Opinion : Un virevoltant bilingue sur nos campus

Saviez-vous que la semaine de la francophonie vient de se terminer le 26 mars, que la journée internationale de la francophonie était le 20 mars, et que l’Université propose des programmes bilingues dans notre institution de langue française? Ces journées dédiées à la francophonie, comme ces propositions, sont passées comme un virevoltant dans la prairie déserte: on le voit passer et on s’en fout.

Deux jours après la journée internationale de la francophonie, Radio-Canada a rapporté sur la situation qui se développe au sein de l’université, et particulièrement au conseil des gouverneurs. Celui-ci jauge avec l’idée d’offrir des programmes bilingues à l’université, et ce sans opposition.

Dans le procès-verbal de la réunion du conseil des gouverneurs du 17 septembre 2011, on peut lire « un gouverneur demande si l’Université de Moncton considère le développement de programmes bilingues pour assurer sa pérennité ». La question n’a pas soulevé d’objections.

Tiré de l’article de Radio-Canada datant du 23 mars 2012

http://www.radio-canada.ca/regions/atlantique/2012/03/23/002-debat-cours-bilingues-universite-moncton.shtml

Ces programmes pourraient s’ajouter aux cours déjà offerts en anglais à la faculté d’administration et possiblement dans d’autres facultés.

Le conseil des gouverneurs se penche sur cette question pour tenter de trouver des solutions au problème de déclin démographique, comme toutes les universités canadiennes. Mais si l’université veut tenter de répondre à ce problème, pourquoi ne devient-elle pas un leader dans la francophonie canadienne? L’Université offre une vaste gamme de programmes qui ne sont pas disponibles à bien des communautés francophones en situation minoritaire tels que le génie, la médecine et le droit pour en nommer que quelques-uns. L’université, en plus, est bien positionnée pour recruter plus d’étudiants en situation minoritaire puisqu’elle vit cette même situation de minorité!

« …je suis très effronté que les étudiants ici laissent voler leur drapeau sans défendre ce qu’il représente! »

J’écris cette lettre au journal étudiant LeFront pour savoir pourquoi il n’y a personne autre que Me Doucet, professeur à la Faculté de droit, qui s’abjecte à ces événements. Comme étudiant franco-albertain, je suis venu en Acadie parce que j’ai entendu siffler la fierté du drapeau acadien par un recruteur de l’Université et je suis très effronté que les étudiants ici laissent voler leur drapeau sans défendre ce qu’il représente! En Nouvelle-Écosse, il y a des étudiants qui ne se laissent pas manger la laine sur le dos; ils se sont levés pour dire non, et ils défendent leurs circonscriptions acadiennes. En Alberta, des milliers de personnes ont célébré le lever du drapeau franco-albertain dans les municipalités partout en province, et pour l’occasion même le maire de Calgary avait prononcé un beau discours EN FRANÇAIS (et ce dans le cadre des festivités de la francophonie.) Qu’est-ce qu’on fait à l’Université de Moncton pour célébrer la francophonie? On propose du bilinguisme dans une des plus importantes institutions de langue française au pays! Je ne suis pas venu à l’Université de Moncton pour étudier en anglais, et je suis persuadé que les étudiants de ce campus, ainsi que ceux d’Edmundston et de Shippagan, ont fait pareil.

L’anglais a déjà assez de facilité à pénétrer notre campus, nos couloirs et nos salles de classe sans des programmes bilingues qui sont historiquement des échecs systématiques! J’espère que l’année prochaine, les célébrations de la francophonie ne se passeront pas dans le silence.

Patrick Giguère

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