Rectorat de l’Université de Moncton : La FÉÉCUM et les Conseils étudiants recommandent Raymond Théberge

par Rémi Frenette

Un mois après les consultations publiques de Marie-Josée Berger et de Raymond Théberge, la population étudiante favorise ce dernier en tant que futur recteur de l’Université de Moncton (UdeM). La Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) a confirmé sa position le lundi 20 février dans une lettre adressée au Comité de sélection. Quant aux Conseils étudiants des différentes Facultés, une enquête menée par Le Front révèle leur appui presqu’unanime en faveur du même candidat.

Le C.A. de la FÉÉCUM recommande la candidature de Théberge en l’opposant à Berger, à son « arrogance » et à ses « longues répliques qui ne répondent pas aux quelques questions », peut-on lire dans la lettre adressée au Comité. La FÉÉCUM souligne la bonhommie de Théberge, son humilité, ses réponses courtes et directes, sa compréhension des grands enjeux de l’UdeM, sa philosophie qui place l’étudiant au centre des questions universitaires, sa vision rassembleuse des trois campus, ainsi que son expérience et son réseau de contacts au sein du milieu de l’éducation postsecondaire.

Dans quelle mesure la position de la FÉÉCUM reflète-t-elle l’avis des Conseils étudiants du campus? Après avoir sondé le terrain, Le Front aboutit à un portrait fortement homogène.

Trois Conseils ont d’ailleurs écrit des lettres de recommandation en faveur de Théberge. L’Association des étudiantes et des étudiants des Sciences de l’éducation de l’UdeM affirme que Théberge « a su toucher les aspects de la minorité francophone sur laquelle nous devons constamment travailler. Le droit des Autochtones et le développement de la pensée critique sont aussi des enjeux importants. » L’Association des étudiantes et des étudiants en Sciences sociales à l’UdeM (AÉÉSSUM) apprécie quant à elle que Théberge « accorde une place importante aux sciences humaines et sociales et plus particulièrement à la pensée critique au sein de l’institution universitaire. » L’AÉÉSSUM croit également que Théberge puisse remplir les rôles de rassembleur, de communicateur et d’universitaire inhérents au travail du recteur, fonctions soulignées par Théberge lors de sa consultation publique. La position de l’AÉÉSSUM est inébranlable : « M. Théberge est le meilleur candidat non seulement pour les étudiants et les étudiantes de l’UdeM, mais également pour la communauté acadienne et l’ensemble de l’Université, c’est-à-dire professeurs et administrateurs confondus. » Enfin, l’Association étudiante des Arts du centre universitaire de Moncton a elle aussi rédigé une lettre en faveur de Théberge, ce qui a été confirmé par le président Xavier Lord-Giroux et la v.-p. externe Karina Langis. Le Front n’a toutefois pas réussi à mettre la main sur ce document.

Les autres Conseils tiennent des positions moins formelles puisqu’ils n’ont pas écrit de lettre de recommandation. Toutefois, l’avis des représentants étudiants interrogés se range essentiellement toujours du côté de Théberge.

L’École des Sciences des aliments, de la nutrition et des études familiales (ÉSANÉF) s’est ralliée à la majorité, comme l’explique Marie-Ève Cloutier: « En tant que v.-p. externe du Conseil d’ÉSANÉF, nous n’avons pas écrit de recommandations pour l’appui d’un candidat en particulier, mais nous avons appuyé la candidature de M. Théberge lors du C. A. »

Le Conseil étudiant de l’École de Kinésiologie et Récréologie se fie également au jugement de leur v.-p. externe, Brunia Doiron, qui favorise Théberge comme futur recteur.

Marie-Andrée Légère, v.-p. externe de l’Association étudiante de l’École de Psychologie, affirme que son Conseil n’a pas pris de position officielle, mais qu’elle a supporté la prise de position du C. A. de la FEECUM.

Même scénario du côté de l’Association des étudiantes et étudiants en Génie de l’UdeM. Le v.-p. externe, Benoit LeBlanc, précise que son Conseil ne s’est pas rangé d’un côté ou de l’autre, mais qu’il a lui-même appuyé Théberge avec la FEECUM.

L’Association étudiante de la Faculté d’Administration de l’Université de Moncton, aux dires de leur v.-p. externe Pier-Luc Brousseau, ne s’est pas positionnée en raison de dossiers plus pressants comme l’avenir de leur cantine. Brousseau précise toutefois qu’il se range derrière la position de la FEECUM.

Enfin, l’Association des étudiantes et étudiants de Droit de l’Université de Moncton n’a pas manifesté de préférence envers l’un des deux candidats. C’est ce qu’a confié au Front leur président, Tim Bell, dans un bref entretien téléphonique.

La tendance est claire : les étudiants favorisent nettement la candidature de Théberge et non pas celle de Berger. La décision finale du Comité de sélection et du Conseil des gouverneurs devrait être faite d’ici à la fin du mois d’avril.

Certes, le choix d’un recteur ou d’une rectrice relève de paliers administratifs autres que la seule position de la masse étudiante. Il s’agira toutefois d’une décision révélatrice de l’importance qu’accorde la haute administration universitaire à l’opinion des étudiants, surtout du fait que cette opinion semble partagée d’un bout à l’autre du campus de Moncton. Ce sera, en outre, l’ultime réponse à une question des plus légitimes pour la communauté acadienne: les étudiantes et étudiants ont-ils leur mot à dire quant au destin de leur propre université?

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