Orthorexie

orthorexie

Vous connaissez sûrement les termes boulimie et anorexie, mais il existe une autre forme de trouble alimentaire assez courante. Orthorexia nervosa est une obsession de consommer des aliments considérés comme étant bons pour la santé par cette personne. Le sujet évite systématiquement de consommer certains aliments spécifiques qu’il considère comme étant néfastes pour la santé. Ce qui est assez ironique, c’est que l’obsession de bien faire devient elle-même mauvaise pour la santé du sujet.

Savoir la différence

Les gens atteints de boulimie et d’anorexie nerveuse sont obsédés par leur poids et les calories, tandis que l’orthorexie se traduit plutôt en une obsession de manger des aliments bons pour la santé.

Le phénomène

Les gens souffrant d’orthorexie se sentiront parfois supérieurs aux autres pour leurs habitudes alimentaires considérées comme meilleures. Il est dit que ces personnes vivent au jour le jour pour perfectionner leurs propres habitudes, pour se dépasser eux-mêmes par des prouesses alimentaires. Si la tentation gagne au gré des efforts, des sentiments de remords prennent le dessus et se transforment en punition comme de l’exercice, du jeûne ou bien des restrictions alimentaires plus sévères. Éventuellement, le fait de restreindre son apport alimentaire à long terme peut mener à des problèmes de relations interpersonnelles et aussi, à des risques pour la santé.

Une image forgée

Les professionnels de la santé, par exemple, les diététistes, ont longtemps projeté une image de perfection alimentaire, alors que c’est tout le contraire.

« Ce qui nous rassemblent [les diététistes] le plus, c’est l’amour de la bouffe. On trouve tout aussi important d’apprécier ce qu’on mange. On apprécie la bonne bouffe. On a des rages et on se permet quand même des p’tites folies. Tout est une question de fréquence, on peut se permettre des aliments moins santés, mais moins fréquemment. Ils font partie d’un équilibre alimentaire, de ne pas se restreindre sur les aliments », partage Véronique Thibault, diététiste de formation.

Dans une société comme la nôtre, où l’on pousse constamment la saine alimentation et l’image de maigreur, il est facile de ne pas prêter attention à des problèmes comme l’orthorexie qui semblent alors peu évidents.

Comment savoir si je suis atteint d’orthorexie (Questions tirées du National Eating Disorders Association)

Si vous répondez oui aux questions suivantes, il serait peut-être bien de consulter un professionnel de la santé.

– Souhaitez-vous que vous pourriez tout simplement manger sans avoir à vous préoccuper de la qualité nutritionnelle des aliments?

– Souhaiteriez-vous être capable de passer moins de temps à penser à la nourriture et plus de temps avec vos proches?

– Est-ce au-delà de votre capacité de ne pas tenter de contrôler un repas préparé par un être cher?

– Essayez-vous constamment de trouver ce qui est néfaste d’un aliment pour votre santé?

– Ressentez-vous de la culpabilité quand vous ne vous en tenez pas à votre diète habituelle?

– Vous sentez-vous en contrôle quand vous vous en tenez à « la diète parfaite »?

– Vous êtes vous déjà mis sur un piédestal en matière de nutrition en vous demandant comment il est possible pour les autres de consommer ce qu’ils mangent quotidiennement?

Appel à l’aide professionnelle

Si vous ou quelqu’un de votre entourage pense souffrir d’orthorexie, consultez votre médecin de famille ou bien un psychologue. Les services de psychologie de l’Université de Moncton sont là pour vous aider à coûts réduits. Contactez-les au 858-4007 pour plus d’informations.

Author Details
Emilie est diététiste présentement à la maîtrise en sciences de la santé. Elle est passionnée de la nutrition et de la cuisine et souhaite transmettre ceci à ces lecteurs. N’ayant pas peur du ridicule et étant parfois sarcastique, ceci ne se traduit pas toujours très bien à l’écrit, mais elle tente tout de même de bien passer le message.
Partagez!
Advertisment ad adsense adlogger