Qu’est-ce que la CLASSE?

par Mathieu Plourde Turcotte

Le Mouvement de la CLASSE ne mobilise pas de la même manière que toutes les autres associations étudiantes. Monsieur Nadeau-Dubois décrit l’organisme qu’il représente comme un mouvement social d’abord et avant tout. Le mouvement a la particularité de défendre non seulement les membres étudiants qu’il représente, mais aussi de faire pression sur d’autres dossiers qui sont généralement reliés de prêt aux revendications étudiantes. Exemple, explique Nadeau-Dubois : opposition aux gaz des schistes, au plan Nord et aux mesures néolibérales en général, ainsi qu’appuyer le droit des femmes et des autochtones. Quels liens peuvent avoir ces dossiers avec les droits des étudiants? « Ce sont les mêmes personnes qui veulent augmenter les frais de scolarité qui appliquent ce contre quoi la CLASSE se mobilise. »

Particularités de la CLASSE
Contrairement à ce qui peut se faire à la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec), à la FEUQ (Fédération étudiantes universitaires du Québec), à l’AÉNB (Association étudiante du Nouveau-Brunswick) au CA de la Féecum où seuls des représentants présélectionnés des facultés pour cette dernière et d’associations étudiantes des universités pour les autres peuvent voter les décisions : une fois les prises de décisions votées à l’une des assemblés, celles-ci sont débattues dans les congrès où tous les membres de la CLASSE ont un droit de vote équivalent; que la personne soit membre ou non de l’ASSÉ (organisme qui fait le lien entre les associations étudiantes de la CLASSE). C’est ce que Nadeau-Dubois appelle la démocratie directe en mettant beaucoup d’emphase sur cette expression.

La CLASSE laisse une large place – de là l’utilisation du mot coalition dans le nom de l’organisme – à la construction de mouvements locaux à partir de quiconque voudrait s’impliquer, ne serait-ce qu’en votant pour les décisions prises dans une assemblée générale. Évidemment, comme dans toute organisation, il y a une concertation des décisions au sommet, mais sur cette question, Nadeau Dubois s’avère inflexible : toutes les décisions doivent partir de la base et non du haut de la pyramide organisationnelle. C’est pour cela, ajoute-t-il, que leur système peut s’appliquer partout pourvu qu’il y ait une volonté de la population locale de s’impliquer. Et comme tout le monde a le droit de vote pour chaque décision prise, ça incite les gens à s’impliquer davantage, estime-t-il.

À la question à savoir jusqu’où la CLASSE peut faire des concessions dans le but de respecter la culture locale qui, dans certains cas, est moins portée à l’affrontement, il revient avec cette réponse voulant qu’avec leur système, comme tout vient de la base, les volontés de cette base – si elle vote – soient nécessairement respectées. Le secret des mobilisations au Québec, dit Nadeau-Dubois, par rapport à ailleurs au Canada, réside dans les structures très démocratiques des associations étudiantes québécoises qui rendent l’implication attrayante; culture de démocratie plus directe qui, dit-il sans vouloir généraliser, n’a pas percé bon nombre d’associations étudiantes du reste du Canada.

L’implication politique à la portée de tout le monde
Au moment de l’entrevue, Léo Bureau Blouin, ancien porte-parole de la Fecq (fédération étudiante collégiale du Québec) et autre forte personnalité du conflit étudiant québécois printanier, venait d’annoncer, à seulement 20 ans, sa candidature à l’élection provinciale pour le Parti Québécois. Alors, à la question est-ce que vous encouragez ce genre d’entreprise à un si jeune âge, Nadeau Dubois répond que d’abord Bureau-Blouin est libre de faire ce qu’il veut, mais que la CLASSE encourage plus fortement l’engagement dans les organismes sociaux. En faisant partie de la CLASSE, il est évidemment question de faire de la politique, mais « faire de la politique pour la CLASSE, ce n’est pas vu comme une carrière, c’est quelque chose que tout le monde est capable de faire. Tout le monde devrait pouvoir s’impliquer. La politique ne devrait pas être un métier de personne, mais bien une occupation de tout le monde. » Et malgré qu’il admette que le pouvoir politique a son importance et doit prendre des décisions un jour ou l’autre; monsieur Nadeau-Dubois croit que les plus grandes avancées ont été réalisées grâce aux revendications citoyennes.

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