Mythe acadien : l’esprit universitaire (deuxième partie)

Ça y est, nous aurons finalement notre bar étudiant en janvier prochain. Après bien des spéculations et un long temps d’arrêt, on peut finalement dire que quelque chose de plus concret est à l’horizon. Plusieurs raisons ont été évoquées afin d’expliquer pourquoi les rénovations tardent encore, les deux majoritaires étant des problèmes en terme d’assurance et la lenteur de la bureaucratie au sein de l’administration de l’Université.

Le long processus bureaucratique en général est une source constante de problèmes, particulièrement à l’Université de Moncton, où tout semble se dérouler au ralenti. Bien que la lourdeur et l’inaptitude de la bureaucratie soient des problèmes de société généralisés, il faut s’entendre qu’on atteint un tout autre niveau quand les délais ne sont pas des exceptions, mais bien une réalité pratiquement normale.

Mais si on retourne à notre bar étudiant, initiative sacrée et terre promise des étudiants de l’Université de Moncton, on remarque que nos multiples efforts pour en arriver au résultat tant attendu nous éloignent et nous distraient d’un problème fondamental.

Est-ce qu’un bar est suffisant pour rassembler les étudiants? Fort probable que non, mais c’est tout de même la solution que nous utilisons en ce moment pour nous éloigner de l’idée que notre esprit en tant qu’université est constamment en chute libre. Il ne faut qu’observer nos matchs sportifs et la participation aux activités organisées, telle la Coupe FÉÉCUM, pour se rendre compte à quel point l’enjeu persiste et nécessite une solution pratique et radicale.

Combien d’éditoriaux, d’évènements avec un maigre taux de participation, et de millions dépensés dans des efforts de recrutements futiles, avant qu’on réalise que le problème possède des racines beaucoup plus profondes?

Le sentiment d’appartenance à l’Université de Moncton n’existe pratiquement pas parce que les étudiants ne possèdent pas un lieu ou un évènement annuel qui les ressemble et les rassemble. C’est quelque chose qui a été dit et redit dans les dernières années, mais pour une raison ou pour une, le message semble se perdre dans de multiples campagnes et initiatives qui couvrent la situation plutôt que de s’y attaquer.

D’une part, il est vrai qu’il nous faut au moins un espace qui nous appartient en tant qu’étudiant, qui est le but derrière la réouverture hâtive du Coude. Cependant, ce n’est pas uniquement le Centre étudiant qu’on devrait se réapproprier, mais le campus dans son entièreté. Nous avons besoin de plus d’espaces communs, d’endroits dynamiques sur le campus qui ont notre marque et célèbrent nos différences et ce qui nous unit.

Est-ce là la solution miracle? Encore une fois, probablement pas.

Le problème à des racines identitaires, qui devront être travaillées et éliminées dans les prochaines années si l’université veut assurer sa survie.

Entre temps, on peut toujours espérer que les choses seront différentes en janvier, si les circonstances le permettent.

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