Toujours batailleur, Zachary Richard est le portrait de l’Acadie aujourd’hui

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Zachary Richard (à droite) lors du tournage du film « Zachary Richard, Toujours Batailleur ». Photo contribution : FICFA.

Du bord de la Louisiane, il a fait le trajet jusqu’à Moncton pour le Festival International du Cinéma Francophone en Acadie en tant qu’invité d’honneur de la 30e édition. C’est dans le lobby de l’hôtel Château Moncton et devant un soleil couchant sur la rivière Petitcodiac que Le Front a eu une rencontre intime avec le plus grand militant de la cause acadienne. D’une grande sérénité, Richard lance une réflexion intéressante en rapport à l’identité acadienne.

« Est-ce que c’est l’ADN ou le vécu? Est-ce que c’est l’héritage ou l’apprentissage? Est-ce que c’est quelque chose qui est en moi ? »

En plein cœur des récentes discussions sur l’orientation de l’identité acadienne et du travail fait par les organismes défendant les droits des Acadiens, Zachary Richard œuvre dans le militantisme acadien depuis de nombreuses années.

« Je me considère comme un être humain qui aime des choses, j’aime pas me faire marcher sur les orteils. Mon héritage en fait partie, je suis fier de tout ce périple, de tous ces gens, y’avait pas que des bons. Je pense que quand qu’on a une histoire aussi bien définie par rapport au bien et au mal, c’est une inspiration et un cadeau », répond-il de manière philosophique.

Il décrit brièvement sa carrière.

« Ça ferme la boucle, j’ai commencé ici. J’ai commencé ma carrière acadienne en ‘75, tout ça me paraît phénoménal. Et là, y’a eu 15 ans que je n’étais pas revenu. Pis c’est sûr que j’ai eu une carrière américaine dans ça ».

Il s’est installé à New York quelques années pour lancer sa carrière de compositeur-interprète en y interprétant de la musique traditionnelle cadienne. Marché peu connu lorsqu’il est revenu en Louisiane, il déménagera à Montréal en 1976 où il remportera un succès avec son nouveau public.

« Tout ça a été interrompu par le 1er congrès mondial en ‘94. »


À ce moment, Zachary Richard chantera « Réveille » au tout premier Congrès Mondial Acadien qui se déroulait à Shédiac en 1994.

« Il y a eu dans ma vie des moments critiques ou j’ai été emporté par cette vague. Et qui ont finis par dessiner en quelques sortes la trame de ma vie ».

La trame de vie est devenue un lien qui explique pourquoi il accorde autant d’importance à sa cause et qu’il chérit tant un élément depuis de nombreuses années. Ses grands-parents étaient de la dernière génération unilingue francophone de la Louisiane. Pour lui, il est clair que ces derniers reviennent toujours dans ses pensées lorsquil parle de la cause cadienne et acadienne.

« La souffrance de mes grands-parents unilingues francophones devant la société américaine qui les ridiculisait et les méprisait, ça, c’était totalement inacceptable pour moi, car notre héritage, notre langue, notre culture est aussi valable que n’importe quelle culture ».

Bien que l’histoire de la déportation des Acadiens de 1755 soit du passé, le militant de la Louisiane affirme que ce n’est pas une histoire propre à l’Acadie et ce n’est pas ce qui en fait le fruit de cette histoire.

« C’est pas une histoire acadienne, c’est une histoire humaine. On est des êtres humains qui ont passé des épreuves, qui sont derrière nous. Faut tout simplement pas l’oublier, mais il ne faut pas se déguiser en victimes ».

Le Front apprend une surprise à Zachary Richard

L’équipe du Front avait profité de l’occasion pour discuter avec Zachary Richard de son titre d’invité d’honneur de la 30e édition du Festival International du Cinéma Francophone en Acadie (FICFA) qui se déroulait du 10 au 18 novembre dernier. C’est avec beaucoup d’étonnement qu’il l’a appris :

« Je n’étais même pas au courant, tu viens de me l’apprendre ! » s’exclame Richard au journaliste et rédacteur adjoint, Anthony Azard.

Pour s’assurer qu’il n’avait bel et bien pas entendu la nouvelle, Le Front lui a demandé s’il n’avait pas eu des échos de cette nouvelle. Richard a répondu, toujours sous l’effet de la surprise :

« Non non, parce que j’ai parlé avec Jean-Claude Bellefeuille, un ami de longue date avec qui j’ai fait de nombreux projets et il avait simplement dit ‘‘on va faire une séance avec le film puis on va essayer de te faire venir’’, puis finalement les astres se sont tous alignés puis j’ai pu me rendre ».

Zachary Richard était de passage à Moncton pour la présentation du film « Zachary Richard, Toujours Batailleur » par le réalisateur Phil Comeau. Le documentaire a été primé « Meilleure œuvre acadienne moyen ou long métrage » lors de la remise de prix VAGUES 2016 au cours de la 30e édition du FICFA.

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