Souvenirs, rires et émotions… le FICFA est lancé

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Soirée d’ouverture du 30e FICFA au Théâtre Capitol à Moncton. Photo contribution : L.P. Chiasson Photography.

Pour la prochaine semaine, la région de Moncton/Dieppe vibrera au rythme du cinéma d’ici et d’ailleurs. La 30e édition du Festival international du cinéma francophone en Acadie a été lancée vendredi soir devant quelque 500 cinéphiles au Théâtre Capitol à Moncton. Plus d’une centaine de films provenant des marchés canadiens et européens prendront l’affiche durant la prochaine semaine. De plus, 19 films produits par des réalisateurs acadiens se retrouveront sur le grand écran.

Le festival s’est ouvert avec le film Simplement Viola. En nomination pour le prix VAGUE, qui sera remis le 18 novembre, dans la catégorie meilleure œuvre acadienne moyen ou long métrage. Le film documentaire suit pas à pas la préparation de Viola Léger dans une nouvelle série de spectacles en 2015. Elle raconte au travers de ses souvenirs, avec humour parfois de façon un peu plus intime, les éléments qui ont marqué sa vie.

« Pour ouvrir cette 30e édition, on s’appuie sur nos forces. Offrir à nos invités de l’extérieur un accueil des plus chaleureux, digne de l’accueil légendaire acadien et mettre de l’avant une œuvre qui en plus d’être acadienne, aborde un sujet, une personne, qui personnifie un courant de l’expérience acadienne comme nul autre » évoque Marc Gauthier, directeur général du FICFA.

« Il faut qui ait une confiance. Il faut que tu respectes. »

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Rodolphe Caron, réalisateur du film Simplement Viola. Photo contribution : L.P. Chiasson Photography.

Rodolphe Caron a réalisé le film Simplement Viola. L’un des défis auquel il a dû faire face est de découvrir réellement qui était Viola Léger :

« C’est une personne, j’ai envie de dire un peu secrète parce que y’a personne qui a écrit sa biographie » affirme Caron en entrevue avec Le Front la matinée de la première.

« J’trouvais qu’on avait beaucoup parlé de la Sagouine. Viola Léger, quand on l’a voyait ou on l’entendait, elle se préparait pour une entrevue et elle performait pour une entrevue. Elle était la Sagouine. […] J’ai essayé de voir qui elle était comme personne et comment elle travaillait aussi. Alors, c’est la partie qu’on voit moins dans le film, parce que ça c’est la partie que tout le monde connaît. »

Comme les gens connaissent le célèbre personnage, Caron est allé découvrir l’envers de la médaille, celle que peu de gens ont la chance de découvrir.

« La pointe du iceberg, c’est ça que tout le monde voit, moi j’ai essayé d’aller dans la partie la moins connue… moi c’était l’intérêt. »

Parmi les éléments marquants de madame Léger, notons ses passages dans la communauté religieuse, comme enseignante à Grand-Sault, en tant que sénatrice au Sénat canadien puis finalement en tant que comédienne.

À 85 ans, Viola Léger incarne toujours la Sagouine. Soucieuse du détail, elle s’assure qu’à chacune des représentations qu’elle offre au public, elle soit presque identique à celle qu’elle aurait offerte il y a 30 ans. Par contre, elle remarque qu’une tendance fait obstacle à son objectif chaque jour.

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Viola Léger au 5 à 7 de la soirée d’ouverture du FICFA. Photo contribution : L.P. Chiasson Photography.

« C’est quelqu’un qui est consciente que ses ressources diminuent physiquement et à quel point qu’elle s’adapte. À un moment donné, [on le voit] dans le film, elle avait l’habitude de partir des coulisses et de courir jusqu’à sur la galerie, puis là à un moment donné elle a dit “j’suis pu capable de faire ça” » relate Caron de son expérience de tournage.

Elle trouve de nouvelles stratégies pour tenter du mieux possible de refléter la mise en scène sans trop la modifier.

« De la façon qu’elle le fait, je trouve ça intéressant parce que y’a pas eu de moment émotif parce que souvent les gens disent « ah non, elle peut pas faire ça ». Viola faisait ça coupé carré, “j’peux pas faire ça, donc j’fais autre chose” et ça, ça m’a impressionné ! »

Caron raconte comment il est important d’établir une proximité avec la personne qui est documentée pour s’assurer de bien raconter l’histoire d’une personne.

« Il faut qui ait une confiance. Il faut que tu respectes. C’est un niveau de confiance qui faut que tu gardes. »

« On était bien ensemble, quelle belle soirée ! »

Entourée de ses amis et de sa famille, Viola Léger n’avait eu aucune primeur du film avant la soirée d’ouverture. Elle a regardé la première mondiale du film en même temps que le grand public au Théâtre Capitol à Moncton.

« On était bien ensemble, quelle belle soirée ! Rodolphe Caron a fait un beau travail. Je suis très contente du résultat et je ne suis pas toute seule à être contente. On a entendu le public. De temps en temps, quand il y avait de gros plans sur mon visage et la vieille peau, je me disais c’est moi ça, mais en réalité je ne pensais pas à ça. J’étais prise comme les autres avec ce qui se passait. »

Elle dit être très satisfaite du film étalant ses nombreuses expériences de vie.

Rien que des éloges de la part du public

Sans aucun doute, les gens ont fortement apprécié le documentaire. La fin la projection s’est ensuivie de nombreuses minutes d’applaudissements et d’ovation pour l’équipe derrière la réalisation du film ainsi qu’à madame Léger.

« C’était tellement bon ! On voyait vraiment Viola comme elle est ! On voyait bien ses forces, ses limites ! C’était beau ! » s’exclame Lorraine Bourque, une cinéphile qui a assisté au documentaire.

« Authentique, drôle ! Je connaissais pas vraiment la Sagouine, mais le film m’a donné le goût de la rencontrer… de la découvrir davantage » affirme Chloé Freynet-Gagné, étudiante en droit à l’Université de Moncton.

Les gens qui n’ont pas pu assister à la première du film Simplement Viola pourront le visionner le printemps prochain sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé en Acadie.

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