs et une voix qui diffère de la politique canadienne, expliquant en partie notre cynisme face au processus de vote démocratique.

La démocratique est la voix du peuple, ceci en assumant que notre voix résonne avec des valeurs des partis représentés à l’Assemblée législative.

Est-ce qu’on peut vraiment nous blâmer, si on insiste sur le fait que notre vote n’a aucun effet particulier sur les politiciens d’Ottawa?

Cependant, le vote reste important, particulièrement celui des jeunes. Il est vrai qu’il est facile d’être découragé face à la politique canadienne, que ce soit en observant les politiciens déchus (Rob Ford et compagnie), ou encore en remarquant à quel point le scrutin majoritaire réduit la voix de notre génération et des partis émergents.

Notre voix, pourtant, est la plus importante. C’est celle qui va changer le monde et qui lui donnera son ton pour les années à venir. Notre droit de vote est important – il faut le défendre, mais surtout le pratiquer.

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