Mythe acadien : l’esprit universitaire

S’il y a une tradition chez les éditorialistes du Front, c’est celle de débuter l’année scolaire avec un article qui nous informe de ce que l’on sait déjà au sujet de l’esprit universitaire à l’Université de Moncton, c’est-à-dire qu’elle n’existe peu, ou pratiquement pas du tout. Je ne suis pas prête à ignorer notre unique coutume universitaire qui a conservé une certaine constance au travers les âges, donc autant y aller.

La grande tradition de l’Université de Moncton, c’est qu’il n’y a pas de traditions.

On a un party peu mémorable au début de l’année, quelques initiations dans les facultés encore capables de tolérer les initiations, une poignée de matchs sportifs qui passent pratiquement inaperçus, et nous voilà déjà en plein milieu du mois de septembre avec rien qui nous unit, sauf un mépris complet du manque de stationnement abordable. Et de la plateforme d’inscription en ligne. Et de notre manque d’un bar étudiant.

Ah oui, notre bar étudiant. C’est quoi encore, l’Osmose? Le Tonneau? Le Kacho? Le 63? Un mélange des trois? Qui sait?

On nous a dit dans le passé que notre bar étudiant serait le cœur de notre université et de notre vie étudiante. Dans les discours des anciens élus de la FÉÉCUM, on nous a revendiqué notre centre étudiant, et surtout notre bar, comme étant le centre de toutes les activités et rencontres, le faible lien qui nous unirait tous. La cohorte étudiante avant nous s’est battue pour conserver son bar étudiant – la légende de l’Osmose – et pourtant, encore une fois, on se retrouve face aujourd’hui à une impasse. L’histoire se répète, quelle surprise, avec les mêmes questions du cout d’assurances et de volonté chez les étudiants à donner vie à leur campus. La situation était pratiquement la même avec le bar l’Osmose et le Kacho (qu’ils reposent en paix).

À croire que la vie se résume vraiment en un éternel retour, à la Nietzsche.

Mais la vie étudiante ne se résume pas qu’à un bar – il y a aussi les matchs sportifs qui peuvent nous rassembler.

Or, nos gradins se vident d’année en année, et les initiatives pour nous faire participer se succèdent sans grand succès (Les Aigles d’Or, quelqu’un?).

Dans la plupart des autres universités canadiennes, il y a une certaine fierté à porter les couleurs de notre institution, à crier son nom haut et fort et à se rassembler pour démontrer notre énergie collective.

Ici, on voit peu de traces de notre fierté, voire notre appartenance.

Est-ce par honte, ou par pure paresse? Peut-être un mélange des deux, pour être honnête.

En tout cas, il est grand temps pour nous d’au moins songer à établir une tradition universitaire, ou au moins à mettre la main sur ce qui nous unit comme peuple étudiant. L’appartenance ne s’établit pas du jour au lendemain, mais il serait grand temps d’au moins commencer à la bâtir, peut-être pas pour nous, mais pour les générations à venir.

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