Sonia Blaney dirige une équipe de chercheurs pour une meilleure nutrition en Afrique

La professeure de nutrition Sonia Blaney de l’Université de Moncton. Photo : Gracieuseté

La professeure Sonia Blaney a reçu une bourse de 346 000 $ pour mener à bien son projet de recherche, qui vise à améliorer la nutrition des filles et des femmes en Afrique. Elle dirigera une équipe de neuf chercheurs pour travailler dans les régions de l’Afrique Centrale et de l’Ouest.

La nutrition des femmes est d’une importance capitale selon la professeure de l’École des sciences des aliments, de nutrition et d’études familiales de l’Université de Moncton.

Dans cette partie du monde, les femmes sont un pilier dans l’alimentation d’une famille.

« La nutrition des femmes est un aspect qui a été négligé jusqu’à maintenant, or ce sont elles qui prennent soin des enfants et de la famille. Si elles n’ont pas une bonne nutrition, c’est tout le reste du ménage qui est affecté. »

– Sonia Blaney, professeure en nutrition de l’Université de Moncton

Vu l’importance du projet, neuf chercheurs doctoraux venus du Canada, de la République Démocratique du Congo, du Cameroun et du Sénégal ont soumis une demande au programme des bourses du jubilé de diamant de la Reine Élizabeth II.

Après leur succès, les voilà donc avec plus 346 000 $ entre les mains, pour tenter de faire évoluer cette situation préoccupante.

Sonia Blaney est la coordonnatrice de cette équipe, qui a comme objectif de renforcer le rôle des leaders dans les universités et dans les ministères de la Santé.

L’équipe travaillera au Sénégal, au Cameroun, à la République Démocratique du Congo et au Tchad. Chaque chercheur est affilié à un pays et s’occupe d’une problématique précise.

Autonomiser des leaders sénégalaises : le but de Sonia Blaney

Sonia Blaney, qui a déjà travaillé pour plusieurs organisations dans le domaine de la nutrition (dont l’UNICEF), s’envolera pour le Sénégal aux alentours du mois d’avril 2018.

Elle tentera de voir si une autonomisation des leaders féminines dans les communautés est possible, pour qu’elles puissent elles-mêmes prendre en charge des activités visant à améliorer les conditions alimentaires des femmes et de leurs enfants.

Dans plusieurs pays de l’Afrique, les femmes sont au centre de l’alimentation dans la famille, ce qui démontre l’importance d’améliorer leur condition alimentaire. Photo : Utilisation libre (Jules Bosco)

Des graines plus nourrissantes?

Les chercheurs ont des projets d’équipes différents, en fonction du pays où ils mènent leurs analyses. Marie Louise Avana, professeure associée en agroforesterie à l’Université de Laval au Québec, a déjà commencé ses recherches et ses analyses.

En tant que spécialiste de l’agroforesterie, elle est partie récolter des échantillons de graines au Cameroun et au Tchad. Ces graines sont utilisées comme huiles alimentaires et sont une grande source de lipides.

Elle analyse maintenant ces échantillons à l’Université de Laval avec l’aide de quelques étudiants. Ils cherchent les variétés les plus nourrissantes pour multiplier leur production et les intégrer à l’agriculture. L’alimentation des communautés environnantes pourra donc être améliorée.

Le manque de fer chez les enfants sénégalais

Kossi Akpaki, chercheur togolais de l’Université Laval, se concentre sur l’anémie des enfants sénégalais de 6 à 23 mois.

En effet, la situation est alarmante.

« 46 % des enfants de 6 à 23 mois n’ont pas assez de fer dans leur alimentation et seulement 10 % des enfants ont une alimentation qui correspond aux recommandations de l’OMS »

– Kossi Akpaki, chercheur à l’Université Laval

À partir de ce constat, Kossi Akpaki et son équipe d’enquêteurs tenteront d’identifier pourquoi les mères n’arrivent pas à donner des aliments assez riches en fer à leurs enfants.

Une fois ces facteurs cernés, des actions pourront être menées pour tenter de changer les comportements. Ils se rendront sur place en novembre 2017 pour commencer la collecte de données.

Un programme de recherche varié

La quantité de travail qui attend cette belle équipe est colossale.

Elle ne se limite pas à la nutrition, elle cherche aussi à mettre en lien n’importe quel domaine qui y est attaché.

Malheureusement, étant donné que c’est un programme de recherche, il n’y aura pas de réelles interventions de leur part auprès des femmes. Ils feront des recommandations au gouvernement, au ministère de la Santé et aux agents de la santé et leur proposeront des pistes pour espérer une évolution dans le comportement des femmes.

Il n’y a plus qu’à espérer que ces 346 000 $ octroyés et que toutes ces heures de travail à venir soient utiles et que ceux qui pourront réellement mettre des actions en place soient efficaces.

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