Occuper avec un but

par Marc-André LaPlante, rédacteur en chef

Le magazine Adbusters et le collectif Anonymous ont lancé, avec le mouvement Occupy Wall Street, un réel phénomène planétaire, alors que nous assistons à des mouvements similaires partout à travers la planète. Ce mouvement se veut inspiré du Printemps arabe, et s’inspire de la prémisse qui dit qu’un seul pourcent de la population profite du 99% restant.

Le 15 octobre prochain, une manifestation pacifique aura lieu devant l’hôtel de ville de Moncton. Selon la page Facebook de l’événement, les gens seront au rendez-vous en grand nombre, afin de démontrer leur désapprobation.

Il est facile de tirer plusieurs éléments positifs de ce mouvement, auquel on assiste un peu partout sur la planète. C’est tout d’abord un mouvement populaire, et un mouvement d’engagement citoyen. Dans un contexte, au Nouveau-Brunswick et au Canada, ou le taux de vote aux élections est franchement inacceptable, il est bien de voir les gens ordinaires vouloir s’impliquer dans la vie politique. La manifestation est un moyen très légitime de le faire.

Il y a cependant un hic à tout ce mouvement, et c’est qu’il ne vise personne, ou aucune cause en particulier. C’est du moins ce que l’on remarque à Moncton. On invite les gens à venir manifester pour plusieurs causes différentes, que ce soit le taux de chômage ou encore les efforts de guerre. Il semble donc y avoir plusieurs différents messages et différents problèmes qui sont soulevés lors de ces manifestations. Cela veut donc dire qu’il y a plusieurs responsables différents aux problèmes qui sont soulevés. Du même coup, personne n’est directement responsable de tous les problèmes que l’on soulève. Au bout du compte, ces personnes responsables pourront se laver les mains de ces mouvements de protestation.

L’un des dangers de la manifestation ou de la protestation est de ne pas avoir de véritable cause à défendre. Nous avons pu constater ce phénomène à Moncton avec la marche pour l’égalité linguistique. Les gens étaient de la marche, mais personne n’était bien conscient de la cause qu’ils défendaient en marchant. L’égalité des deux communautés linguistique, le bilinguisme, ou encore l’affichage commercial bilingue ? Au bout du compte, la population était au rendez-vous, mais il ne s’est pas dégagé de concret, et la Ville de Moncton n’oblige toujours pas ses commerçants à afficher dans les deux langues officielles.

Il est important que la population de Moncton se fasse entendre, pour que nos politiciens représentent réellement les besoins de la population, et non seulement de l’élite. Espérons que si Moncton est au rendez-vous, le 15 octobre prochain, un message clair s’en dégagera, et aideront à réellement provoquer un changement.

Partagez!