Prêtes à « volley » de leurs propres ailes?

volley pratique

« Ça s’en va et ça revient », comme chantait Claude François.
Ce constat s’applique parfaitement au volleyball féminin actuellement : la saison, débutée en octobre, sera déjà interrompue en fin de semaine par une trêve de deux longs mois! Mais une telle période n’est qu’une goutte d’eau dans la carrière-fleuve de Monette Boudreau-Carroll, coach des Aigles Bleues depuis 1995.
Durant ce long mandat, elle a accumulé de nombreux souvenirs : « Les meilleurs sont mes voyages au Sud, l’amélioration des filles, leur dévouement… », précise la dynamique entraîneuse.
Malgré sa riche expérience, elle n’a pu éviter à sa formation huit défaites en début de saison, soit cinq en octobre, lors du tournoi opposant les équipes du Québec à celles de l’Atlantique, et trois le weekend passé face à l’Université Memorial, à Terre-Neuve, pour le compte du championnat régulier. Elle avoue laconiquement que les résultats actuels ne sont pas à la hauteur des attentes, mais promet dans le même temps, qu’ils ne tarderont pas à venir.
Les racines du mal
Toujours positive, Boudreau-Carroll semble connaître les causes de cette période plus difficile et les remèdes à y apporter : « Malheureusement, on passe à travers pas mal de blessures. Les filles doivent garder une certaine discipline et savoir quel est le comportement acceptable pour représenter notre belle université ».
Monette Boudreau-Carroll attribue les défaites en sol québécois à deux facteurs plus spécifiques. D’une part, « il ne faut pas oublier qu’on a deux nouvelles recrues ». Mais d’autre part, il est important de rappeler que le système scolaire de la belle province fait en sorte que les joueuses sont plus âgées que leurs homologues néo-brunswickoises, et donc forcément plus expérimentées.
Selon Danika Landry, véritable pilier de l’équipe puisqu’elle en est membre pour la quatrième année consécutive, les trois défaites de rang face à Memorial ont d’autres origines : « Ce sont des matches qu’on aurait pu aller chercher, mais on n’a pas été capable de maintenir une constance durant l’ensemble de ceux-ci ».
En d’autres termes, les Aigles ne parviennent pas encore à conserver la même énergie tout au long d’une partie.
En recoupant les déclarations des deux interlocutrices au Front, il est possible d’identifier une autre raison du faible bilan comptable enregistré jusqu’ici : le système de jeu. L’entraîneuse développe « d’année en année, un schéma qui correspond à la personnalité de l’équipe ». Il n’existe donc aucun plan de jeu de référence auquel se fier, ce qui peut rendre la tâche des recrues plus ardue.
Danika Landry ne dit pas autre chose : « On a un style de jeu différent. J’étais habituée à évoluer dans le système anglophone, à Fredericton. Quand je suis venue à Moncton, ça m’a ouvert les yeux à quelque chose de différent ». Manque de constance, de repères et blessures semblent donc s’ériger comme les causes principales de ce départ plus chaotique que prévu.
Ambition et discipline
En dépit de ces quelques handicaps, l’équipe maintient toutefois un bon niveau de jeu et place la barre de ses ambitions très haut. Quand on pose à Danika Landry la question de savoir quels sont les objectifs, sa réponse tient en deux mots et un acronyme : « Gagner la SUA [le championnat du Sport universitaire de l’Atlantique] ». Sa coach n’est pas moins enthousiaste : « Je vise tout le temps plus haut, je pense qu’on a un potentiel incroyable. Je crois encore en notre capacité de finir en tonnerre ».
Mais avant de reprendre les hostilités en janvier, quel programme attend donc les Monctoniennes?
« On continue à avoir des pratiques régulières jusque début décembre, puis des entraînements physiques individuels. C’est plutôt intense », confie la vétérane de la formation. Son entraîneuse complète son intervention : « On a un séjour en Floride pour s’entraîner, entre Noël et le Jour de l’an; dans le beau temps, les pratiques deviennent plus faciles ».
Il ne faut pas croire pour autant que l’existence de ces sportives se résume à une série de voyages et de matches : « La vie d’athlète est difficile. [Les joueuses de volleyball] étudient dans les avions, les bus. Elles doivent se lever à 7 h pour s’entraîner. Il faut que tu aies une passion pour ton sport [pour mener une telle vie] », révèle Monette Boudreau-Carroll.
Les Aigles peuvent cependant compter sur un soutien solide d’un public fidèle : « On a toujours eu une bonne “gang” de partisans, on a une équipe que les gens aiment venir voir, et puis le volleyball est un sport où les points arrivent vite, ce n’est pas comme le soccer ou le hockey ».
Bref, une existence de volleyeuse impose un grand nombre de sacrifices individuels, mais les fruits qu’en retire le collectif compensent largement ces derniers. Il ne reste plus qu’à espérer que la chimie actuelle de l’équipe commence à se manifester également dans le jeu produit par celle-ci. Le spectacle ne fait que commencer…

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