Pèlerinage en eaux troubles

L’INTERNATIONAL C’EST PAR ICI ! : chronique internationale avec Marine Pirodeau

Avant-propos

Pour cette deuxième chronique d’actualité internationale, j’ai décidé de parler du hajj (pèlerinage) en Arabie saoudite. Mon choix de sujet s’est porté sur cet évènement, car je pense que la religion musulmane est souvent stigmatisée (en France du moins) et incomprise.  Avec cet article, j’espère pouvoir apporter des réponses à des questions ou bien juste intéresser les plus curieux d’entre vous.

Un peu de culture 

Le hajj c’est le pèlerinage à la Mecque (située en Arabie Saoudite pour les novices en géographie) que les fidèles sont invités à faire une fois dans leur vie. On considère que le hajj débute environ deux mois après le mois du Ramadan, et pour cette année, il a eu lieu du 9 au 14 septembre 2016. Le pèlerinage est le cinquième pilier de l’Islam, il est donc très important pour les musulmans d’y participer. Par conséquent, cet évènement est un moment d’unité et de rassemblement pour la oumma (communauté musulmane). Pour y participer, il est impératif de respecter des conditions, qui sont au nombre de trois : il faut être musulman, bien évidemment, être pubère mais également être capable financièrement et mentalement.

Pour plus d’info : 

Les 5 piliers de l’Islam sont :

  • La profession de foi : Allah est Dieu et Mohammed est son prophète
  • Les prières : au nombre de 5 par jour
  • L’aumône aux pauvres
  • Le jeûne pendant le mois du Ramadan
  • Le pèlerinage à la Mecque

Et l’économie dans tout ça

Pour cette année, plus de deux millions de fidèles étaient attendus pour faire le pèlerinage, cela représente donc une manne financière non négligeable pour l’Arabie saoudite. Au vue d’une augmentation croissante du nombre de fidèles, le pays a entrepris de nombreux travaux comme l’agrandissement de la grande mosquée ou encore l’amélioration des infrastructures d’accueil. L’Arabie saoudite a également pris la décision d’appliquer des quotas de visa en fonction des pays d’origine, afin de limiter l’afflux trop important de personnes.

Cet évènement est considéré comme étant très rentable pour le pays, le tourisme religieux étant la deuxième source de revenu mondial après le pétrole. Pour l’année 2015, on estime les profits à 40 milliards de dollars US. Cette stratégie de diversification est payante pour l’Arabie saoudite à l’heure où ses revenus liés au pétrole sont en baisse.  

La Sécurité intérieure et les relations internationales

Vous avez sans doute entendu parler de l’incident de l’année dernière : une bousculade géante a causé la mort de plus de 700 personnes (je resterai prudente sur les chiffres, car selon les sources, on parle de 700 à 2 300 décès). Avec le renforcement des mesures de sécurité (bracelets électroniques), le pays entend éviter ces incidents dramatiques. De plus, avec son implication croissante dans les affaires internationales, le pays redouble d’efforts pour déjouer les projets d’attaques sur son sol.

Depuis plusieurs années maintenant, le pays tente de regagner une place dans l’échiquier international.  On considère aujourd’hui qu’il est en train de devenir un acteur incontournable dans la région du Moyen-Orient. La monarchie est d’ailleurs à l’origine de la formation d’une « alliance militaire islamiste antiterroriste » dans la lutte contre DAESH (l’État Islamique). Elle fait également partie de la coalition internationale menée par les États-Unis.

L’Arabie saoudite a souvent été accusée de jouer un double jeu lors de l’avènement de l’État Islamique en Irak puis en Syrie (soutien logistique et financier aux combattants islamiques). Également à l’origine du conflit au Yémen, on l’accuse de vouloir concurrencer l’Iran, le seul pays chiite au Moyen-Orient, en soutenant les royalistes anciennement au pouvoir, contre les rebelles Houthis (issus d’une branche de l’islam chiite). Les deux pays se livrent une guerre par procuration, dans le but de devenir le leader régional. Les tensions étant de plus en plus intenses, l’Arabie saoudite et l’Iran n’ont finalement trouvé aucun accord pour l’envoi des fidèles chiites, par conséquent pour la deuxième année consécutive, les fidèles Iraniens n’ont pas pu participer au pèlerinage.   

En espérant que cet article vous aura éclairé sur le sujet, n’hésitez pas à commenter et aux prochains articles !

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