Nouvelle politique de péréquation de la FÉÉCUM

Par Anthony Doiron

Plusieurs associations étudiantes pourraient avoir de la difficulté à toucher leur péréquation cette année. Le 28 mars dernier, la FÉÉCUM (Fédération des étudiantes et étudiants du Centre universitaire de Moncton) a adopté une nouvelle politique en ce qui concerne l’attribution des péréquations aux associations étudiantes.

La FÉÉCUM exige maintenant que ses associations membres fournissent certains documents légaux afin de prouver qu’elles adhèrent bien aux exigences de leurs constitutions respectives.

Selon Pierre Losier, directeur général de la FÉÉCUM, ces changements n’ont en aucun cas été mis en place pour s’ingérer dans la gestion des associations.

« Tout ce qu’on demande aux conseils c’est de suivre leur constitution. […] on leur demande une copie de leur constitution, de leur budget, comment leurs élections ont eu lieu, où leur budget a été voté, le procès verbal pour prouver que ça bien été voté… ».

Il explique que comme l’argent de la péréquation attribuée aux différentes associations provient des étudiants, eux-mêmes, la FÉÉCUM a jugé bon de s’assurer que leurs règlements soient respectés.

Des documents égarés

Selon des données répertoriées par Le Front, une seule association étudiante aurait présentement toute la documentation requise pour toucher sa part de la péréquation étudiante, soit l’AÉACUM (Association étudiante des arts du Centre universitaire de Moncton).

Des 13 associations étudiantes membres de la FÉÉCUM, une seule nous a transmis le procès-verbal de leur dernière assemblée générale annuelle, deux nous ont présenté une copie de leur budget adopté l’année précédente et sept nous ont livré une copie de leur constitution.

Pierre Losier explique que si une association ne possède pas les documents requis, celle-ci devra prendre les mesures nécessaires pour les obtenir.

« Les conseils devront suivre les démarches spécifiées dans leurs constitutions pour [obtenir les documents], dit-il. Le but ultime de la nouvelle politique c’est de faire en sorte que les conseils étudiants soient plus responsables et plus transparents avec leur argent ».

Les associations devront aussi suivre une formation de la FÉÉCUM afin de se faire expliquer la nouvelle politique.

« On veut s’assurer qu’ils comprennent bien les raisons derrière ce changement-là et aussi qu’est-ce que ça signifie d’être à la tête d’un conseil étudiant du point de vue d’une corporation », souligne Pierre Losier.

Une association pourra toutefois s’abstenir de cette formation si ses élus démontrent qu’ils possèdent déjà les connaissances nécessaires pour accomplir leurs tâches respectives.

Une politique qui ne fait pas l’unanimité

Emily Briand, vice-présidente externe de la CÉÉSI (Conseil des étudiants et étudiantes en Sciences infirmières), comprend les motivations derrière cette politique, mais souligne que c’est tout de même une forme d’intrusion de la part de la FÉÉCUM.

« Forcer les gens à suivre une formation pour obtenir leur péréquation donne de l’autorité à la FÉÉCUM audessus des conseils et diminue notre indépendance », dit-elle. Selon elle, les associations étudiantes doivent demeurer complètement souveraines et indépendantes de la FÉÉCUM.

Une politique justifiée, selon l’AÉACUM

Mélanie Morin, vice-présidente externe de l’AÉACUM, espère quant à elle que cette nouvelle politique sensibilisera les membres de la FÉÉCUM.

« Honnêtement, je crois que la seule raison pour laquelle, nous, on a nos documents à jour, c’est parce qu’on s’est fait frauder. Ça a été un méchant coup de pied ».

L’an dernier, l’AÉACUM s’est fait frauder de 15 000 $. Le président au moment des faits, Louis-Philippe Roussel, a finalement avoué avoir contrefait plus d’une trentaine de signatures sur des chèques de l’association.

« Ces documents-là servent à garder un contrôle sur ce qui se passe dans le conseil. On va faire les démarches pour s’assurer que les prochains élus à l’AÉACUM comprennent bien leur importance »

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