Représentativité, égalité, ou un peu des deux

Il fallait s’y attendre, le cabinet de Justin Trudeau fait jaser. De la parité des sexes, en passant par la réponse maintenant iconique « Because it’s 2015 », on peut dire avec certitude que la lune de miel avec le nouveau gouvernement persiste encore. Cependant, certaines réactions face au cabinet de Trudeau, particulièrement concernant la nomination de 15 femmes et 16 hommes, restent pour le moins négatives. On considère la décision comme étant inégale, sexiste, et qui repose essentiellement sur l’apparence et le besoin de remplir des quotas. Or, ce que ces commentaires évitent d’explorer, c’est les bienfaits d’un gouvernement qui repose sur l’équilibre, mais également sur un aspect des plus importants, la représentativité.

Pourquoi la représentativité? Est-ce qu’on en a réellement besoin, ou est-ce un principe simplement pour assurer une bonne image diversifiée pour nos instances gouvernementales? La représentativité est essentielle puisqu’elle inspire la nouvelle génération, puisqu’elle donne des modèles à suivre. Nommer des femmes donne de l’espoir aux jeunes filles qui veulent se lancer en politique, mais qui peuvent facilement être découragées par l’« old boys club » qui domine encore les institutions gouvernementales. Nommer des personnes des premières nations, ou de différentes minorités ethniques, lance le message que la politique n’est pas réservée à une classe socioéconomique ou à un groupe ethnique distinctif. C’est ainsi qu’on forme la nouvelle génération, qu’on les rend actifs socialement, en leur donnant des modèles à qui s’identifier et dans qui ils peuvent se reconnaitre. C’est ainsi que la représentativité procure une chance égale pour tout le monde au long terme, et il était grand temps d’y semer la graine.

Par ailleurs, la représentativité au sein du gouvernement est l’un des meilleurs exemples en terme de réalisation du processus démocratique. Si la démocratie se doit de représenter la voix de son peuple, ne serait-il pas logique que ses ministres représentent avec le plus d’exactitude possible les différents individus qui unissent le pays? Si la population féminine représente à près de 50% le paysage démographique canadien, ne serait-il pas juste que le gouvernement puisse à son tour convoyer et représenter les idées de cette population en ayant un nombre de ministres qui reflète adéquatement cette réalité? Ce ne sont pas les femmes qui manquent pour diriger un ministère, pour articuler les besoins de la population qu’elle représente et pour régler des conflits, et l’idée de quota dénigre tout particulièrement ces individus qualifiés et tout aussi intelligents.

En encourageant la représentativité, on encourage la diversité et la multiplicité des idées. On donne une voix aux marginaux, à ceux qui peinent encore à se faire entendre. Si cela n’est pas une valeur canadienne, c’est peut-être le temps de revoir nos priorités.

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