Shakespeare sur le campus


par Sarah Anne Grandisson

Du 9 au 13 avril prochain, le Département d’art dramatique vous présente, sous la direction du metteur en scène Andrei Zacharia, leur toute dernière pièce, « Songe d’une nuit d’été », écrite par Shakespeare. Celle-ci met en vedette les étudiants en art dramatique de 4e et de 3e année. Puisque la pièce originale est en anglais, elle a été traduite en français par Herménégilde Chiasson.

M. Chiasson est poète depuis plusieurs années. Il fut aussi le 29e Lieutenant gouverneur du Nouveau-Brunswick. Il est présentement professeur à l’Université de Moncton. Le Front en a donc profité afin de s’entretenir avec celui-ci, concernant la version traduite :

« Évidemment, l’anglais et le français n’ont pas les mêmes avantages ou les mêmes limites. Le français est plus mélodieux et moins rythmé que l’anglais, mais ce que j’ai voulu garder c’est la dimension orale, parlée de la pièce, ce qui est assez différent des autres traductions, car il y en a eu plusieurs, qui sont soit littéraires — les gens ne parlent pas comme dans les livres — ou populaires. On est quand même dans l’oeuvre de Shakespeare et non au 20e siècle dans un garage en Amérique du Nord. Donc j’ai gardé le découpage en vers de la pièce dans un français standard, mais proche de l’oral qui est le mode d’expression du théâtre. »

« A Midsummer Night’s Dream », la version originale de William Shakespeare, est une des comédies les plus jouées au monde. Cette œuvre, un peu fantaisiste, relate l’histoire d’un quadruple amoureux qui est soi-disant manipulé par les fées qui habitent la forêt.

« Le Songe d’une nuit d’été est une pièce très fantaisiste qui fait appel au merveilleux qu’on retrouve dans certaines oeuvres qui font partie de l’imaginaire britannique. C’est une pièce qui mélange trois actions en une et c’est une pièce qui fait appel aux acteurs et à la mise en scène. C’est une pièce beaucoup plus légère que ce qu’on s’imagine quand on pense aux autres pièces de Shakespeare », indique Herménégilde.

« Je jouerai Démétrius. Il est amoureux d’Hermia, qui elle, est amoureuse de Lysandre. Mais Démétrius est aimé d’Héléna. On se sauve les quatre dans la forêt en espérant être avec nos amours respectifs. Il se passe des choses dans la forêt (à cause des esprits, peut-être). Les amoureux sont emportés dans un torrent infernal jusqu’à ce qu’ils ressortent de la forêt. Il y a d’autres personnages qui se perdront dans la forêt. Mon personnage est habité de pulsions amoureuses durant toute la pièce, mon gros défi était de rendre ces pulsions véritables. Il faut être constamment à fleur de peau, un beau défi en fin de baccalauréat quoi! En gros, je dirais que la pièce va plonger les spectateurs dans un rêve. C’était bien de travailler avec Hermé, un artiste de si grand calibre », explique Xavier Lord-Giroux, étudiant en dernière année.

La pièce sera présentée du 9 au 13 avril à la Grange. Les présentations auront lieu à 20 h au coût de 5 $ pour les étudiants et 10 $ pour les non-étudiants.

« Nous vivons à une époque où nous avons besoin de rêver pour échapper à la grisaille et à la violence qui nous entoure », explique Herménégile Chiasson.

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