PORTRAIT – Des patins aux talons hauts

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Catherine Dumas en action lors du dernier tintamarre à Caraquet. Photo contribution

Une transition pas comme les autres

Mercredi soir, 20 h 30. Catherine Dumas, la journaliste à Radio-Canada, m’ouvre la porte de son appartement. Elle qui venait tout juste de terminer un souper m’invite à m’assoir au salon. Avec sa petite coupe de vin à la main, elle me lance : « Bon allez Corriveau, demande-moi ce que tu veux savoir. »

L’entrevue est à peine commencée qu’elle me reproche déjà de ne pas l’interviewer de la bonne façon : « Tu dois poser des questions ouvertes, pas fermées. » Habituée de ses remarques franches et directes, je me dis simplement que c’est pour cette raison qu’elle a percé dans le milieu du journalisme aussi rapidement.

Déjà à cinq ans, la petite Catherine avait cette vocation : « Quand j’étais plus jeune, je mettais la TV sur mute pour faire la voix des personnages. »

Bien que le désir de faire la télévision soit toujours resté, son père, quant à lui, n’y croyait pas autant : « Il n’arrêtait pas de me dire que je ne pouvais pas faire ça. J’ai donc envisagé d’autres options de carrière. »

Ne sachant plus dans quel domaine se diriger, elle a laissé le hockey guider son chemin. Selon Dumas, sans ce sport, elle ne serait probablement pas dans la position où elle se trouve aujourd’hui : « J’ai poursuivi mes études parce que je voulais aller au hockey, sinon j’aurais arrêté l’école en secondaire trois et je serais devenue coiffeuse », dit-elle d’un ton humoristique.

Repêchée par les Aigles Bleues de l’Université de Moncton en 2012, cette attaquante entame la même année son baccalauréat en information-communication.

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Dumas lors de la couverture d’un sujet d’actualité. Photo contribution

Avec une blessure grave aux deux poignets, l’idée de faire une maîtrise s’envole : « Le hockey ne fonctionnait plus, j’ai terminé mon bac et je suis entrée sur le marché du travail. Je pense que j’étais prête pour ça également », explique l’athlète.

Il s’en est suivi un changement radical lorsqu’elle passe des patins et des entraînements quotidiens vers les talons hauts et les apparitions au téléjournal.

C’est lors de son stage à Radio-Canada Acadie à la fin de sa deuxième année qu’elle a vraiment eu la piqure pour le journalisme télévisuel : « J’ai eu la chance de faire le bloc sport et de faire du live. J’aimais le fait de pouvoir combiner mes deux passions soit le sport et le journalisme. Après la première journée, je savais que c’est ça que je voulais faire de ma vie. »

Selon Catherine, sa personnalité l’a aidé à obtenir l’emploi à sa sortie de l’Université. «Je fais du sport, de la culture et de l’actualité et il n’y a pas beaucoup de journalistes qui naviguent entre les trois, j’ai donc toujours du travail. Mon sérieux aide également à me faire une place.»

Embarquée à fond dans cette aventure, Dumas précise qu’elle souhaite continuer à gravir les échelons et que son rêve serait de travailler pour RDI, la chaîne de nouvelles en continu. « C’est un travail parfait pour moi, je suis hyperactive et j’aime être sur le terrain. Ma place n’est pas derrière un ordinateur. »

L’entrevue avec Catherine Dumas m’a fait réaliser quelque chose : lorsque j’aurai la chance de parler de mon travail avec autant de passion et de sentiment d’accomplissement, j’aurai réussi.

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