Un camp de réfugiés en plein cœur de Moncton

par Rémi Frenette

En l’espace de 40 ans, soit de 1970 à aujourd’hui, la population mondiale de réfugiés et de personnes déplacées a augmenté d’un taux supérieur à 2 000% en passant de 2 millions à plus de 43 millions. La grandeur du problème est indéniable, tout comme l’urgent besoin de sensibilisation qui en découle.

C’est pour répondre à ce besoin que l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) était de passage du 22 au 25 septembre. L’organisme présentait l’exposition Un camp de réfugiés au cœur de la ville au parc Riverain, à Moncton, dans le cadre d’une tournée des provinces atlantiques. Après Halifax, Saint-Jean et Moncton, la campagne se termine à Québec du 29 septembre au 3 octobre.

Le Front s’est entretenu avec Claudia Blume, attachée de presse de MSF sur place lors de l’exposition :
« Commencée en 1995 en France, l’exposition est allée en Europe, en Asie, au Moyen-Orient, aux États-Unis et au Canada. Au Canada, ça fait quatre ou cinq fois qu’on la donne. L’année dernière, on était à Toronto et à Montréal. Avant, nous sommes aussi allés à Vancouver, Winnipeg et Edmonton. »

Comme l’explique Mme Blume, cette exposition est une reconstruction en plein air d’un véritable camp de réfugiés, l’objectif étant surtout de sensibiliser les communautés au sort que vivent des millions de personnes dans des pays éloignés, déchirés par les conflits armés et les catastrophes naturelles.

« Il y a plus de 43 millions de gens réfugiés ou déplacés dans le monde. Au Canada, il y a 34 millions de personnes. Il y a donc plus de gens déplacés ailleurs qu’il y a de citoyens dans tout le pays ici », de dire Claudia Blume.

Un camp de réfugiés au cœur de la ville offrait la chance de suivre une visite guidée de douze stations illustrant de façon concrète les principales facettes de la dure réalité des camps de réfugiés. Parmi celles-ci, on comptait notamment l’hébergement, la santé mentale, le choléra, l’eau et la malnutrition. C’est pour répondre à de tels besoins fondamentaux pour la survie que MSF exporte son expertise médicale aux quatre coins du globe.

D’ailleurs, les visites étaient données par des personnes ayant travaillé pour MSF, soit des gens qui sont allés directement au sein des communautés dévastées par les guerres, les épidémies et les fléaux naturels. L’expérience, tout comme la passion de ces personnes, contribuait grandement à la qualité et au réalisme de l’exposition.

À propos de Médecins Sans Frontières
MSF a été fondé en 1971 par des médecins français profondément touchés par une mission humanitaire au Biafra. Son champ d’action s’est accru au même rythme que sa réputation et son efficacité. En 1999, après 28 ans d’action humanitaire indépendante, le MSF s’est finalement vu attribuer le prestigieux Lauréat du Prix Nobel de la Paix.

Regroupant 5 centres opérationnels en Europe et 14 sections nationales, MSF se présente comme l’une des plus grandes organisations privées de secours médical d’urgence au monde. Ses employés (logisticiens, ingénieurs, médecins, chirurgiens, infirmiers, etc.) œuvrent dans plus de 60 pays.

Claudia Blume souligne qu’à peu près 24 000 personnes travaillent pour MSF :
« 90% de ces employés sont des gens provenant des pays touchés, et seulement 10% sont des étrangers, comme des gens d’ici qui travaillent pour cette exposition. À peu près 250 Canadiens travaillent pour MSF, donc ils partent à chaque année pour l’aide humanitaire. »

MSF se rend directement et rapidement sur place afin d’aider les populations en crise, désemparées ou déstabilisées, notamment pour des guerres et des conflits armés, des réfugiés, des personnes déplacées et des victimes de catastrophes d’origine naturelle (famines, inondations, épidémies, etc.) ou humaine.

Claudia Blume précise que les guerres constituent leur souci principal et qu’elles sont à l’origine de la fulgurante augmentation de 2 000% du nombre de personnes déplacées et réfugiées.

Aux dires de l’attachée de presse, les dossiers les plus urgents en ce moment pour MSF concernent principalement les pays d’Afrique, notamment le Kongo, la Somalie, le Kenya, la Côte d’Ivoire et la République Centrafricaine. L’organisation était aussi très présente en Haïti l’année dernière.

Les personnes intéressées à la cause sont invitées à consulter Dépêches, revue officielle de MSF, au <http://www.msf.ca/fr/au-sujet-de-msf/publications/>, ainsi que celle de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), Réfugiés, au <http://www.unhcr.fr/cgi-bin/texis/vtx/home>. Les deux revues sont disponibles en français.

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