« Non à la hausse! » 45 étudiants expulsés de l’Assemblée législative

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Les étudiants sur les marches de l’Assemblée législative à Fredericton. Photo: Samuel Legresley

Armés de t-shirts dénonçant le sous-financement du gouvernement, quarante-cinq étudiants de l’Université de Moncton, menés par la FÉÉCUM, ont démontré leur mécontentement après leur expulsion de l’Assemblée législative.

La manifestation avait pour but de contester le « sous-financement » des universités qui s’étend pour la deuxième année consécutive, causée par un gel du financement des institutions postsecondaires au Nouveau-Brunswick.

Après les explications du gouvernement sur le Fonds sur l’éducation et la nouvelle économie dans l’enceinte de l’Assemblée, les étudiants se sont tous levés, en montrant leurs t-shirts sur le balcon de l’assemblée.

« [La ministre Francine Landry] nous a dit de faire comme chez-nous. On a donc enlevé nos manteaux », explique Roxann Guerrette, présidente de la FÉÉCUM.

Après s’être fait expulser de l’Assemblée législative, ils ont scandé « Non à la hausse » dans le hall principal.

« Monsieur Gallant nous a dit qu’il allait investir dans l’éducation et dans l’innovation, mais le programme d’aide financière ne reflète aucunement ce qu’il a dit », explique la présidente faisant référence au Fonds sur l’éducation et la nouvelle économie.

La présidente de la FÉÉCUM, Roxann Guerrette, est sortie dans les médias pour la première fois depuis son entrée en mandat.

La présidente de la FÉÉCUM, Roxann Guerrette, est sortie dans les médias pour la première fois depuis son entrée en mandat. Photo Samuel LeGresley

Un Fonds sur l’éducation qui ne « suffit pas »

En fin mars, le premier ministre Brian Gallant a dévoilé le Fonds sur l’éducation et la nouvelle économie d’un milliard de dollars consacré à l’accès à l’éducation et à l’innovation.

Au moins 261 millions seront des nouveaux fonds, tandis que le reste sera tiré d’autres secteurs du gouvernement pour consolider les efforts dans la construction d’une « économie novatrice ».

La présidente de la FÉÉCUM, Roxann Guerrette, est inquiète que ce fonds ne suffise pas à empêcher l’austérité à l’Université de Moncton.

« Je ne sais pas si on s’attaque vraiment au problème de la dette étudiante », dit-elle. La dette moyenne d’un étudiant néo-brunswickois est de 35 700 $, selon Statistique Canada.

Elle déplore les « promesses vides » du gouvernement Gallant, qui a vendu les mérites de ce Fonds pour l’éducation lors de l’Assemblée.

«  Ils se sont vanté tout le long qu’ils écoutent les Néo-Brunswickois, mais ce n’est pas ça qui se passe. »

Elle déplore l’éventualité d’une autre hausse des droits de scolarité à l’Université de Moncton.

« Si ce n’est pas une hausse de la tuition, ça va être une hausse des frais afférents qui n’ont pas rapport, explique-t-elle. [Il faudra] de l’argent pour justement payer les infrastructures, les facultés. »

Droits de scolarité, 2015-2016 (avec frais rattachés, assurances)

Étudiant.e.s canadiens
6 345$

Étudiant.e.s internationaux
12 415$

*L’Université prévoit une hausse globale de 2% pour le budget 2016-2017.

L’opposition provinciale soutient la FÉÉCUM

Lors de la session parlementaire, les députés à l’opposition ont dénoncé vivement le manque d’exécution dans le plan du le parti libéral pour le secteur de l’éducation.

Trevor Holder, député conservateur, déplore le manque de planification et le manque d’écoute du gouvernement. « Ce gouvernement n’a pas engagé les étudiants de la province. […] Ils n’ont pas de plan, ils n’ont même pas un plan pour avoir un plan. »

David Coon, l’unique député du Parti Vert, s’est aussi montré favorable envers l’opinion de la FÉÉCUM.

L’AÉÉICUM milite pour un plan de rétention des immigrants

« Je peux vous garantir que les autres universités ont déjà ciblé l’international. Si la province ne fait pas attention à ses stratégies, elle risque de perdre les immigrants », explique Christian Kalande, président de l’Association des étudiants et étudiantes internationaux (AÉÉICUM).

Il souligne qu’une grande compétition est présente dans le marché universitaire international, de plus en plus ciblé par les universités.

« La plupart de la population est vieillissante. Si les jeunes immigrants décident de rester, ils vont aider à forger l’économie de la province. »

Photos Samuel LeGresley

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