Projet Brésil : Un projet d’apprentissage révélé aux étudiants

par Martin Savoie

Pour effectuer un voyage, il suffit souvent d’une idée, d’une initiative, de quelqu’un qui est prêt à prendre les rennes d’un projet qui peut prendre une envergure sans pareille. À l’Université de Moncton, des groupes comme cela, il y en a plein, comme le prouve l’initiative de la FÉÉCUM, « Les petits explorateurs ».

Cette semaine, c’était au tour d’un groupe d’étudiants de travail social de présenter le fruit d’un an de préparation. Projet Brésil, une initiative étudiante à l’intérieur de l’école de travail social. De ce groupe, trois étudiants, Danie Comeau, Gaby Lyness et Danielle Leblanc, ont accepté de raconter leurs péripéties au Brésil.

Il s’agissait, d’abord et avant tout, d’un voyage d’apprentissage sur les organismes et les approches communautaires d’un autre pays ainsi qu’une opportunité de faire du travail bénévole à l’étranger.

« À cet endroit, afin d’avoir accès aux services communautaires des centres, ils doivent s’impliquer dans ce même centre. Par exemple, s’il y avait un mur à peinturer, des gens bénéficiant des services se portaient volontaires afin de le faire. Les centres communautaires devenaient donc autosuffisants, » explique Gaby Lyness, participant au Projet Brésil.

Ce modèle communautaire tel qu’appliqué au Brésil serait, selon les étudiants du voyage, extrêmement difficile à appliquer au Canada. Comme le souligne Danie Comeau, « ici, nous sommes trop individualistes pour instaurer une idée de solidarité aussi présente que celle du Brésil. »

« Le mode de vie ici nous a habitués à tout avoir gratuitement. S’il fallait que les gens d’ici travaillent pour avoir accès à ces services, la réaction serait probablement négative, » renchérit Gaby Lyness.

Selon Danie Comeau, il s’agissait d’une expérience qui les aidera dans le cadre de leur travail professionnel.

« Lorsque l’on évoluera dans le monde du travail social, il nous arrivera de travailler avec des gens des minorités, des exclus de la société. Être stigmatisé, avoir à interagir avec une barrière linguistique, être dans un pays d’où nous n’étions vraisemblablement pas nous a aidés, en quelque sorte, à ressentir ce que ces gens doivent ressentir. »

« Depuis cette expérience, j’ai un tout nouveau respect et une admiration pour les gens qui partent au loin ou qui viennent de loin pour étudier, qui sortent de leur zone de confort pour venir dans un pays avec une langue et une culture qui, souvent, n’est pas la leur, » ajoute-t-elle.

Danielle Leblanc appuie l’affirmation. « On en apprend tellement sur nous même. Il a fallu cette expérience pour apprendre ma limite personnelle, et le tout sera bénéfique dans le cadre de mon travail. »

Cette année, l’initiative n’a pas été reprise par les étudiants de l’école de travail social, chose déplorée par le groupe. « Nous n’avons malheureusement pas entendu parler d’un intérêt. Nous voulions approcher les années plus jeunes et leur parler de l’expérience et de ses avantages, mais malheureusement, puisque nous sommes en stage, c’est difficile de se réunir et de leur en parler, » explique Danielle Leblanc.

« Ce serait dommage que ça devienne une tradition perdue. »

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