Non à une université bilingue

par Marc-André LaPlante, rédacteur en chef

Il y a de cela deux semaines, l’Université de Moncton annonçait à la baisse le nombre d’étudiant fréquentant ses trois campus universitaires. Cette baisse d’inscription est peut-être peu marquée au campus de Moncton (-0,03%), mais la baisse est beaucoup plus significative dans les campus de Shippagan (-7%) et d’Edmundston (-12%). Globalement, l’Université de Moncton accueille 2% moins d’étudiant que par l’année passé.

Même si les chiffres semblent minimes, cette baisse au niveau des inscriptions est loin d’être négligeable, notamment sur un point de vue économique. D’ailleurs, le Conseil de gouverneurs s’est penché sur la question.

Lors de sa rencontre à Edmundston il y a de ça trois semaines, le Conseil a mandaté un comité d’examiner les moyens de contrer cette baisse d’inscriptions. À la base, un tel mandat semble de mise, mais les discussions qui ont mené à celle-ci sont celle qui sont inquiétantes.

Lors de la discussion, un gouverneur aurait partagé l’idée que l’Université de Moncton devrait penser à la possibilité de devenir une université bilingue. Ainsi, l’institution pourrait accueillir plus d’étudiant, un peu à l’image de ce que fait l’Université d’Ottawa.

Même si les propos d’une telle teneur ont été tenus dans la mêlée d’un débat, il est inquiétant qu’un gouverneur, membre de la plus haute institution de l’Université, puisse tenir de tels propos.

Comme premier point de sa mission, l’Université de Moncton est caractérisée comme une institution qui a pour but d’offrir « à la population acadienne et à la francophonie en général des programmes de formation de la plus haute qualité ».

Ce devoir, l’université, mais surtout ses gouverneurs doivent l’accepter mais aussi le faire valoir.

Dans un article publié dans une édition précédente, le vice-recteur Saillant n’avait certainement pas tort en qualifiant l’Université comme «l’institution phare la plus importante en Acadie».

En tant que seule institution post-secondaire francophone au Nouveau-Brunswick, l’Université de Moncton joue un rôle clé dans l’accès à l’éducation chez les francophones de la province.

L’Université ne doit en aucun cas se permettre de minimiser l’importance de l’aspect francophone et acadien de cette université. Cette dimension est non seulement primordiale dans le développement de communauté universitaire mais de toute la communauté acadienne.

Il semble cependant que ces commentaires, tenus encore une fois dnas le cadre du débat, n’auraient pas réellement eu de suite. Nous ne pouvons qu’espérer que le débat sur cette question soit réellement mort dans l’oeuf, et que les gouverneurs de cette université ne tentent pas de remettre en cause l’identité acadienne et francophone qui a caractérisé cette institution depuis ces débuts.

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