Roxann Guerrette: « On met un prix sur la santé mentale des étudiants »

La présidente de la FÉÉCUM, Roxann Guerrette. Photo: Samuel LeGresley

Un autre courriel au contenu pornographique continue de semer la panique depuis hier soir. Envoyé par le même expéditeur selon l’université, le courriel est au centre d’une polémique chez la communauté étudiante, qui organise une manifestation à 19 h ce soir. Pour gérer cette crise, la FÉÉCUM réclame une fermeture du système de courriels Outlook.

« On a la vie d’une étudiante en jeu, là on est en train de mettre un prix sur sa vie et ses informations privées », s’indigne Roxann Guerrette, présidente de la Fédération des étudiantes et étudiants (FÉÉCUM). Elle déplore la stratégie de communication de l’université dans le dossier des courriels malveillants. « On se dit qu’on n’a pas le financement pour offrir un moyen externe pour bloquer un courriel, on n’a aussi pas de financement pour offrir une ligne 24/24 pour les étudiants, on met un prix sur la santé mentale des étudiants, un moment donné faut que ça arrête! »

Dans une conférence de presse lundi, l’université se disait impuissante face à la situation des courriels, en disant que ceux-ci passent à travers du filtre « spam » habituel.

L’université refuse de commenter l’affaire

Rejoint par courriel cet après-midi, le service des communications de l’Université de Moncton a refusé une entrevue avec Le Front. « Nous ne ferons pas de commentaires pour ne pas nuire à l’enquête de la GRC. »

Comme dans la plupart des autres communiqués, l’institution se contente de confirmer que ces courriels ont été envoyés.

« Nous confirmons qu’un septième et un huitième courriel malveillant provenant de la même source que les six courriels malveillants précédents ont été distribués à plusieurs membres de la communauté universitaire le 1er mars. »

Deux lettres d’opinion à la FÉÉCUM depuis ce matin

Dans une lettre de ce matin signée par la FÉÉCUM, celle-ci réagissait face à l’absence d’un système de filtrage « adéquat ». « Le système de filtration de pourriels ne fonctionne pas : des courriels sont passés avec des obscénités dans le titre et des liens à des sites pornographiques dans le corps du message! »

Dans la même lettre, elle dénonce aussi les lignes téléphoniques en soutien aux étudiants, seulement disponibles pendant les heures de bureau et fermées le midi.

L’Association des Bibliothécaires, professeures et professeurs de l’Université de Moncton (ABPPUM) n’est pas épargnée du feu des critiques de la FÉÉCUM. Hier soir, le syndicat annonçait un vote de grève de ses membres dans les prochaines semaines. « Ben oui! Semons le chaos, la confusion et l’anxiété chez la population étudiante qui est, en plus, en période d’examens pré-semaine de relâche », s’indigne la Fédération.

Dans une autre lettre publiée en après midi, l’agent de recherche Raymond Blanchard dénonce le « silence » de l’institution dans ce dossier. « Le mur du silence c’est peut-être efficace – à vos yeux, s’entend – pour protéger l’institution contre les curieux qui « veulent la faire mal paraître » mais ça ne vaut absolument rien contre les attaques sur la communauté étudiante. Vous aurez beau faire semblant que tout va bien, là non, ce n’est plus défendable comme position. »

Une rencontre est prévue entre la FÉÉCUM et l’université à 15 h cet après-midi. Plus d’informations à venir.

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