Le parti spirituel de Moncton

(ceci est une satire)

Concept de longue date: la religion et l’État doivent avoir une division claire. Pourtant, d’une époque à l’autre, il n’est pas si rare qu’un parti politique tel que le Parti de la communauté spirituelle du Nouveau-Brunswick se faufile dans le fil de nouvelles.

D’après un article de Radio-Canada, un total de deux personnes se serait présenté au lancement du parti ce lundi 19 septembre dernier à Moncton, l’une de ces deux personnes étant l’épouse de Jan Prieditis, chef du Parti de la communauté spirituelle du Nouveau-Brunswick.

Parmi plusieurs des partis politiques faiblement appuyés, les partis politiques spirituels demeurent, disons-le franchement, minoritaires. Est-ce par méconnaissance de la sainte doctrine, par préjudice d’un conservatisme rigide, ou tout simplement par la tombée des croyances religieuses en âge contemporain qu’un tel parti ne semble jamais pouvoir convaincre la population de masse de sa cause? Difficile à dire, mais on tente sa chance.

En réalité, qui peut nier l’utilité pratique d’un parti politique spirituel en société? Le fait de communier ses décisions politiques avec Dieu ne peut, en théorie, empirer la situation économique de la province. Exploiter la prière comme source d’énergie renouvelable est effectivement une ressource inépuisable, à condition qu’Irving ne trouve pas moyen d’y tirer tout le profit. Le premier défi serait donc de maintenir un marché libre des prières; un qui permet l’enrichissement personnel, tout en augmentant la dîme pour les ménages rapportant un revenu plus important que la moyenne.

Pour les étudiant(e)s, doit-on même discuter de l’enrichissement du contenu éducatif en replaçant la Bible comme lecture obligatoire et comme ouvrage de référence principal? Ensuite, on soulèverait peut-être l’idée de suivre la méthode de l’Église en allant à la confesse pour avouer son niveau d’endettement, ce dernier péché au nom des prêts étudiants, afin de diviser les paiements du pardon sur un cycle hebdomadaire, administrés à chaque dimanche. De plus, les hosties pourraient très facilement servir d’alimentation saine aux étudiant(e)s qui tentent de maintenir un budget fragile en fonction de la hausse des frais de scolarité; fournissant bien sûr une cérémonie collective de la première communion, et même des baptêmes, pour tous les étudiants n’ayant pas subi le rite à l’enfance.

Enfin, pourquoi y a-t-il même discussion sur le succès imminent de ce parti? Les pratiques spirituelles et religieuses seules ne sont-elles pas suffisantes pour convaincre la population du Nouveau-Brunswick de l’efficacité incontestable qu’elles auraient dans le domaine politique?

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