Pour le sentiment d’appartenance en Ingénierie, une statue… de fraise

Frédérik Godin a proposé l’idée d’une statue de fraise à l’Assemblée Générale de la FÉÉCUM, pendant qu’un autre étudiant tenait un dessin de la proposition. Photo : Samuel LeGresley, Le Front

Plus de cinquante étudiants en Ingénierie sont entrés en bloc à l’Assemblée générale de la Fédération étudiante (FÉÉCUM), mercredi midi. Leur priorité, le sentiment d’appartenance. Comme solution, ils proposent… une statue de fraise.

L’Assemblée générale de la FÉÉCUM n’avait pas atteint le seuil de 60 membres présents à la réunion depuis un an, jusqu’à mercredi.

Un groupe mené par le conseil étudiant d’ingénierie (AÉÉGUM) a surgi dans la salle au début de la réunion, demandant un point supplémentaire à l’ordre du jour sur le « sentiment d’appartenance ».

Deux étudiants sont montés sur la scène pour en parler, à la fin de la réunion. Selon les propos du membre du conseil de  l’AÉÉGUM, leur idée pour y arriver était particulière.

« L’objectif secondaire. est de revitaliser l’intérêt des étudiants face à une vie étudiante présentement en déclin. Nous proposons donc l’achat d’une statue géante de fraise à l’effigie humaine », a déclaré Frédérik Godin, sous les applaudissements.

Il a ensuite élaboré les dimensions exactes de la statues et ses détails, dont une plaque indiquant « ENGINEERS RULE THE WORLD 2018 ».

Malgré le fou rire général, la proposition a rapidement été rejetée par le président d’assemblée.


FACEBOOK LIVE – Le conseil étudiant d’Ingénierie est monté sur la scène à 29:52.

Le conseil étudiant veut continuer à pousser

Face à cette défaite, Frédérik Godin dit être déçu, mais veut tenir bon, à la fois pour le sentiment d’appartenance et la statue de fraise. « On s’entend que l’intégration des étudiants c’est une bataille constante, donc on ne va pas lâcher prise et on va continuer à pousser »

Selon lui, le message représente surtout les étudiants en première année.

« Les premières années de la faculté sont des fraises, donc on trouvait que ça les aurait bien intégré t’sais, on a une statue de vous, on vous respecte. »

Frédérik Godin, membre du conseil étudiant d’Ingénierie (AÉÉGUM)

Mauvais moment pour la proposition?

Selon la FÉÉCUM, l’Assemblée générale sert plutôt à mettre de l’avant les priorités de l’organisation, et non les moyens d’y arriver.

Le président, Tristian Gaudet, a donc proposé à l’AÉÉGUM d’envoyer cette idée au budget participatif. Les idées d’utilisation de ce fonds de 20 000 $ étaient acceptés jusqu’à 16 h la même journée.

Au fait, selon le secrétaire du conseil étudiant d’Ingénierie, Louis Savoie, c’était l’idée originale du conseil étudiant.

« On pensait qu’on pouvait voter sur le budget participatif ici, mais [la date limite] est juste à quatre heures », indique-t-il.

La FÉÉCUM a mentionné quelques détails à changer, dont la politique linguistique de l’Université, qui interdirait l’installation d’une plaque en anglais. Selon Louis Savoie, les ajustements seront apportés et la proposition sera faite au budget participatif.

Le 63 était bondé lors de l’AG de la FÉÉCUM, mercredi midi. Photo : Samuel LeGresley

Une idée rassembleuse

Le problème de l’implication étudiante affecte aussi la faculté d’ingénierie. Douze heures après que l’idée a surgi à une réunion du conseil étudiant, mardi soir, ils ont pu rassembler un groupe assez grand pour remplir le Soixante-Trois.

Une quinzaine d’étudiants sont venus avec l’idée originale, mais le mot s’est passé entre les étudiants jusqu’à la pause du midi.

Louis Savoie est surpris que l’intérêt soit si grand pour un tel projet, qui semble complètement fou.

« C’est fou que le seul temps qu’on a pas de difficulté à [rassembler], c’est quand ça fait absolument aucun sens et c’est juste comme, le fun. »

Plusieurs de ces étudiants n’étaient jamais allés à une telle assemblée, selon Louis Savoie. « C’est un début, dit-il. Peut être qu’il y en a qui n’ont pas trouvé ça plate, si oui ça s’est bon, parce qu’ils vont aller plus aux réunions et s’impliquer dans les facultés. »

Partagez!