Trop de questions resteront sans réponse

par Marc-André LaPlante, rédacteur-en-chef

Quelle nouvelle décevante. Il arrive, dans le monde des médias, qu’une nouvelle vienne tout chambouler ce qui était prévu, et c’est ce qui est arrivé avec la bombe qui est tombée lundi, alors qu’on apprenait que les deux candidats défaits au poste de Vice-recteur aux affaires étudiantes et internationales, Yvon Dandurand et Serge Rousselle, laissaient tomber leur poursuite.

Le processus s’annonçait très long, et le fardeau financier s’annonçait très grand, d’un côté, pour Serge Rousselle, et de l’autre, pour l’Université. Du même coup, ce sont les étudiants de l’Université qui auraient fait les frais de cette poursuite, alors que l’Université de Moncton était visiblement prête à mettre toute la gomme pour ne pas perdre devant les tribunaux.

Ce que cela veut dire, c’est que les étudiants n’auront sans doute jamais les réponses aux questions qui ont été amenée à la table suite à la nomination de Marie-Linda Lord. Ces questions ne viennent pas seulement des étudiants, mais de toute la communauté universitaire et de la communauté acadienne.

Il faut dire que Rousselle et Dandurand ont sûrement pris la decision qui s’imposait pour eux. Elle est plus que comprehensible. Lorsque la nouvelle est tombée, plusieurs se sont dit qu’au moins, l’Université pourrait cesser de se cacher derrière le prétexte de la poursuite et répondre au vraies questions. À en juger par le communiqué de presse envoyé par l’Université, on peut en douter.

Le recteur Yvon Fontaine affirme n’être aucunement surpris par la tournure des évènements. On le comprend. Il est facile de se défendre lorsque l’on a l’appui d’une institution et qu’on dispose de ses moyens. Les propos d’Yvon Fontaine sont teintés d’arrogance, et démontrent parfaitement l’état actuel des choses. L’Université de Moncton, qui est d’une importance vitale au peuple acadien, est complètement déconnectée, à la fois de ses étudiants et de la communauté acadienne.

Le recteur a d’ailleurs eu l’audace de critiquer la couverture médiatique de la controverse, en accusant les médias locaux de vouloir “nuire à la reputation de l’Université” avec des “propos teintés de partialité”. Il est certain que le point de vue de l’Université aurait peut-être été un peu plus présent dans les manchettes si le recteur avait bien voulu répondre aux questions des journalistes et faire face à la situation. Si quelqu’un, à travers toute cette affaire, a causé du tort à la réputation de l’Université, c’est bien le recteur.

Aujourd’hui, le prétexte de la poursuite n’existe plus. Il n’y a aucune raison qui devrait retenir le recteur de s’exprimer sur le sujet. On affirme qu’il y a eu de la discrimination envers l’âge dans le dossier. On a affirmé que le processus d’embauche n’avait pas été suivi, et était teinté d’irrégularités. La communauté étudiante, tout comme la communauté acadienne, a droit à des réponses. Les étudiants continuent de payer des frais de scolarité exorbitants, et de s’endetter jusqu’au cou pour pouvoir étudier à l’Université de Moncton. Ces étudiants, qui financent une partie considérable du salaire des cadres de l’Université méritent des réelles explications.

Cependant, il semble que le deuxième étage de Taillon soit devenu une véritable tour d’ivoire. Le mépris qui est exprimé envers les étudiants est tout simplement deplorable. Malheureusement, il n’y aura vraisemblablement aucune vraie réponse qui viendra de la part de l’administration. Cette fois-ci, Goliath a gagné, et ce sont les étudiants qui vont subir.

Partagez!