Pourquoi un Frolic acadien plutôt qu’un « dance party »?

Les Hôtesses d'Hilaire, une des têtes d'affiche du Frolic Acadien de la rentrée

Les Hôtesses d’Hilaire, une des têtes d’affiche du Frolic Acadien de la rentrée

Certains d’entre vous se posent peut-être la question : « pourquoi on nous accueille avec un Frolic acadien plutôt qu’un « dance party »? »

En cette rentrée 2015, le président de la FÉÉCUM a une vision « de ramener l’identité acadienne sur le campus de l’Université de Moncton », et c’est avec ce mandat en tête que Pascal Haché et le reste de son équipe ont pensé faire « un showcase de la culture acadienne avec Cayouche, les Hôtesses d’Hilaire, Thomé Young et les Travleux, tous sur un stage et en donnant du fricot et des poutines râpées ».

L’espoir du président de la FÉÉCUM est que les étudiantes et étudiants termineront leurs études à l’Université de Moncton avec une meilleure connaissance de la culture acadienne qui va au-delà de 1755, la date de la déportation et le groupe musical. Il souhaite accomplir ceci avec des évènements comme le Frolic acadien qui s’est inspiré du J’frolic sur ton campus, organisé l’an dernier par la Faculté des arts, mais aussi avec l’implantation d’un nouveau cours sur l’Acadie qui serait donné à chaque étudiante et étudiant de l’Université de Moncton, peu importe le domaine d’étude. Pascal Haché affirme « que c’est à nous de redessiner notre Acadie ».

Le chanteur des Hôtesses d’Hilaire, Serge Brideau, partage l’avis du président de la FÉÉCUM sur le besoin de renforcer l’identité acadienne : « C’est important de se rappeler notre culture avec des choses comme la bouffe et la musique, et c’est important de partager celle-ci avec les étudiants internationaux ».

Lorsqu’on lui demande ce qu’il manque dans l’identité acadienne aujourd’hui, il ne mâche pas ses mots : « De la substance, c’est ce qu’il manque. Ce n’est pas juste de fêter le 15 août en brandissant un drapeau fait en Chine et en se soûlant la gueule qui fait de toi un Acadien ».

Il pense que l’on a besoin de se questionner collectivement sur ce que cela veut dire pour nous d’être acadienne et acadien « surtout dans cette espèce de montée anglophone anti-francophone, où est notre place et où est-ce que l’on s’en va ».

Mais il ne veut pas généraliser : « Il y a une gang qui va à l’université, une gang d’allumés que j’adore, c’est des étoiles montantes et ils seront les porte-parole de demain, mais collectivement, à un niveau plus large, il faut avoir ces discussions-là ». Le chanteur des Hôtesses d’Hilaire se remémore les années 60 et l’époque des grèves à l’Université de Moncton « parce qu’il y avait des questions identitaires plus larges que l’Université de Moncton et tout le monde participait. »

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Thomé Young, artiste invité

Pour en revenir aux enjeux d’aujourd’hui, Brideau souligne l’importance du dossier des taux de scolarité qui grippent toujours : « Si l’éducation est le pouvoir et que les gens s’éduquent moins, ça aussi c’est un problème dans la culture acadienne. »

Lorsque questionnés sur leur capacité à remédier à ce problème, les Hôtesses d’Hilaire ne se prennent pas pour des sauveurs du peuple acadien. Léandre Bourgeois, le claviériste du groupe, affirme que « la musique fait voyager les textes » et Serge Brideau rajoute que « la musique reste de la musique ». Cependant, comme le propose Maxence Cormier, le batteur des Hôtesses d’Hilaire, ils sont capables « de planter des graines » et stimuler des discussions. Ils sont conscients qu’ils « brassent la cage », tel que Bourgeois le définit, mais cela se fait « dans le sarcasme et la débauche », selon Brideau.

Le groupe promet qu’en plus de brasser la cage, ils proposeront au public du Frolic acadien des nouvelles chansons tirées de leur nouvel album qui sera lancé le 6 novembre au Centre culturel Aberdeen. On peut s’attendre à ce que Maxence Cormier décrit comme « venant du même tronc d’arbre, mais d’une différente branche ».

Les Travleux seront le groupe le plus jeune sur la scène au Frolic acadien, composé d’Olivier Martel à la guitare basse, Jean-Philippe Frenette à la voix et à la guitare et Richard Daigle à la batterie. Le groupe se sent honoré de faire partie d’une telle brochette d’artistes acadiens. Ils partagent le sentiment des Hôtesses d’Hilaire sur l’importance de « renforcer l’identité acadienne, surtout en temps de crise linguistique que vit le Nouveau-Brunswick avec la montée de groupes comme le Anglo Society et le East Coast Canada Against Bilingualism qui s’attaquent aux francophones », tel que le souligne Richard Daigle. Surtout dans cette période difficile pour les acadiennes et acadiens, les Travleux souhaitent que le public qui les écoute puisse avoir « un good time ».

Le Frolic acadien se déroule le vendredi 11 septembre au resto-bar Le 63 dans le centre étudiant de l’Université de Moncton.

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Cayouche

 

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