Plafonnement des droits de scolarité : L’AÉÉICUM veut être proactive

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Chez les étudiants, la hausse des frais de scolarité est un enjeu particulièrement préoccupant. Archive: Samuel LeGresley, Le Front

À l’heure où les étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton profitent encore du gel des droits de scolarité survenu lors du conseil des gouverneurs d’avril 2015, L’association des étudiantes et étudiants internationaux, à travers son bureau exécutif, veut être proactive face à toute augmentation non protégée après le gel historique des droits de scolarité.

Rappelons qu’avant ce gel, les étudiants ont généralement fait face à des augmentations considérables. Protégés par un plafonnement de 3 %, les étudiants canadiens devaient en 2 ans payer 5,7 % de plus que les frais payés en 2012 soit 312 $. De leurs côtés, les étudiants internationaux ont eu 11,10 % d’augmentation la première année (2013-2014) et 2,90 % la deuxième année (2014-2015) soit 1298 $ au total.

 

Dans une période où l’Université de Moncton traverse une crise financière, l’actuel bureau exécutif de l’AÉÉICUM veut être actif et s’assurer que ses membres ne subiront pas la conséquence du gel survenu cette année.

Samuel Nganga, vice-président interne de l’AÉÉICUM et membre du Conseil d’administration de la Féécum, a accepté de répondre à nos questions.

 

Qu’est-ce que la vision de l’AÉÉICUM par rapport au plafonnement des droits de scolarité des étudiants internationaux?

 

« D’abord, il est important de replacer le contexte, c’est-à-dire pourquoi nous avons décidé d’initier les démarches pour un plafonnement de 3 % pour les étudiants internationaux : il y a deux ans, l’Université a décidé d’augmenter les droits des scolarités des étudiants internationaux de 999 $, les étudiants n’ont vraiment pas réagi parce qu’il n’y avait pas une certaine symbiose entre ces étudiants. Le deuxième fait, c’est l’année dernière, quand le gouvernement néo-brunswickois a décidé de faire un gel des droits de scolarité pour les étudiants canadiens, les étudiants internationaux n’étaient pas compris, donc l’université a pris position et a présenté un budget déficitaire pour l’année académique 2015-2016. Il est vrai que tout le temps, ça ne sera pas le cas donc il a fallu que le bureau soit proactif et ramène sur table la question du plafonnement de nos étudiants »

 

Vous savez que le plafonnement relève du pouvoir du gouvernement provincial et non de l’université : quelles démarches envisagez-vous faire?

« Il est de toute évidence que nous devons travailler en symbiose avec la Féécum parce que c’est la fédération qui représente tous les étudiants de l’Université. L’AÉÉICUM sera en avant, nous allons certainement chercher des personnes qui pourront nous soutenir dans cette démarche, parce que seuls, nous ne pourrons rien faire. Le gouvernement provincial a ses objectifs, mais nous ne pouvons pas laisser en marge les étudiants internationaux qui représentent près de 20 % de la masse étudiante en terme de nombre. Aussi, si nous parlons de 3 % de plafonnement, c’est pour avoir une certaine équité entre étudiants internationaux et étudiants canadiens même si en matière de coût cela ne représente pas le même chiffre »,

 

Parler du plafonnement pendant que les frais sont gelés, n’est-ce pas une manière de prévoir et demander une augmentation pour la prochaine année? Sachant que la fédération défend la gratuité scolarité?

« S’il y a un gel, cela impliquerait un dégel, donc il faut s’y préparer et les étudiants internationaux n’ont aucune protection face à toute augmentation l’année prochaine. Il faut donc être proactif, tant bien même que nous sommes optimistes et les bureaux qui vont nous succéder vont continuer sur cette démarche. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il est temps que les étudiants internationaux puissent être intégrés dans toutes les démarches et que le gouvernement provincial nous protège aussi face aux grandes augmentations qui peuvent intervenir après ce gel »

 

Étudiant membre du sénat académique représentant les étudiants des cycles supérieurs, membre du conseil d’administration de l’AÉÉICUM et Co-initiateur de la dernière marche étudiante pour dénoncer la hausse de frais universitaire en avril dernier, Georges Semedo Cabral partage son point de vue.

 

Vous êtes arrivés en 2013 sur le campus et vous avez vécu la hausse de 2013 et de 2014; comment avez-vous accueilli le gel de cette année?

« Quand j’ai vécu la hausse de 2013, la hausse avait déjà été votée. Ce que je vivais concrètement, c’était les protestations de l’AÉÉICUM et de la FÉÉCUM face à ces hausses. J’avais pris ça comme un coup de massue parce que je ne trouvais pas ça normal que l’on puisse imposer une telle hausse sans justification autre que le sous-financement du gouvernement provincial. C’était la même réaction en 2014, on a continué d’augmenter et prendre des étudiants pour des vaches à lait, il y a quelque chose qui n’allait pas et on nous avait rempli des belles paroles, mais je ne croyais toujours pas, je voulais voir des actes concrets.

Le gel de 2015, je l’ai accueilli comme une semi-victoire parce que nous nous sommes mobilisés pour que nous soyons écoutés. Le gouvernement provincial avait gelé les frais de scolarité des étudiants canadiens et les subventions apportées aux universités, donc la hausse qui était prévue des subventions n’allait pas être là. L’Université de Moncton se retrouvait face à un dilemme de dernière minute. Il fallait donc se mobiliser et demander à l’Université de faire un geste de solidarité envers les étudiants internationaux. À l’issue du conseil des gouverneurs, il y a eu un gel des frais pour tous les étudiants et la signature d’une charte de solidarité avec toutes les associations des professeurs et associations étudiantes pour mettre en avant les financements des universités devant le gouvernement provincial. Là, je me suis dit qu’il y a une victoire, mais à côté de ça, il y avait d’autres hausses et il y a eu des coupures aussi dans à peu près tous les services de l’Université. Il y avait un sacrifice qui a été fait, mais ceci est juste pour cette année donc c’est une victoire, mais à moitié puisque ça ne va peut-être pas être reconduit l’année prochaine. On risque d’avoir une hausse pour 2016-2017, qui dépasserait la hausse de 2013 et c’est inquiétant »

 

Évidemment face à cette inquiétude et au risque d’augmentation; quel est le souhait en tant que leader étudiant et militant contre la hausse des droits de scolarité?

« Je peux avoir un souhait personnel, mais il va se mélanger au milieu des souhaits divers de différents groupes étudiants. Entre la gratuité demandée par la FÉÉCUM et le plafonnement des étudiants internationaux, quand on y réfléchit bien, tout revient au même problème, le problème du sous-financement du gouvernement provincial, alors mon souhait est simple : il y a une charte de solidarité que l’Université de Moncton a signée lors du dernier conseil des gouverneurs. Dans cette charte, l’Université dit qu’elle se mobilisera et va mener un combat solidaire avec tous les acteurs de l’Université de Moncton pour aller devant le gouvernement provincial et demander plus de financement des Universités. Un bon financement évitera les augmentations, donc au final, mon souhait est qu’on s’en tienne à cette charte et qu’on la porte à d’autres universités de la province pour un intérêt commun. »

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